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La vidéosurveillance est chère et peu efficace. C’est la Cour des comptes qui le dit

La Cour de comptes, institution indépendante chargée de la régularité et de la bonne affectation des deniers publics, vient de rendre un rapport sur l’organisation des forces de sécurité. Les résultats de son étude démontrent l’échec de la politique de sécurité menée en France depuis 2002. Ils pointent le manque criant d’efficacité des technologies de surveillance et les problèmes que posent les désengagements en moyens humains affectés à la sécurité des biens et des personnes. Aussi, le 12 juillet dernier je suis intervenu dans le cadre des Questions d’actualité au Maire de Paris et au Préfet de Police pour les interroger face à l’échec de la vidéosurveillance et à la nécessité de surseoir à la participation financière de la Ville au plan 1000 caméras.

Malgré les arguments et les faits établis, le ministre de l’intérieur a qualifié le rapport des magistrats de « tract du PS », ce qui n’est pas infamant, mais n’est ni juste, ni très respectueux du travail de cette institution majeure de notre République.

Alors que nous nous apprêtons à prêter main-forte au ministère de l’intérieur qui prévoit l’installation de 1000 caméras de vidéosurveillance supplémentaires sur le territoire parisien, les magistrats de la Cour soulignent le « faible taux de présence sur la voie publique » des policiers, associé au « développement rapide mais coûteux » de la vidéosurveillance. Et précisent que : « Le recours croissant à la vidéosurveillance de la voie publique ne peut se substituer à l’action des forces de sécurité étatiques. »

Ils indiquent que les différentes études conduites à l’étranger, notamment au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Australie, ne démontrent pas efficacité de la vidéosurveillance. Et que la France se caractérise par la quasi-absence d’enquête concluante sur le sujet.

Or, notre collectivité a fait le choix d’accompagner le projet gouvernemental de vidéosurveillance, à hauteur de cinq millions d’euros de subvention d’équipement. Elle a, de plus, accepté l’exonération de la redevance d’occupation du domaine public estimée à 57 millions d’euros sur 15 ans et prend en charge des travaux de voirie pour un montant évalué à 25 millions d’euros.

Pourtant, comme cela a été rappelé ce matin lors du débat budgétaire, notre collectivité connaît des difficultés financières. L’Etat est toujours endetté à l’égard de notre ville et département car ne s’acquittant pas de ce qu’il doit pour le RSA et la prestation autonomie. Et de plus, la suppression de la taxe professionnelle n’est pas intégralement compensée et se traduit par une diminution des recettes de l’ordre de 15 millions d’euros.

Aussi, compte tenu des éléments d’analyse de la Cour des comptes, qui met en lumière l’inefficacité de la dépense publique en matière de vidéosurveillance, les éluEs EELVA demandent au Maire de Paris s’il ne pense pas qu’il serait opportun de revoir l’aide que la ville apporte au projet 1000 caméras à Paris. Et au Préfet de police s’il compte réorienter son action dans le but de mettre en œuvre un politique de sécurité efficace, en affectant plus de moyens humains à la sécurité des Parisiens et en renonçant à son projet d’implantation de caméras sur l’espace public.

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