Accueil / Paris / Budget 2011 de Paris : solidaire, mais pas encore écologique !

Budget 2011 de Paris : solidaire, mais pas encore écologique !

En particulier, les conditions d’emploi des cantinières doivent être améliorées, en concomitance avec l’introduction du bio dans les cantines scolaires

Le budget est l’expression d’une politique. Et les Verts approuvent la traduction budgétaire de cette politique que vous nous proposez de mener en commun en 2011, monsieur le maire, et que nous avons d’ailleurs contribué à élaborer. Nous l’approuvons essentiellement en raison de son orientation résolument à l’écoute de la souffrance sociale de certains de nos concitoyens ; ceux qui sont les plus fragiles : les jeunes, les personnes âgées, les sans logements, les sans emploi, ceux qui ont eu un accident de la vie ou qui ont un emploi, mais précaire, et sous payé et qui ont du mal à finir le mois. Le cadrage budgétaire que vous nous proposez d’approuver ne néglige pas pour autant les besoins des familles à revenus moyens qui consacrent à Paris un taux d’effort important pour se loger, qui se déplacent dans des conditions difficiles en raison d’un sous investissement chronique, de l’Etat, dans les transports en commun durant les années passées. Nous nous réjouissons des efforts communs de la région et de notre collectivité pour améliorer la qualité et la régularité des transports publics et faciliter les déplacements à vélo. Avec la réalisation du tramway et les aménagements cyclables.

Nous nous réjouissons aussi des efforts en direction de l’enfance et de la petite enfance pour des écoles accueillantes en bon état et disposant d’un matériel pédagogique de qualité ainsi que de l’effort soutenu de création de places en crèche. Sans oublier la culture, fabrique de liens et de sens dans une société en manque de repères.

Mais si nous approuvons sans réserve cette orientation de votre politique nous pensons qu’un effort supplémentaire pourrait être engagé en matière environnementale.

Un effort qui pourrait être facilement mis en oeuvre en renonçant aux opérations de prestige, socialement et écologiquement peu utiles, comme la rénovation du centre commercial des Halles, le stade de rugby Jean Bouin ou l’extension de Roland Garros sur les serres d’Auteuil. Voire Autolib’ .

L’écologie et le social marchent ensemble, l’un ne doit rien céder à l’autre. Car l’environnement n’est pas un luxe c’est une nécessite d’aujourd’hui et un investissement pour demain. Un investissement nous permettant de faire face aux conséquences économiques sociales et sanitaires du dérèglement climatique, de mieux nous préparer au renchérissement des matières premières énergétiques et alimentaires et de nous adapter aux inéluctables crises financières à venir (si rien n’est fait pour limiter l’accumulation sans fin du capital) et ainsi penser la résilience de notre ville, comme le  préconise le réseau des villes en transition.

Nous avons eu l’occasion de tenter de vous sensibiliser, monsieur le maire, à l’intérêt de créer une Société d’économie mixte consacrée à l’énergie afin de résolument adapter notre ville à la nouvelle donne environnementale à venir, tout en créant des emplois non délocalisables..

Je ne renonce pas et je souhaiterais, dans un autre domaine, insister sur un aspect à améliorer de notre politique. Un aspect qui met bien en valeur le lien indéfectible qui existe entre le social et l’environnemental. Je veux parler du personnel de service des restaurants scolaires parisiens, également appelé les cantinières, au féminin, car il s’agit quasi exclusivement de femmes.

Le projet de la ville – l’engagement en ayant été pris devant les électeurs en 2008 – est de servir un nombre conséquent de plats issus de l’agriculture biologique dans les repas des  élèves qui déjeunent à l’école le midi ; soit presque 80% d’entre eux. Mais servir 30% de plats bio à la cantine d’ici 2013 ne pourra se faire qu’à plusieurs conditions. J’en souligne deux en particulier.

La première est de mutualiser les achats des caisses des écoles afin d’instaurer une solidarité entre elles, et d’instaurer un système de péréquation destiné à limiter leurs différentiels de recettes et de ne pas laisser perdurer l’existence des caisses pauvres et de caisses riches.

La 2e tout aussi indispensable, consiste à impliquer d’avantage, à la base, le personnel dans sa tache quotidienne auprès des enfants.

Cette implication passe par une amélioration rapide des conditions d’emploi des personnels des Caisses des écoles. La situation est très hétéroclite d’une Caisse à l’autre puisque ces établissements publics locaux sont autonomes et régis par leur propre conseil d’administration que préside le maire d’arrondissement.

Mais le point commun de l’ensemble de ces personnels de cantine est sans aucun doute leurs conditions d’emploi indignes d’une collectivité progressiste comme la nôtre.

Pour être titularisées en CDI, les cantinières doivent effectuer deux contrats de trois ans en CDD. Elles sont payées 10 mois sur 12 car durant les vacances scolaires elles ne sont pas employées. Elles travaillent le plus souvent en temps partiels subit quelques heures par jour. Sans mutuelle santé, ni comité d’entreprise (car toutes les caisses de cotisent pas à l’Agospap), elles ne disposent en outre d’aucune bonification indiciaire liée à l’ancienneté. Il n’y a aucune gestion sérieuse des carrières. Le salaire d’une cantinière expérimentée, en fin de carrière, est équivalent à celui d’une débutante. Et quel salaire ? Ce personnel contractuel de droit public est payé sur un indice de la fonction publique équivalent au smic. C’est à dire à peine 7 euros net.

Ajoutons à cela que les services de l’Etat ont transmis une consigne pour ne pas augmenter au 1er janvier les salaires des contractuels des établissements publics et l’on risque de se retrouver avec du personnel payé sous le smic horaire.

Cela n’est tout simplement pas tolérable. Aussi le groupe EELVA a déposé un vœu, dans le cadre du débat budgétaire, pour qu’un audit sérieux de cette situation soit mené. Un audit qui devrait aboutir en toute logique à nous donner les éléments de méthode pour réintégrer le personnel des Caisses des écoles à l’effectif du personnel municipal. Dans cette attente, la ville devra mobiliser des moyens supplémentaires pour que chaque cantinière, quelle que soit l’arrondissement où elle travaille, puisse bénéficier de l’indemnité IAT des agents de la ville, de l’application des acquis des originaires d’Outre-mer, de l’intégration à l’Agospap et d’une allocation prévoyance santé.

C’est à cette condition que la ville pourra motiver et mobiliser ce personnel dans le cadre de sa politique d’introduction du bio dans les menus des cantines scolaires.

Une formation plus encore qu’une sensibilisation au développement durable et aux pratiques éco-responsables – à destination des personnels des Caisses des écoles – et plus largement, de tout le personnel de la ville, doit être mis en place, accompagné d’un bilan annuel.

Or il n’existe pas de formation au développement durable dans le catalogue de la ville. La sensibilisation qui est faite au personnel est trop générale. Il n’y a que très peu d’éléments sur les pratiques éco-responsables et les applications concrètes.

Des formations à destination des cadres sont aussi nécessaires. Par exemple des formations aux achats éco-responsables pourraient être utiles pour accompagner la transition de notre ville.

Le groupe EELVA a déposé des vœux sur ces questions, vœux destinés à un peser dans le sens de l’indispensable écologisation de notre collectivité.


A voir

Merci aux électrices et électeurs du 2e arrondissement de Paris

Avec 58,24% des suffrages les électrices et électeurs du 2e arrondissement m’ont renouvelé leur confiance ...

Un commentaire

  1. ATTENTION A LA FRAPPE!!

    Pour être titularisées en CDD (EN CDI!), les cantinières doivent effectuer deux contrats de trois ans en CDI (EN CDD)!.