La taxe carbone doit être écologiquement utile et socialement juste


La taxe carbone est inévitable. Son objectif est de rendre plus coûteuse la consommation d'énergies polluantes. A Paris, elle pourrait aider à diminuer le nombre voitures, à encourager les travaux d’isolation des logements, à promouvoir des transports en commun confortables, réguliers, peu chers.
 
C’est donc une bonne idée. Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions. Deux écueils sont à éviter. Le premier est que la taxe carbone serve simplement à compenser la suppression de la taxe professionnelle, principale source de financement des collectivités locales. Elle serait alors hors-jeu, car pour avoir un intérêt écologique, elle doit être utilisée pour promouvoir de nouveaux comportements, plus respectueux de l’environnement et inciter aux économies d’énergie.  
 
Le deuxième est que cette « pollutaxe » se transforme en un simple impôt de plus, supporté prioritairement par les ménages qui n’ont pas les moyens d’isoler leur logement et d’acheter une automobile propre. Elle serait alors aussi inutile qu’incomprise.

La taxe carbone doit avoir un double effet. D'une part, pénaliser ceux qui polluent (les propriétaires de 4X4, les entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serrre,…). Et d'autre part, aider les personnes et familles a faibles revenus à changer de comportement (prendre les transports en communs plutôt que la voiture) et à s'équiper en matériels non polluant.
 
L’engagement doit donc être pris de compenser le montant de la taxe. Les 8 milliards attendus prélevés sur les carburants ou le gaz devront être reversés aux ménages, notamment les plus modestes, pour leur permettre des achats en vue de réduire leur empreinte écologique et leur facture énergétique : titres de transports en commun, nouvelle chaudière, électroménager basse-consommation, chauffe-eau solaire… les solutions ne manquent pas.  
 
Ainsi, nous pourrions parler d’une taxe socialement juste et utile pour lutter contre le réchauffement climatique et réduire la pollution. Mais aussi pour entamer la nécessaire reconversion de notre économie.


date mardi 1 septembre 2009 à 11:16 | Actualités
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