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Après les Européennes : poursuivre l’ouverture, ancrer l’écologie à gauche

Le travail d’élaboration du programme pour les régionales offre l’occasion de poursuivre l’ouverture du parti Vert en direction des associations, des syndicats, des ONG, des mouvements sociaux. Il s’agit de confirmer la dynamique des Européennes qui démontre que les solutions que préconise l’écologie politique – lutte contre les inégalités et la dictature des marchés, préservation des ressources de la planète, renouveau démocratique… sont bien des solutions inscrites à gauche de l’échiquier politique

Les scores des listes Europe écologie en France sont bons pour le moral. Ils confirment la pertinence de l’écologie dans la sphère politique. Or, ce n’était pas évident. Souvenons-nous, il y a un an, à peine, beaucoup s’interrogeaient sur la pérennité d’un vote spécifique écolo. L’ensemble des partis de droite et de gauche traditionnels avaient intégré les problématiques environnementales à leur programme. L’écologie était un supplément d’âme qui avait sa place indifféremment dans les programmes des partis de gauche, comme de droite. Mais l’OPA sur l’écologie politique a échoué. Les électeurs ne s’y sont pas trompés. Les écologistes sont les mieux placés pour répondre aux problèmes écologiques tels qu’ils se posent.

Des bons scores à relativiser
Cette bonne nouvelle s’inscrit toutefois dans un contexte inquiétant. D’une part, la faible participation au scrutin européen, notamment des couches moyennes et défavorisées relativise ces bons scores. D’autre part, les résultats des écologistes sont très inégaux. S’ils réalisent de bons scores en Europe du Nord, ils  sont pratiquement inexistants en Europe de l’Est, et particulièrement dans les pays « entrants » où la droite et l’extrême droite cartonnent.
Les écologistes bénéficient aussi des piètres résultats des sociaux démocrates qui, en France, sont sanctionnés pour leur incapacité à trancher entre contestation de la contre-réforme libérale et recherche de compromis avec le centre, voire la droite. L’écologie politique doit éviter de tels errements.
Particulièrement en France et en Allemagne où les électeurs valident la réponse écologique à la crise, il convient de s’interroger. De quel imaginaire est porteur cette écologie ?  Car si le résultat des Européennes marque la prise de conscience par les citoyens de l’état dégradé de la planète, ils questionnent sur la nature de cette prise de conscience.

Capitalisme vert ou paradigme écolo ?
Les électeurs accréditent-ils les réponses environnementales à la crise (type capitalisme vert ou greenwashing) ou sont-ils en quête d’un nouveau paradigme, moteur de transformation sociale ? Au sein d’Adep, nous sommes convaincus que si le greenwashing peut être une réponse à la crise économique (la relance verte comme néo-kénésianisme), il n’est en aucun cas une réponse à la crise globale que nous vivons, qui détruit les éco systèmes et renforce les conditions d’exploitation.
La question écologique est indissociable de la question sociale. Elle la contient. Dans ces conditions, il convient, dans la période qui s’ouvre, de confirmer l’ancrage à gauche de l’écologie politique. Mais les réponses à la crise écologiques ne pourront émerger des dogmes anciens basés sur la relance productiviste et le « partage des fruits de la croissance ». Poursuivre l’ouverture est donc une condition nécessaire au prolongement de la dynamique des Européennes, et à la construction d’un mouvement d’écologie politique moteur du changement. Aussi, pour marcher sur ses deux jambes, l’écologie politique doit poursuivre son travail avec les mouvements de lutte pour les droits sociaux et civiques (Resf, DAL, LDH, Mrap, Cimade, ATD, mouvements LGBT…), les syndicats et clubs de réflexion (Copernic, Attac…) qui ne campent plus dans une posture uniquement revendicative mais font l’analyse que doivent émerger des réponses nouvelles à la crise. A ces alliés L’enjeu pour Les Verts est de se mettre en capacité d’intégrer ces forces à l’élaboration programmatique pour les Régionales.

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