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24 heures pour 100 000 vies

Présents à Gaziantep en délégation de solidarité parlementaire, Cécile Duflot, Hervé Mariton et Patrick Mennucci, députés français, ainsi que Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris et Arie Alimi, avocat, ont rencontré ce matin les responsables en charge de la crise syrienne à l’ONU.

Ces échanges nous ont confirmé que tous les moyens nécessaires à une intervention humanitaire sont prêts à être déployés à Alep-Est.

Les responsables de l’ONU indiquent en effet qu’une évacuation des 100 000 civils encore présents à Alep Est est possible dans les plus brefs délais et que cette opération ne prendrait en tout que 24 heures. L’ensemble des moyens sanitaires et la logistique de transport sont prêts. L’ONU n’attend plus que le signal de déclenchement de l’opération.

Celle-ci pourrait se faire à pied puisqu’il n’y a que 4 kilomètres à parcourir pour sortir des zones de combats.  Des véhicules et ambulances sont également prêts pour évacuer les blessés et malades.

L’ONU a également informé la délégation que les rebelles armés ne bloquent pas la sortie des civils et que cela est unanimement reconnu.

Il apparaît clairement à l’issue de nos échanges que le seul point de blocage à la mise en place de ce plan d’urgence provient des autorités russes.  L’ONU a confirmé que les combattants rebelles ne retenaient pas les civils. L’ONU ne pourra pas intervenir et mettre en œuvre ce plan humanitaire d’urgence tant que les bombardements ne sont pas suspendus, ne serait-ce que 24 heures.

Un crime contre l’humanité est en cours à Alep-Est, comme l’a souligné récemment le Secrétaire d’Etat américain John Kerry.  Il paraîtrait inconcevable que les dirigeants de ce monde continuent à déplorer l’impasse dans laquelle nous nous trouvons mais que la seule solution consiste à attendre une dizaine d’années que les responsabilités des uns et des autres dans ce massacre ne soient déterminées par la Cour Pénale Internationale.

La question qui se pose est donc désormais la suivante : les autorités russes sont-elles prêtes à laisser l’ONU intervenir avant la fin de la semaine et à laisser les civils évacuer la ville en sécurité ?

Si cela n’était pas le cas, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et les autres puissances militaires doivent envisager une intervention afin de sécuriser elles-mêmes ce corridor de 4 kilomètres pendant 24 heures.

Il en va de la vie de dizaines de milliers de femmes d’hommes et d’enfants, de civils qui tentent de survivre depuis plus de 130 jours sous un déluge de bombes.

L’humanité est en train d’être enterrée vivante à Alep. Nous devons nous lever pour refuser cette résignation.