Accueil / Actualités / Les Verts parisiens ou comment s'en débarrasser

Les Verts parisiens ou comment s'en débarrasser

LE MONDE | 13.09.07 |
Eliminer les écologistes. Tel semble être le désir fulgurant des socialistes
et leur objectif pour les prochaines municipales à Paris. Or tout ce qui
enchante aujourd’hui les Parisiens, dans une ville qui étouffait sous les
pollutions de tous ordres, et cela tous les sondages et études d’opinion le
confirment, est à l’initiative, et a été réalisé, grâce, et sous l’impulsion
des élus écologistes. La liste est longue : jardins, arbres, circulation
réaménagée, vélos, bio dans les cantines, tri des déchets, protection du
patrimoine (PLU), résorption de l’habitat insalubre, eau de qualité, plan
climat, informatique accessible dans les lieux publics, ainsi que la plupart
des actions culturelles… (avant que Christophe Girard ne rejoigne le PS –
on se demande encore pourquoi).

Ce n’est pas rien. Ces actions utiles autant que nécessaires, visibles et
efficaces, sont toutes, je dis bien toutes, le fait de la volonté initiale
des écologistes parisiens. Elles figuraient au coeur de leur programme. Les
Verts les ont portées et pour la plupart imposées, à la force non pas du
poignet, mais de leur conviction, au cours des débats du Conseil de Paris.

Bertrand Delanoë souffrirait-il du syndrome de Stockholm ? « Pris en otage »
par des Verts « pratiquant la surenchère », il assume maintenant de piquer
leurs idées ! Et dans le même temps, il assure qu’il « ira plus loin », sans
que l’on sache d’ailleurs très bien où.

Autrement dit, aujourd’hui, les socialistes, dans la panade totale, sans
projet, empêtrés dans leur guerre de chefs, envisagent de se reconstruire,
grâce aux municipales, sur le dos des écologistes. Ils ne savent plus « où ils
habitent » pour parler crûment et surtout ne savent plus ce qu’ils pensent,
n’ont plus d’idées, sont déconnectés de la réalité. Le nez au vent
médiatique, ils viennent de renier les 35 heures, de se rallier à la société
du mérite et assassinent l’Etat-providence.

Alors recruter, faire le ménage dans les rangs écologistes et s’approprier
leurs actions et leur programme, semble être leur unique volonté, leur seul
point de vue. C’est un peu court et l’on rêve d’autres choses quand on est de
gauche.

JE SUIS EN COLÈRE

En tant qu’unique maire écologiste d’un arrondissement de Paris – le 2e -, je
suis en colère. Notre bilan, nos progrès, nos avancées me confortent. De
plus, il se trouve que j’ai travaillé, malgré les contrariétés, en bonne
intelligence avec toute l’équipe municipale de gauche, Verts, PS, PC, MRC.
Tous ensemble, nous nous sommes engagés pour une meilleure vie quotidienne
des habitants du 2e arrondissement, qui nous le disent chaque jour et
reconnaissent notre travail.

Tous les élus écologistes, dans les autres arrondissements, ont aussi
beaucoup oeuvré, au grand contentement des Parisiens. Aujourd’hui, chacun
reconnaît que ce que nous avons passionnément bâti, durant près de sept ans,
dans l’adversité, pour ne pas dire l’hostilité, pose les fondations d’une
ville capable d’affronter les défis du XXIe siècle. Sans attendre de la
reconnaissance, nous espérons de notre partenaire principal respect et
considération. Or nous assistons en ce début de campagne au lancement d’une
entreprise de pillage et de dénigrement. N’insultez pas l’avenir, camarades
socialistes, vous aurez encore besoin du ferment vert !

Je n’admets pas cette volonté de dénigrer ses partenaires. J’accepte d’autant
moins ce mépris de la part des socialistes, qu’il vient après qu’ils eurent
tenté de s’attribuer les actions et les batailles gagnées par les
écologistes. Or sans eux, sans nous, sans notre volonté, à Paris, pour Paris,
c’est l’espoir d’une alternative, crédible nationalement, qui n’existerait
pas.

Article paru dans l’édition du 13.09.07.

A voir

Mon courrier aux habitantes et habitants du 2e arrondissement de Paris

Chères habitantes et chers habitants du 2e arrondissement, Au moment où je me prépare à ...