Tranche de vie de maire. A la boulangerie rue Montorgueil le 24 décembre
- Bonjour ! Alors, le patron lui-même vient en renfort !
- Faut un coup de main aux caisses, y a un peu de monde aujourd’hui. Mieux qu’hier.
- Bonne année, alors !
- Bonne année, monsieur le maire !
La cliente qui me précède se retourne :
- Ah… vous êtes le maire ?
- Oui. Et on ne se connaît pas ?
- Non, je ne vous connais pas. Mais puisque vous êtes là , je voudrais vous demander, vous ne pourriez pas dire au restaurant L., en bas de chez moi, qu’ils rentrent leurs poubelles. J’ai appelé dix fois, à la mairie, ils ne viennent jamais et ça continue….
- Ah ? Désolé, mais faut me téléphoner ou venir me voir… c’est pas pour me vanter mais le maire a un peu plus d’influence sur les services de propreté que le simple citoyen.
- Je ne vais pas déranger le maire pour ça !
- Mais si voyons. Je vais faire le nécessaire…
- Et puis, de toute façon, ma rue est sale.
- Sale ? c’est la rue d’Argout ? Elle est sale ?
- Oui monsieur, y’a des crottes de chiens partout. Depuis votre piétonisation, c’est devenu une rue à chiens…
- Ah ? ça ne m’était pas remonté. Pourtant je suis passé voir… il ne m’a pas semblé.
- Si, si monsieur, c’est tout Paris qui est sale. Au moins avec les motos crottes…
- Quoi ? La crotinnette qui coûtait cher aux Parisiens et ne nettoyait rien?! Tenez, il y a deux semaines j’étais à Bordeaux, j’ai pas arrêté de marcher dans...
- De toute façon, je suis de droite.
- Ah… bien. Mais alors, de quoi vous plaignez-vous ? Si Paris est sale, la droite va revenir pour nettoyer.
- Bonjour madame ! Je suis la chef de cabinet, venez, je vais vous écouter…
La dame sort de la boulangerie avec Dominique ma chef de cab’. La pression retombe, à la grande satisfaction du boulanger.
Très bonne année à vous qui me lisez. Rendez vous en 2007 !
mardi 26 décembre 2006 à 17:31 | Général
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