Tous écolos ?

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La crise climatique se précise. Les élections approchent. Il n’en faut pas plus pour que les partis politiques traditionnels, de la droite (libérale, conservatrice ou gaulliste) à la vieille gauche (socialiste ou marxiste), en France et dans le monde, découvrent la grande cause de l’écologie. Pensée par les Verts comme un levier de transformation de la société, l’écologie devient un gadget électoral. Face aux graves menaces qui pèsent sur la survie même de l’humanité, les néophytes de l’écologie, nous enjoignent de mettre en œuvre cette mesure d’urgence : éteindre les appareils en veille !

Tout le monde est désormais d’accord : l’activité humaine est responsable du réchauffement global de la planète. Prenez le film grand public d’un ancien vice président des Etats-Unis, Albert Gore. Ajoutez un livre choc d’un ancien confident en environnement du président français, Nicolas Hulot. Et vous ferez frémir le personnel politique de France et de Navarre. Lorsqu’en 1974 René Dumont se présente aux présidentielles en France, rares sont ceux qui entendent sa parole. Que dit-il ? Si l’on ne modifie pas rapidement notre façon de produire et consommer, dans trente ans, il sera trop tard.
Aujourd’hui, alors qu’il est trop tard, tout le monde semble se réveiller. La maison brûle. Et même si l’on parvenait à éteindre l’incendie, les flammes ont déjà entâmé poutres et solives. Même si l’on parvenait à réduire nos émissions de gaz à effet de serre (ce qui relève de la pure fiction politique dans le contexte actuel), la force d’inertie du climat et la durée de vie du CO2 est telle que la température de la terre continuerait de croître pendant encore 100 ans. Nous voilà donc condamnés à subir 2 à 6 degrés de plus en moyenne dans les années qui viennent. Avec des conséquences que je ne détaille pas ici. Mais que les scientifiques s’accordent à prévoir comme entraînant une détérioration du climat bouleversant radicalement les éco systèmes : pluies abondantes cohabitants avec des périodes de sècheresse, disparition sous les eaux de nombreuses régions côtières habitées, contraignant à l’exode plus de 100 millions de personnes, intensification des cyclones ravageant des régions entières, air irrespirable dans les villes l’été, etc.
Tout ceci est inéluctable. Si nous devons réduire nos émissions rapidement, tels que le proposent les éminents dirigeants politiques dont l’idéologie productiviste (résumé par le triptyque : consommer, travailler, s’enrichir) a jusqu’à ce jour, régit les sociétés développées, c’est avant tout pour se donner bonne conscience. Autrement dit, pour se dédouaner de n’avoir rien fait et dissocier leur idéologie prédatrice des conséquences que nous aurons à en subir.
Nous ne sommes pas dupe. Piller la doctrine de l’écologie politique, la vider de sa substance subversive et transformatrice a pour objectif de la mettre au service des intérêts du capital. Faire du fric avec l’écologie est une aubaine pour beaucoup. Le capitalisme vert a mis bas le masque. Son objectif est de nous faire croire que nous pourrons conserver le même niveau de vie tout en agissant contre la détérioration de notre environnement.
Résumons les mesures du premier ministre Villepin destinées à sauver la planète : j’achète une nouvelle auto stop-and-go qui roule aux agricarburants. Je n’oublie pas d’éteindre la lumière en sortant et je fais isoler ma résidence secondaire où je ne me rends plus en avion. Un vrai miracle : je ne désespère ni Renault ni les exploitants agricoles. J’encourage la production industrielle automobile et l’agriculture intensive. Je continue à bien vivre et  consommer. Et en même temps je sauve la planète !
L’écologie gadget peut faire illusion encore quelques temps. Il y aurait pourtant urgence à modifier radicalement nos modes de production et de consommation. Hélas, cela ne se fera pas sans douleur. Est-ce une raison pour ne pas l’envisager ?

0 réponse

  1. Tous écolo était le titre du dernier riposte où Dominique Voynet s’est très bien débrouillée et l’ensemble de l’émission était de très bonne qualité
    une émission à "redistribuer" autour de vous, j’entends dire ça et là en effet que des "pas forcément écolo" ont trouvé cette émission très "convaincante"
    metallah.webdynamit.net/b…

  2. Merci. je n’avais effectivement pas vu l’emission. J’ai pas le temps de tout regarder. Il n’en demeure pas moins que changer les modes de consommation et de production, c’est remettre en cause les conditions d’accumulation du capital. Et je ne vois pas que la droite et sa « société du mérite » y ait intéret. Il n’y a, en outre, aucune compatibilité entre la loi des marchés et l’écologie politique. Cordialement, Jacques B.

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