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Faut-il ouvrir tous les commerces le dimanche dans le centre de Paris ?

Ouvrir, le dimanche, les commerces du Forum des Halles, les grands magasins du boulevard Haussmann et étendre les secteurs où les boutiques sont ouvertes 7 jours sur 7 aux Champs-Elysées, à Saint Germain des Prés, dans le Marais, ou le faubourg Saint-Antoine. C’est ce que demandent les élus de droite au Conseil de Paris. L’UMP résume cette ouverture généralisée dans le centre de Paris en défendant la création d’une zone «d’hyper centre» où toute ouverture dominicale sera autorisée. Pour les habitants du centre de Paris, c’est la garantie d’embouteillages permanents. Pour les écologistes le citoyen ne doit pas être réduit au consommateur.

Argument invoqué « En temps de crise, il faut se dépêcher d’ouvrir les commerces le dimanche pour que la croissance reparte ». Pourtant, ce n’est pas relancer la croissance mais permettre aux uns de s’enrichir sur le dos des autres, en programmant la disparition des commerces de proximité. Pour quelques emplois créés dans les grands magasins on en détruit beaucoup plus dans les petits commerces. Aucune étude sérieuse n’a d’ailleurs démontré que l’ouverture le dimanche était créatrice d’emplois. Les ouvertures le dimanche sont principalement le fait des grandes surfaces ou de magasins franchisés qui prennent les clients des petits commerçants indépendants « Autoriser les ouvertures dominicales est en contradiction avec la politique de soutien au petit commerce », a expliqué Danièle Fournier au nom du groupe des écologistes au Conseil de Paris.

Contestée par les syndicats de salariés, la banalisation du travail du dimanche renforce l’aberration sociale et sociétale d’une ouverture 7 jours sur 7. Les vendeuses (car ce sont en majorité des femmes) n’ont pas vraiment  le choix de travailler ou pas le dimanche. C’est souvent un travail imposé qu’il est difficile dans le contexte de crise de l’emploi de refuser et la possibilité d’une forme de chantage patronal vis à vis des salariés est réelle.
Les conséquences du travail le dimanche sont lourdes pour la vie sociale et familiale. Les enfants ne voient pas leurs parents, les activités de loisirs, culture, sport, investissement politique, engagement citoyen  ou associatif deviennent impossibles. Les salariés du dimanche sont sacrifiés pour que les autres consomment alors que le dimanche est une journée pour le vivre ensemble, le partage, une journée pour soi et pour les autres. Conforter  l’idée que la consommation – et surtout cette consommation aveugle – est une évolution positive alors qu’un des effets de la crise pourrait être, justement, d’envisager d’un oeil critique nos modes de consommation et de surconsommation.

L’injonction de consommer jour et nuit, dimanche et jours de semaine, est une forme de vie collective que nous récusons. En tant qu’écologistes nous sommes pour un temps libre qui ne soit pas un temps de l’asservissement à la consommation et nous pensons qu’il y mieux à faire le dimanche que d’aller faire des achats. Il serait intéressant de prendre la mesure de l’impact environnemental et énergétique de  ces ouvertures le dimanche, par la multiplication des transports par exemple.
Au lieu de développer une société de consommation qui asservit les individus et détruit l’environnement, nous demandons le développement des services publics gratuits et non-marchands.

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