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Les Verts en confetti électoral

Pulvérisé. Le parti de l’écologie politique est réduit à un « confetti électoral ». Avec 1,57%, la candidate des Verts réalise le plus mauvais score jamais atteint lors d’une présidentielle depuis René Dumont, il y a plus de trente ans. Mon lot de consolation personnel c’est le score des Verts dans le 2e arrondissement, le meilleur à Paris.
Pourtant, j’ai croisé dans les bureaux de vote dimanche, des électeurs me saluant disant se mobiliser « pour moi », contre l’extrême droite et donc « allant voter Royal » !
L’écologie a été sacrifiée sur l’autel du vote utile. Nos électeurs ont expié le 21 avril 2002. Résultat : la gauche est au deuxième tour. Mais les Verts sont laminés. Le vote utile nous a plombé plus que les autres. Pas moins de 46% des électeurs de Noël Mamère en 2002 ont voté Royal au premier tour (source Ipsos/Dell).
Nous avons manqué de lucidité. Nous n’avons pas assez expliqué qu’un remake de 2002 était peu probable. L’OPA sarkozienne sur l’idéologie facho ne pouvait que faire reculer l’extrême droite. C’est une évidence : l’UMP se taille une belle part du marché électoral FN !
Le hold-up de Nicolas Hulot sur le contenu du programme des Verts a fini de nous achever. Nos idées forces ont été diluées dans les programmes de tous les candidats. L’environnement devenant un simple supplément de programme, une touche verte, compatible avec toutes idéologies dont le libéralisme. Et ce n’est pas le candidat altermondialiste qui avec ses 1,3% nous a porté ombrage.
Au cours de cette campagne nous n’avons pas su affirmer la spécificité du projet des Verts.
Il n’y a pas d’écologie sans remettre l’humain au centre des préoccupations économiques et notamment au cœur du processus productif. Cette crise offre l’opportunité de réaffirmer nos valeurs propres : anti-productivisme, vision globale, responsabilité, lutte contre la sur-consommation et la centralité de la valeur travail. Il s’agit pour les Verts de se démarquer s’ils veulent conserver une chance d’exister.
Hélas, Dominique Voynet, s’est empressée de clamer  » sans ambiguïté  » qu’elle  » voterait Ségoène Royal « .  Bien sur, c’est évident ! Mais un ralliement aussi rapide et sans condition sonne comme un véritable aveu. Les Verts n’apparaissent plus porteurs d’un autre projet de société que celui d’une social-démocratie verdie. S’ils plongent dans le giron du grand frère au premier coup de tonner, à quoi bon défendre leur autonomie ? Résolument : changeons de cap.
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