Accueil / Actualités / La finance contre l’écologie

La finance contre l’écologie

Investir massivement dans l’économie verte. Pour assainir leurs finances publiques, tout en répondant aux enjeux climatiques et de création d’emplois, la France et l’Europe doivent mettre en place un new-deal écologique.

La réponse des dirigeants européens à la crise ? L’austérité ! Le traité dit «Merkozy» autrement appelé (de son vrai nom) : le TSCG (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance) et son Mécanisme européen de stabilité (MES), entravent l’indispensable transition écologique de notre économie. Et bride la création d’emplois. Certes, ce traité est de nature à rassurer – provisoirement – les marchés financiers et à restaurer les finances publiques. Mais il hypothèque sérieusement l’avenir.

L’urgence n’est pas d’inscrire la récession et l’austérité dans les textes mais d’entamer la transition écologiste de notre industrie, seule issue pour répondre au triple enjeu des années à venir : la création d’emplois, la diminution de nos émissions carbone et la raréfaction des ressources.

La conversion de notre industrie

L’Europe est le premier importateur mondial de ressources par habitant. Or, les matières premières du futur sont déjà sur notre territoire, mais nous ne les exploitons pas. Elles sont dans nos poubelles ! Les déchets constituent une manne pour le recyclage, le réemploi mais aussi pour la méthanisation. Les déchets putrescibles peuvent alimenter des réseaux de chaleur (production de biogaz). Outre la méthanisation, d’autres sources d’énergies sont présentes : le soleil, le vent, la géothermie. Elles constituent les gisements inépuisables de demain. A condition d’être en capacité de les exploiter. Pour cela, nous devons réorienter et transformer résolument notre industrie.

Le dérèglement climatique, le renchérissement des ressources énergétiques fossiles traditionnelles vont nous y contraindre dans les prochaines années. Il faut l’anticiper. Avec ce traité néo-libéral, nous ne le pourrons pas. Nous aurons les mains liées.

 

Investissements indispensables

Nous devrons dans le même temps relocaliser notre production. Une telle orientation demande des investissements colossaux destinés à mettre en œuvre la conversion de notre économie vers l’économie verte. Or la politique qui nous est proposée s’obstine sur deux fausses routes.

D’une part, l’austérité permanente avec la « règle d’or », qui ne permet pas les investissements nécessaires à la conversion de notre système productif industriel et d’autre part, le recours au nucléaire et à l’achat de ressources et matières premières importées, dans un contexte de pénurie. Notre pays – et une grande partie de l’Europe – risque ainsi de rater la révolution économique verte.

 

Taxe sociale et environnementale

Nous avons besoin d’initiatives publiques fortes. La mise en place d’une taxe carbone pourrait financer ce type d’investissement. En outre, l’Europe, et notre pays en particulier, ne peuvent en permanence tenter de rester concurrentiels sur les prix des produits importés. La Chine fournit 80% des produits manufacturés consommés en France. Un salarié chinois gagne en moyenne 40 fois moins qu’un salarié français. Plutôt que raréfier l’emploi et baisser les salaires, l’Europe devrait importer au juste coût en posant à ses frontières une taxe sociale et environnementale compensant le dumping de fait de pays tiers. Elle utiliserait le produit de cette taxe pour financer sa réindustrialisation écologique.

Pour assainir leurs finances publiques, tout en répondant aux enjeux climatiques et de création d’emploi la France et l’Europe doivent mettre en place un new-deal écologique et investir massivement dans l’économie verte.

C’est le chemin inverse que les dirigeants de l’Europe néo-libérale nous proposent d’emprunter.

A voir

images-2

Loin du politique circus …

Nous, Ecologistes atterrés, appelons à renouer avec une écologie du quotidien, loin des jeux du ...

2 commentaires

  1. emmanuel@8valois.fr

    Cher Monsieur Boutault,

    Nouvel arrivant dans le 2ème arrondissement, je découvre à la lecture de votre blog les grandes lignes de votre programme auquel j’adhère pour l’essentiel à double titre : en tant qu’entrepreneur et en tant que citoyen.

    En tant que citoyen, j’adhère à cette ambition, indispensable pour les pays occidentaux qui veulent « sortir par le haut » de la crise comme des mutations longues de l’économie mondiale, de « convertir notre industrie ».

    En tant qu’entrepreneur, je crois également que la promotion des stratégies durables à grande échelle doit se faire dans l’ensemble de l’économie, y compris dans les services. L’industrie est certes celle qui recèle les plus gros gisements quantitatifs d’économies d’énergie ou de réduction de l’impact carbone au sens large, mais les services, au premier rang desquels la restauration et le tourisme sont eux beaucoup plus visibles du grand public : les efforts de quelques-uns sont perçus par beaucoup, qui a leur tour réfléchissent à leur comportement quotidien. Dans l’événementiel, traditionnellement considéré comme secteur roi de l’éphémère, les comportements durables et citoyens génèrent de véritables prise de conscience et agissent comme catalyseurs de comportements individuels responsables, sans aucune approche culpabilisante.

    En tant que citoyen, et même en tant que contribuable, j’approuve les nécessaires investissements dans l’outil de production, car je reste convaincu que c’est l’économie qui a la clé. Les excès de l’économie produisent les déséquilibres sociaux et environnementaux que l’on connaît, que seul le moteur d’une nouvelle économie parviendra à contrecarrer.

    En tant qu’entrepreneur, je pratique au quotidien cette religion de l’investissement. Lorsque j’ai transformé en 2009 un garage vétuste et pollué en plein cœur du 1er arrondissement en une salle de réception, Le 8 Valois, j’ai imposé des travaux de rénovation dans une démarche de haute qualité environnementale. Nous avons fait le choix de matériaux éco-labellisé, dont les parquets en chêne issus de forêts PEFC ou encore les peintures sans solvants et « surinvesti » près de 50%, sans aucune subvention pour installer un système de chauffage et de climatisation en géothermie. Au quotidien, nous mettons en œuvre un système de management environnemental et nous fournissons en électricité d’origine renouvelable.

    En tant que citoyen, je partage l’idée qu’une véritable taxe sociale doit être introduite. Parce qu’il est entendu depuis ses origines que l’impôt doit être juste, efficace et redistributif et que dans nos sociétés modernes, la protection de l’environnement ne doit plus être considérée comme une simple « cause », si éthique soit-elle, mais comme un stratégie de développement juste, créatrice de valeur et d’une plus grande égalité entre les citoyens.

    En tant qu’entrepreneur je crois également que les entreprises citoyennes peuvent d’elles-mêmes prendre conscience de leur responsabilité sociale et environnementale, et contribuer volontairement, efficacement et à grande échelle à la protection de l’environnement. Je crois qu’elle peuvent aussi peuvent créer rapidement des emplois de qualité (32 en moins de 4 ans en ce qui nous concerne), sans pour autant chercher à délocaliser en permanence.

    C’est la politique du Groupe Antilopes, que je dirige, qui a adhéré dès 2010 au « Club 1% pour la planète », et qui vient de reverser 1% de son chiffre d’affaire à l’Association Nature Evolution, qui œuvre à la protection des milieux naturels méconnus et menacés. C’est la politique d’un traiteur actuellement installé dans les 1er et 18ème arrondissements qui souhaite localiser une unité de production et de réception à très fort potentiel de création d’emploi et de valeur dans le 2ème arrondissement.

    C’est en tant que citoyen que j’adhère donc pour beaucoup à vos combats politiques pour la solidarité, l’amélioration des conditions de vie et la protection de l’environnement. Et c’est en tant qu’entrepreneur que je souhaiterais vivement vous rencontrer pour vous présenter notre démarche et échanger avec vous de nos projets d’installation dans le 2ème arrondissement.

  2. Votre démarche est en effet tout à fait intéressante. Je prendrai contact avec vous dans les prochains jours.
    Cordialement,
    JB