La vieillesse est l’avenir des jeunes, à Paris comme ailleurs

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Conseil de Paris – Débat sur la place des seniors dans notre ville.

Le niveau de civilisation d’une société se mesure, dit-on, au sort qu’elle réserve à ses aînés. Mais aussi à la façon dont elle les perçoit. La vieillesse n’est en effet pas une maladie et n’est pas nécessairement synonyme de dépendance ou de perte d’autonomie. Notre objectif est donc de créer un environnement urbain qui permette aux seniors de rester actifs et de participer à la vie locale, sociale et culturelle.

La ville et le département de Paris mettent en œuvre une politique à l’égard des seniors, empreinte de respect et de considération même s’il elle pourrait faire preuve de plus de créativité pour faire des personnes âgées les véritables actrices de leur destin en élaborant plus étroitement avec elles sa politique, à l’instar de ce que font les villes « amies des aînées ».

A Lyon par exemple, en 2010, dans le cadre de ce programme mis en place par l’OMS plus de 400 personnes âgées ont été auditées et 36 groupes de paroles mis en place qui ont aboutis à une série de propositions dans les domaines de l’habitat, du transport, de la participation citoyenne et de la santé.

Paris n’a cependant pas à rougir de sa politique, puisqu’en 10 ans, le montant qu’elle consacre à ses aînés a été multiplié par deux pour atteindre 333 millions d’euros par an, alors que dans le même temps l’Etat ne cesse de se désengager.

En particulier, je rappelle que l’Etat ne s’acquitte pas de ce qu’il doit au département au titre de l’allocation personnalisée autonomie pour laquelle il est redevable de la somme de 219 millions d’euros à l’égard de notre collectivité.

A l’heure où la ville doit élaborer son nouveau schéma gérontologique pour les 5 ans à venir, outre une méthode plus participative, deux axes principaux nous semblent devoir être pris en compte, dont certains sont déjà mis en œuvre, ce dont le groupe EELVA se réjouit.

Le premier axe consiste à rendre la ville plus accueillante et agréable à vivre pour les personnes âgées, notamment en facilitant leurs déplacements. Le deuxième vise à améliorer leur vie quotidienne, en commençant par celle des plus démunies, en particulier en favorisant autant que possible le maintien à domicile.

1) Pour rendre la ville plus accueillante, un point important à prendre en compte est de mieux intégrer dans les aménagements urbains les problématiques liées aux personnes âgées : trottoirs surbaissés, suffisamment larges et exempts de stationnement de deux roues motorisés et de terrasses qui débordent de leur emplacement.

Il est aussi nécessaire d’installer des bancs publics qui, outre les espaces de gratuité qu’ils offrent, permettent aux personnes qui éprouvent des difficultés à se déplacer de faire une pause sur leur chemin, en revenant de faire leurs courses, par exemple.

Dans la même perspective, il est un important de travailler à maintenir des commerces alimentaires de proximité qui permettent de plus facilement se réapprovisionner mais aussi, et peut-être même surtout, de conserver un lien social local. Dans le cadre du plan canicule, les petits commerçants ont d’ailleurs été mobilisés, avec succès, l’été dernier et cet été, lors d’une opération menée avec la Chambre de commerce.

Mais nous devons aussi travailler à préserver, dans tous les quartiers, des services publics de proximité comme La poste, des centres des impôts ou de sécurité sociale. Or le gouvernement tout à sa logique comptable est amené à fermer ces services publics de proximité, comme récemment les antennes de police dans certaines mairies d’arrondissement, au mépris des besoins des populations les plus fragiles.

Rendre la ville plus facile à vivre pour les personnes âgées c’est aussi travailler à améliorer leur mobilité en aménageant mieux les transports en communs de surface et en étant vigilant à créer des arrêts de bus à proximité des CAS ou des EHPAD. Le métro, lui, avec ses inévitables escaliers est décidément peu accessible.

Paris Accompagnement Mobilité est encore trop perçu comme dédié aux seules personnes invalides et devraient s’orienter vers un service plus ouverts aux seniors. L’accroissement des horaires de ce service de transport et la possibilité de se faire accompagner d’une ou plusieurs personnes devrait toutefois contribuer à cette plus grande ouverture.

Mais il n’est pas non plus interdit de faire preuve d’imagination : un service de cyclopousse est mis en place de certaines villes. Il pourrait fort bien être adapté à notre capitale.

Enfin, toujours en ce qui concerne la mobilité, la mise sous conditions de ressources plus stricte des cartes de transport améthyste et émeraude est parfaitement légitime, tant il est vrai que l’on peut être âgé et riche. Mais cette évolution doit s’accompagner de la mutation vers la télébillétique – type carte Navigo – car le nombre de cartes égarées est important et l’absence de possibilité de remplacement pose problème. Problème qu’avec la télébillétique nous serions enfin en mesure de pouvoir résoudre. Le Stif a été saisi. Souhaitons qu’il puisse rapidement répondre positivement à cette demande.

2) Deuxième axe d’amélioration : faciliter la vie quotidienne des personnes âgées, en commençant par les plus démunies. Pour lutter contre la précarité des seniors, la nouvelle allocation Paris Solidarité qui remplace l’AVP va apporter une garantie de ressources mensuelles permettant qu’aucun senior ou personne handicapée ne vive avec moins de 840 € par mois et moins de 875 € à partir du 1er avril 2012. La cherté de la vie à Paris, la hausse du chômage (dont sont victimes 33 600 plus de 50 ans à Paris), le prix des loyers… justifient pleinement cette mesure. Elle va dans le sens de ce que proposent les écologistes, à savoir l’instauration d’un revenu minimal universel parisien qui devrait être étendu aux actifs sans emploi quel que soit leur âge.

Encourager le maintien à domicile est un autre axe de progrès important. Il est essentiel. Notre ville y contribue déjà puisque 96% des plus de 80 ans vivent chez eux à Paris, contre 84% pour le reste de la France. Il est en effet un âge où il devient difficile de changer radicalement de lieu de vie et d’environnement géographique, affectif et social.

La solution la plus humaine et la plus socialement acceptable est de tout faire pour maintenir chez elles les personnes qui ne sont pas malades mais simplement physiquement affaiblies. A cet égard, le dispositif Paris logement est une bonne nouvelle pour les Parisiens retraités qui consacrent plus de 30% de leur revenu à leur logement. Cette aide, plafonnée à 1100 euros pour les personnes seules ou en couple sans enfant et à 1600 euros pour les couples avec enfants, consiste en un versement mensuel de 90 à 110 euros et est compatible avec le dispositif Paris solidarité.

La ville pourrait aussi être à l’initiative d’une Opération programmée d’amélioration de l’habitat (OPAH) thématique sur le risque de perte d’autonomie qui permettrait d’aider les personnes âgées, notamment les moins fortunées, à mettre en œuvre des aménagements dans leur logement, leur offrant la possibilité de rester le plus longtemps possible à leur domicile. Une telle opération qui pourrait, sous certaines conditions, aussi inclure la rénovation des ascenseurs.

La modernisation du service d’aide à domicile du CASVP, avec l’accroissement des plages horaires d’intervention le soir et en fin de semaine et la recherche d’une meilleure efficacité avec le regroupement des antennes en plateformes mutualisées, harmonisées avec les nouveaux six territoires des Points Paris Emeraude, devrait aussi contribuer à favoriser le maintien dans leur logement les Parisiens en situation de dépendance.

De même que le développement des équipes gériatriques mobiles et la téléconsultation audiovisuelle, à condition qu’elle ne se substitue pas au nécessaire lien humain physique.

Enfin, il est nécessaire de mieux accompagner les aidants en créant, par exemple, des formules d’hébergement temporaire pour les personnes dépendantes afin que les aidants puissent prendre des vacances. Des cellules de soutien psychologique ou des groupes de parole seraient en outre très utiles, tant il est vrai qu’être, au quotidien, au côté de la personne âgée dépendante est une charge lourde.

D’une façon générale, les dispositifs à destination des personnes âgées dépendantes sont très mal connus par ces publics et peu utilisés. Les seniors portent souvent un avis négatif sur les accueils de jour, qu’ils jugent pas adaptés à leurs besoins et pensent être destinés aux personnes en situation de handicap ou malades d’Alzheimer.

Eviter l’hospitalisation en EHPAD est donc une bonne chose. Mais il est parfois nécessaire de s’y résigner. A en croire le rapport de la médiatrice, la ville et le département ont de gros progrès à faire en ce domaine. Les places y sont trop chères et en nombre insuffisant particulièrement dans les unités destinées à l’accueil des malades d’Alzheimer.

D’une façon générale, ces établissements manquent de personnel, surtout la nuit. A Paris, comme partout en France, les unités de soins palliatifs ne sont en capacité de répondre qu’au tiers des besoins. Les moyens destinés à l’aide ou au soutien psychologique sont niés. Pour remédier à cette situation, la ville s’est engagée à ouvrir 2 200 places supplémentaires en EPHAD d’ici 2014 en y consacrant 66 millions d’euros. Trois nouveaux établissements devraient ouvrir durant cette mandature et l’établissement de Villiers-Cotterêts sera reconstruit et agrandi. Cet effort est en effet indispensable.

Enfin, monsieur le maire, vous nous proposez deux mesures qui vont dans le bon sens. Alors même que le projet gouvernemental de réforme de la dépendance fait craindre une remise en cause de l’allocation personnalisée d’autonomie, la Ville renforce la solidarité envers les personnes âgées les plus modestes en décidant deux mesures extra légales consistant à relever le seuil de participation à l’APA à 1000 euros au lieu de 695 euros nationalement et à minorer la participation réclamée aux personnes dont le revenu est compris entre 1000 et 1200 euros par mois.

Egalement au moment où le gouvernement mène une politique de déremboursement des médicaments, vous nous proposez d’ouvrir, pour 39 euros par mois, le complément Paris santé destiné aux Parisiens âges démunis qui ne peuvent disposer d’une mutuelle santé. Cette évolution est tout à fait positive. Mais négocier un contrat de groupe pour une prestation moins « facultative » pourrait constituer à améliorer encore le panier de soins proposés. C’est un piste que nous suggérons.

Pour terminer, monsieur le maire, vous nous proposez la création d’une Mission d’information et d’évaluation (MIE) afin de dresser le bilan de la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées, Mission qui devra aussi se prononcer sur la réforme du financement de la dépendance voulue par l’Etat. Le groupe EELVA est bien entendu favorable à cette démarche.

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