On a retrouvé la classe ouvrière

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email

« Il n’y a plus d’ouvriers en France », entend-on couramment. Erreur. Une étude d’octobre 2020 du CEET (Centre d’études de l’emploi et du travail), le laboratoire de recherche du CNAM, vient tordre le cou à cette idée reçue. Car si le monde ouvrier en France a connu des transformations importantes depuis les années 80, il n’en demeure pas moins une composante essentielle de la société française.

Le nombre d’ouvriers est certes en déclin. La part des ouvriers dans la population active en France est passée de 32 % en 1982 à 21 % en 2017. Mais l’on compte encore 6,5 millions de personnes exerçant comme ouvrier.

 

Le tertiaire emploie 50% des ouvriers

Alors, si elle n’a pas disparue, ou est donc passée la classe ouvrière ? Réponse : elle s’est éparpillée dans le secteur tertiaire.

La désindustrialisation de la France, les délocalisations massives des industries durant les trois dernières décennies ont fait disparaître non pas les ouvriers mais les usines.

Le tertiaire regroupe désormais plus de 50% des ouvriers, contre respectivement 30% pour l’industrie et 16% pour la construction. Une la tendance qui pourrait bien s’accentuer.

Les professions ouvrières sont majoritairement en déclin dans le secteur industriel et dans la construction mais en expansion dans le commerce, le tourisme et les services. Les métiers liés au transport, à la logistique, à la distribution se sont aussi fortement développés, notamment les activités exercées dans les entrepôts : caristes, ouvriers du tri, de l’emballage et de l’expédition, magasiniers. Ces professions sont celles où se concentrent les plus bas salaires, inférieurs à 1200 euros mensuels et proches du SMIC.

Des professions en expansion qui se caractérisent aussi par l’aspect répétitif des tâches. Et qui sont particulièrement touchées par l’intensification du travail, sa déqualification et la précarisation.

L’étude du CETT montre en outre que la part cumulée des classes populaires (48%), c’est-à-dire des ouvriers et des employés des deux sexes, est toujours supérieure à celle des cadres et des professions intermédiaires (43%).

Les femmes exercent moins souvent des fonctions ouvrières que les hommes, mais en 30 ans leur nombre s’est accru parmi le groupe des ouvriers.

La pénibilité du travail ouvrier demeure

La pénibilité du travail ouvrier n’a pas non plus disparue. Loin s’en faut. Mesurée par la prévalence des contraintes physiques, elle a même, d’après l’étude, fortement augmenté en 30 ans pour tous les emplois ouvriers, à rebours de l’image d’une automatisation des emplois les moins qualifiés.

Si le monde ouvrier se transforme, la pénibilité du travail d’exécution n’est donc pas moindre qu’auparavant.

La flexibilité du travail et la déqualification des tâches font émerger une condition d’OS du tertiaire. La fin des usines n’a pas entrainé la fin du prolétariat mais sa dispersion, son changement d’image et la fin de sa prise de conscience de lui-même en tant que classe sociale.

What do you want to do ?

New mail

What do you want to do ?

New mail

What do you want to do ?

New mail

What do you want to do ?

New mail

What do you want to do ?

New mail

Une réponse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Twitter

Facebook

Liens amis