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Mort d'un sans domcile bois de Vincennes

C’est avec émotion, mais aussi avec consternation, que nous avons appris qu’un homme sans domicile fixe a été retrouvé mort samedi dernier dans le Bois de Vincennes. Comment, au 21e siècle, dans l’une des villes les plus riches du monde, une telle tragédie est-elle possible ?

C’est avec émotion, mais aussi avec consternation, que nous avons appris qu’un homme sans domicile fixe a été retrouvé mort  samedi dernier dans le Bois de Vincennes. Comment, au 21e siècle, dans l’une des villes les plus riches du monde, une telle tragédie est-elle possible ?

L’homme, âgé d’environ 50 ans, n’était pas connu des services sociaux. Il vivait depuis plusieurs mois sous un abri de fortune qu’il s’était confectionné. Même si l’enquête a révélé que le froid n’était pas la cause du décès, à l’approche de la période hivernale nous redoutons que ce genre de drame ne se multiplie.

En effet si nous ne connaissons pas encore les circonstances de sa mort, nous en connaissons les causes qui sont toujours les mêmes : la grande pauvreté. Car ce n’est pas le froid qui tue mais la misère et ses conséquences :  l’exclusion, l’isolement et la précarité de la rue. On dénombre, ces derniers mois, plus de 150 personnes vivant dans la rue, mortes des suites de leurs conditions de vie inhumaines.

Avec l’arrivée du froid et des fêtes de fin d’année ces morts heurtent plus encore l’opinion. Mais il y a autant de décès de SDF en période hivernal qu’en été. Dans le bois de Vincennes, il s’agit du 2e décès de SDF survenu au cours de ce mois. De plus en plus de personnes sans abris, chassées du centre ville y trouvent refuge. Aujourd’hui ce serait plus de 200 personnes qui y auraient établies des camps de fortune. Avec le collectif « Les morts de la rue » nous posons la question : le bois de Vincennes va devenir le mouroir des SDF ?

A la suite de ce drame, la Préfecture a annoncé une hausse du nombre des maraudes, notamment celles de la Brigade d’assistance aux personnes sans abri (Bapsa).  Deux structures d’hébergement des SDF – soit 120 places supplémentaires au total – devraient être ouvertes tandis que le Samu Social développera l’accueil de jour. Il est à souhaiter que ces places supplémentaires soient lieux où les personnes sont vraiment prises en charge et peuvent rester de façon stable y compris en journée pour se soigner, se reconstruire. Nous souhaiterions avoir des garanties que ces quelques place ne soient pas de simples dortoirs dans installés dans des « gymnases ».

Autant de raisons qui m’ont conduit à interroger à la fois le Préfet de Police, représentant de l’Etat, et le Maire de Paris sur l’état d’avancement du projet de mise en place, dans les Bois, d’une maraude sociale commune type Emmaus destinée à entrer en contact avec les personnes sans domiciles, ainsi que sur le travail commun entre les services de la Ville et le Samu Social afin d’accompagner les personnes vers un centre d’accueil adapté ou l’hôpital.

De plus, alors que la crise économique qui s’annonce risque de mettre de nombreuses personnes supplémentaires à la rue, que la Préfecture de police a exécuté avec zèle les expulsions locatives avant la période d’hiver et que le gouvernement réduit de façon drastique les aides aux associations d’aide aux plus démunis – en particulier à la FNARS – sans pour autant pouvoir mettre en oeuvre de façon effective, la loi sur le logement opposable, j’ai nterpelé le Préfet de police afin de lui demander :
– quels moyens supplémentaires il compte mettre en place afin de permettre au 115 d’être en capacité de répondre aux nombreuses sollicitations quotidiennes dont il est l’objet,
– si des places d’hébergement de jours afin que les personnes n’aient pas à quitter les lieux dès le petit matin vont être ouvertes au-delà de celles prévues dont le nombre semble bien dérisoire au regard de la gravité du problème posé,
–  quel bilan tire-t-il du Plan d’action renforcé pour les sans-abris, instauré l’année dernière, qui permet à toute personne accueillie dans un centre d’hébergement d’urgence de se voir proposer une solution pérenne, adaptée et accompagnée dans le parc public social ou en centre d’hébergement et de réinsertion sociale ?
J’ai aussi demandé au Maire de Paris de bien vouloir nous indiquer :
– s’il compte renforcer les brigades de la Direction de la prévention et et de protection dont le personnel fait déjà un travail admirable qui a déjà permis de sauver des vies de nombreuses personnes dans les bois,
– quels sont les moyens donnés à la mise en oeuvre du plan grand froid à Paris,
– l’état d’avancement du projet de la création de centres d’hébergement et de soins supplémentaires pour personnes sans domiciles, prévus au contrat de mandature ?

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