Rythmes éducatifs : ce que veulent les écologistes parisiens

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Une bonne réforme est-elle possible en 2013 à Paris ? C’est à cette question que les élu-e-s écologistes devront répondre lors du prochain Conseil de Paris, le 25 mars.

Nous mesurons  pleinement l’importance de notre décision. Car il semble bien que les voix des écologistes seront prépondérantes dans le choix qui sera fait. Selon que nous voterons favorablement ou pas à la mise en œuvre de la réforme, celle-ci sera verra le jour en 2013 ou en 2014 (si nous ne l’approuvons pas).

Bien sur, dans une telle situation il serait tentant de faire un calcul politicien. Faire échouer Bertrand Delanoë sur une réforme, jugée par lui majeure, à quelques mois des élections municipales, pourrait constituer une option. Mais la politique du pire n’a jamais été la façon de faire des écologistes et nous souhaitons sincèrement que le meilleur soit donné aux jeunes élèves parisiens. L’intérêt de l’enfant demeure notre priorité. C’est donc en fonction de la qualité du temps péri-scolaire que la ville sera en capacité proposer – et donc des moyens quelle est capable de mobiliser dès 2013– que nous prendrons notre décision.

Améliorer le sort des élèves, cela ne peut pas se faire contre l’encadrement éducatif qu’il soit de l’éducation nationale ou personnel de la ville. C’est donc avec l’ensemble des actrices et des acteurs de la communauté éducative que la réforme doit se construire.

C’est la raisons pour laquelle, nous avons, en tant que groupe politique, beaucoup concerté. Au Conseil de Paris de février, le groupe écologiste a obtenu la création d’un groupe de travail qui a auditionné de nombreux intervenants : chronobiologistes, sociologues, fédérations et associations de parents d’élèves, syndicats des professeurs des écoles, directions des administrations de la Ville (DASCO, DRH…), salariés de la Ville… Les militant-e-s écologistes parisien-ne-s ont été consulté-e-s et associé-e-s à la réflexion des élu-e-s.

La réforme inquiète à juste titre. Il y a ceux qui la rejettent par principe. Nous n’en faisons pas partie. Il y a ceux qui doutent que tous les moyens puissent être mobilisés dès septembre 2013 et que les recrutements aient eu le temps d’être effectués.

Confronté à une vive opposition de la communauté éducative parisienne, que les militant-e-s et élu-e-s écologistes ont relayée, le Maire de Paris a commencé à lâcher du lest. Plusieurs des demandes que le groupe écologiste avait formulés lors de son intervention au Conseil de Paris de février 2013 sont désormais acquis.

Le maire de Paris s’est récemment engagé à créer 250 postes pour déprécariser les personnels de la direction des affaires scolaires, de la direction des affaires culturelles et de la direction de la jeunesse et des sports. Il a assuré que 450 agents contractuels seront titularisés en 2013. Si la réforme est mise en œuvre en septembre prochain, s’ajouteraient à ces avancées : « la création de 750 postes additionnels dès le budget supplémentaire de juillet 2013 au titre de la déprécarisation; la suppression du plafond des 910 heures pour les vacations; le renforcement de deux agents par circonscription des affaires scolaires et de la petite enfance (CASPE); la structuration d’une filière d’animation avec un corps de catégorie B pour les directeurs de centres de loisir; et pour les agents spécialisés des écoles maternelles (ASEM) le recentrage sur leur cœur de métier (s’occuper des enfants) en les déchargeant d’une partie des taches de ménage ».

Mais force est de constater que si nous nous arrêtions là, les conditions pour une réussite pleine et entière d’une mise en œuvre dès la rentrée 2013 ne seraient pas réunies. Au mois de mars, le prochain Conseil de Paris sera donc décisif. Les écologistes demanderont des garanties et des avancées complémentaires.

  • Pour les animateurs :

– création d’un véritable corps d’animateurs par délibération au Conseil de mars

– concours de recrutement (avec précision sur le nombre total de recrutements et les échéances)

– promotion en catégorie B des responsables de centres de loisirs

  • Pour les surveillants de cantine : – des CDD annuels et une augmentation de leur rémunération
  • Pour les personnels de services dans les cantines :

– Possibilité de travaux d’entretien ou de ménage complémentaires afin d’augmenter leurs heures de travail

– titularisation des personnels qui peuvent l’être et CDI pour les autres

  • Une ASEM (Assistante spécialisé d’école maternelle) par classe (en moyennes et grandes sections comprises)
  • Professeurs de la ville de Paris : la création d’un corps spécialisé en langues vivantes (optionnel pour les enseignants)
  • Classes découvertes : le rétablissement des crédits (1,2 million d’euros supplémentaires)
  • La présentation dès le Conseil de mars d’une délibération budgétaire (précisant les moyens dégagés)

A ces mesures doivent s’ajouter la nécessité d’une évaluation annuelle de la réforme (après définition de critères précis) et une souplesse dans la mise en œuvre du dispositif (aménagement horaire par école, dans le respect du cadre général, après concertation en Conseil d’école).

Initialement évaluée à 20-25 millions d’euros, la réforme parisienne couterait en réalité quelque 50 millions d’€ annuels. Côté recettes, la Ville a inscrit 5 millions d’€ au budget primitif et est assuré de 6,5 millions d’€ du fonds d’amorçage prévu par l’Etat en cas de mise en œuvre en 2013. Les renforts supplémentaires de la Ville, de la CAF et de l’Etat (si peu de villes candidatent en 2013) restent à confirmer.

L’étroitesse et l’absence de locaux disponibles en nombre suffisant sont souvent évoquées dans les réunions publiques. D’après la Direction des affaires scolaires de la ville, 1926 lieux sont disponibles à Paris, dont 163 pour la musique, 170 pour le dessin, 226 salles polyvalentes, 21 salles de sport, etc. Ceux-ci doivent pouvoir être mobilisés. Il est à ce jours très difficile d’évaluer la juste adéquation avec les besoins des 662 écoles parisiennes.

Un vif regret à ce stade en matière d’aménagements horaires : la Ville a renoncé à allonger la pause méridienne. Dommage, car plus de temps pour permettre aux élèves de déjeuner et de faire une pause ensuite, avant de reprendre les cours, était une bonne mesure, saluée par tous les spécialistes du rythme de l’enfant… Elle présentait l’inconvénient de rallonger le temps de présence des enseignants dans l’écoles qui n’avaient plus de compensation aux trois heures de plus le mercredi ou le samedi matin.

La balle est aujourd’hui dans le camp du maire de Paris. Sa réponse nous permettra d’évaluer si, oui ou non, les moyens sont au rendez-vous et, en conséquence, déterminera la position du groupe des élu-e-s écologistes au Conseil de Paris de mars.

 

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