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Le triathlon désastreux de Paris 2024

Fiasco démocratique, économique et écologique : Paris, entêtée à accueillir les Jeux Olympiques de 2024, est sur le point de remporter un triste triathlon.

Démocratie : zéro pointé

La candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024 a été l’occasion d’une intense et coûteuse campagne de matraquage médiatique, sans faire l’objet d’aucune consultation des habitantes et des habitant-e-s. Et pourtant, ces dernier-e-s sont ceux qui subiront les nuisances liées aux travaux, à l’afflux de touristes et à l’augmentation des loyers en centre-ville, et qui paieront l’addition. Bien que soutenue par un front politique allant de Pécresse à Hidalgo, et du Parti communiste à En Marche, ne nous y trompons pas : le processus est quasi-soviétique. Encore plus loin, le CIO va faire voter une loi olympique pendant les JO, qui sera une norme d’exception, suspendant les droits sociaux, environnementaux et de propriété intellectuelle et plaçant la France dans une situation de quasi-colonie.

Une gabegie économique et écologique

Fiasco sur le plan démocratique, fiasco annoncé sur le plan économique, les JO ne promettent sur le plan environnemental que le greenwashing habituels des grands projets inutiles et un cortège de dettes écologiques.

Un festival de grands projets inutiles

Ici, un stade de nautique de 7 hectares à Saint-Denis dans un département qui manque de bassins écoles et dont la moitié des collégien-ne-s aujourd’hui ne sait pas nager. Là, une extension de l’artificialisation des sols au détriment du parc de Bercy, dans une zone stratégique en cas de crue de la Seine, pour complaire à la folie des grandeurs de l’AccorHotels Arena © qui peine pourtant déjà à se remplir. Au moment où les pouvoirs publics reculent sur les acquis sociaux et réduisent les aides aux ménages les plus modestes sous prétexte de vertu économique, il est pour le moins scandaleux que la France s’engage dans des dépenses aussi pharaoniques que superflues et néfastes pour l’écologie.

Une machine à cash ruineuse pour les habitant-e-s

« Paris 2024 », ce n’est que la forme la plus attractive de la marchandisation de notre territoire, où la vraie compétition n’est pas tant sportive que commerciale. Le CIO lui-même est avant tout une immense machine à cash qui laisse la facture aux villes hôtes. Montréal a mis 30 ans à rembourser la dette, la Grèce supporte encore les stigmates des Jeux d’Athènes, Rio de Janeiro est ruinée et les populations poussées loin de la ville par la spéculation immobilière. Quant à Sydney, seule ville à avoir audité les conséquences économiques des Jeux, elle affiche des indicateurs désespérément rouges.

Paris Bnb, ce n’est pas notre ville !

Notre place d’écologistes est donc aux côtés de tous les mouvements citoyens et locaux, en première ligne pour faire face aux pressions de toutes sortes, publicitaires ou politiques, en première ligne aussi pour proposer une autre vision de la ville et des territoires : Charles de Gaulle Express, Air Bnb, Coca Cola, tourisme de masse, surconsommation, compétition à l’infini ne sont pas un horizon indépassable. Ces concepts n’incarnent pas la ville du futur, mais celle que l’écologie souhaite reléguer aux oubliettes.