Colloque contre la criminalisation liée à la sexualité ou au genre

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Il existe sur la planète des pays où les lois torturent, voire punissent de la peine de mort des personnes suspectées d’homosexualité ou de transsexualité. Certains d’entre eux condamnent aussi à mort des hommes et des femmes ayant eu des relations sexuelles hors mariage, même forcées. D’autres – voire les mêmes – lapident les femmes violées, adultères, prostituées ou qui souhaitent simplement divorcer, et aussi certains hommes. Chaque année, des dizaines d’innocents sont enfermés, torturés ou assassinés légalement suite à ces jugements. Un colloque s’est tenu lundi 22 octobre pour protester contre la criminalisation liée à la sexualité ou au genre. J’y ai plaidé, dans le texte qui suit, pour une « laïcité sexuelle » .

Il y a presque un paradoxe à nous retrouver ce soir dans une réunion publique pour protester contre la criminalisation liée à l’orientation sexuelle. Un paradoxe, en effet, puisque finissent par arriver, dans la sphère publique, des affaires qui devraient rester d’ordre privé.
Mais j’ai dit « presque un paradoxe » car nous sommes aujourd’hui dans une situation qui nous contraint, face aux coups de boutoir de pouvoirs politiques, étatiques, juridiques de plusieurs pays de cette planète, de défendre, encore et toujours, le droit de vivre selon son orientation personnelle et privée, alors que l’intimité de chacun ne devrait pas même faire débat.
Il n’y a rien de plus privé que notre intimité et rien de plus intime que notre sexualité. Et bien sûr, celle-ci nous renvoie à l’altérité, à l’autre, dans l’appartenance à un genre ou à une minorité sexuelle et à son respect, inhérent à la dignité humaine.
Je parle ici bien sûr de sexualité librement consentie entre personnes majeures : homosexualité, trans-sexualité ou toute autre orientation intime choisie ou ressentie.
Je parle aussi de pays où l’on inflige des peines abjectes de prison ou de mort à de femmes adultères ou violées. Ainsi qu’aux homosexuels.
Tout cela démontre que ce qui arrive de différent dans la vie de l’autre est toujours insupportable à certains pouvoirs politiques, qui se veulent régulateurs de moeurs. Il n’y a pas pire dictature à mes yeux que la dictature de l’intime.
Et, par opposition, il n’y a pas d’écologie sans diversité ni farouche respect de la liberté individuelle. L’acceptation de la singularité personnelle et subjective de chacun est pour moi l’une des étapes essentielles pour bâtir une société en paix.
Si des pouvoirs publics, où qu’ils se trouvent dans le monde, s’imaginent éradiquer de soit-disants déviants sexuels par des peines coercitives ou définitives, ils se trompent. Et Robert Badinter rappellera sûrement bien mieux que moi l’inefficacité et l’ineptie, en toutes circonstances, de la peine capitale.
Je veux redire ici mon opposition farouche à la peine de mort, dans tous les cas, et mon engagement contre toute forme de criminalisation liée à l’orientation sexuelle.
Je veux dire ici mon engagement pour le respect et la tolérance de la différence de chacun et rappeler, à la suite du philosophe Jacques Derrida, grand défenseur de la liberté d’esprit et de corps, que « l’autre est celui qui ne partage pas avec nous son secret ».
L’orientation sexuelle est de l’ordre du secret de la personne. Elle est un élément consubstantiel de la liberté, où que la personne vive dans le monde.
Je revendique donc l’émergence d’une lacïcité sexuelle d’Etat. Aucun pouvoir politique ne devrait intervenir ou s’ériger dans une relation voulue.
L’Etat en ne reconnaissant aucune norme sexuelle en particulier, devrait, sans jugement de valeur, permettre à toutes orientations, dans un cadre intime et librement consentie entre adultes, de pouvoir s’exercer et être garant du libre exercice de ce droit.

0 réponse

  1. J’aime bien la formule "laïcité sexuelle".

    J’éspère qu’elle sera reprise (si elle n’existait pas déjà ?…) partout dans le monde où l’état et les religieux de tous types prétendent à régenter ce qui se passe sous la couette des citoyens qui ne demandent rien d’autre que d’aimer ou de désirer en paix.

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