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Lettre ouverte aux écologistes parisiens

Paris, le 13 mars 2013

Chères amies, chers amis,

 

Si j’ai souhaité m’adresser à vous un peu longuement c’est que j’ai le sentiment que le moment est venu de vous préciser mes intentions, avec franchise et clarté.

 

Vous le savez, et je n’en fais pas mystère, j’ai fait part de ma disponibilité pour conduire la liste des écologistes aux élections municipales à Paris en 2014. Il y a maintenant deux ans, à la question d’une journaliste me demandant si je serais tête de liste aux prochaines municipales, j’ai répondu : « si les militantes et militants écologistes me font confiance, c’est avec plaisir que je les représenterai ».

 

Les adhérent-e-s EELV réunis en Assemblée générale ont décidé de désigner leurs représentant-e-s, têtes de liste à Paris et dans les arrondissements, avant l’été. Aussi, je pense qu’il est temps d’associer, dès maintenant, l’ensemble des adhérent-e-s d’Europe écologie-Les Verts à la réflexion sur les décisions qui vont être prises pour l’avenir de notre mouvement à Paris.

 

Il m’a donc semblé juste, dans cette période, de vous faire part de mon état d’esprit et de mieux vous expliquer ma démarche.

 

Depuis, que j’ai annoncé ma disponibilité à la journaliste qui m’interrogeait, mon opinion n’a pas changé. Elle a simplement mûri, s’est affinée, précisée. Il s’agissait pour moi de montrer que le travail réalisé dans le 2e arrondissement depuis plus de 10 ans pouvait très utilement être étendu à l’ensemble de Paris. Mais aussi de prouver qu’un élu écologiste ne se défausse pas de ses responsabilités et que ce qu’il croit bon pour les habitants d’un territoire l’est aussi pour ceux qui vivent au-delà. « Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous », disait André Gorz.

 

Au quotidien, je travaille avec cette idée en tête : les décisions que je prends pour le 2e arrondissement sont-elles justes, aussi, pour l’ensemble de Paris, si elles devaient s’appliquer à toute la capitale et au-delà ?

 

Aujourd’hui, j’ai la conviction que malgré les obstacles et les probables difficultés, il est possible à Paris, comme cela a été fait dans le 2e arrondissement, de mettre en place le bio dans tous les restaurants scolaires, de donner plus de place aux piétons, aux vélos et aux circulations non polluantes, de faire vivre une démocratie de proximité réellement participative, de planter des arbres et créer des espaces verts, de promouvoir un urbanisme contemporain qui respecte notre patrimoine architectural et naturel. Tout cela en s’ouvrant vers les communes limitrophes car la politique parisienne ne peut plus uniquement se concevoir à l’intérieur du périphérique.

 

Aussi, après y avoir mûrement réfléchi, c’est avec enthousiasme et, je l’avoue, avec un peu d’appréhension face à la grandeur de la tâche, que je m’apprête à vous solliciter, dans le cadre des règles définies par notre mouvement, afin que vous m’accordiez votre confiance pour vous représenter aux élections municipales de 2014.

 

La candidature que je souhaite incarner est celle d’un militant écologiste parisien. Un écologiste militant qui exerce depuis 2001 des responsabilités de maire d’arrondissement à Paris. Un écologiste qui réside là où il exerce ses responsabilités, qui a choisi de continuer à mener une activité professionnelle pour vivre comme tout le monde, qui, ayant refusé le privilège accordé aux maires d’un chauffeur et d’une voiture, se déplace essentiellement à vélo et en métro… Et un élu qui, sans fausse modestie, peut se targuer de quelques belles réussites.

 

Bien sur, il ne s’agit pas ici de donner à lire un bilan de mon action et de celle des élu-e-s écologistes qui, à mes côtés, ont travaillé à considérablement améliorer la vie dans le 2e arrondissement.

 

Pourtant, il n’était pas évident pour nous – minoritaires au sein d’une majorité « PS-Verts » – de mettre en œuvre nos engagements. Mais c’est avec acharnement et conviction que nous avons agi, chaque jour, pour convaincre nos partenaires et, peu à peu, changer notre petit bout de planète, cette portion de Paris qu’est le 2e arrondissement.

 

Aujourd’hui les habitants que je croise me le disent : on vit mieux qu’il y a douze ans. Bien sur, j’ai conscience que beaucoup reste à faire. Changer la vie est un processus long et continu qui doit toujours être renouvelé et amélioré. De plus, nous ne pouvons pas tout faire. De nombreuses décisions se prennent à l’Hôtel de Ville ou ailleurs dans les institutions de l’Etat.

 

Mais faire évoluer les choses, nous l’avons fait là où c’était possible. Nous n’avons pas ménagé nos efforts. Nous avons multiplié par quatre le nombre de logements sociaux, doublé le nombre de berceaux en crèches, réduit la place la voiture, soutenu la transition de l’activité du Sentier du textile de gros vers un écosystème d’entreprises de l’économie numérique. Un vaste programme d’amélioration de l’habitat a été lancé, car le 2e arrondissement comporte un très important parc d’immeubles dégradés, et il ne s’agissait ni de chasser les catégories très populaires qu’il abrite, ni de les laisser vivre dans des conditions parfois insalubres et dangereuses. Et, j’en suis particulièrement fier, nous avons introduit le bio dans les restaurants scolaires et libéré la parole des habitants en facilitant leurs initiatives au sein des conseils de quartier…

 

Et parce qu’en temps de crise, la culture et l’art sont plus que jamais indispensables pour créer du lien et vivre ensemble, nous avons régulièrement donné carte blanche à des artistes, des chercheurs, des intellectuels pour qu’ils rencontrent leur public et nous transmettent leur regard, leurs analyses, leurs convictions.

 

En me réélisant avec 68% des voix au second tour des municipales en 2008, les habitants du 2e arrondissement m’ont dit leur satisfaction et leur confiance.

 

Bien entendu, je sais que ces réussites ne peuvent pas être simplement reproduites et étendues à l’échelle de Paris pour se transformer spontanément en réussites plus grandes ! Paris, capitale de la France, est une ville-monde dont l’importance n’est plus à démontrer et où les responsabilités croisées entre l’Etat, la région et la municipalité et le département rendent les décisions encore plus complexes et souvent plus longues et difficiles à mettre en œuvre.

 

De plus, les budgets sont désormais très contraints. Et l’importance prise par le fait métropolitain est un élément majeur à prendre en compte ; Paris ne peut plus prendre de décisions en ignorant sa périphérie.

 

Mais Paris doit et peut aller plus loin. La Ville Lumière s’est un peu éteinte lors de cette deuxième mandature à majorité socialiste. Face aux enjeux de la transition écologique, de grandes ambitions sont nécessaires. Mais pour les mettre en œuvre, il nous faut mettre en mouvement la société parisienne avec l’ensemble de ses forces vives citoyennes, associatives, économiques, culturelles, intellectuelles.

 

Pour cela, il nous faut collectivement construire un projet qui réponde à cette question fondamentale : quelle ville-métropole voulons nous pour demain ? Une ville qui continue à construire des tours toujours plus hautes ou une ville qui entame sa transition énergétique ? Une ville qui s’inscrit exclusivement dans la compétition des capitales internationales ou une ville qui prend soin de tous ses habitants et de ses multiples activités ? Une ville qui donne sa place à chacun ou une ville où le logement toujours plus cher rejette encore plus loin les familles aux revenus moyens ? Une ville où l’on respire ou une ville dans laquelle, plus d’un jour sur deux, la mauvaise qualité de l’air dépasse les seuils d’alerte ?

 

C’est ensemble que je vous invite à élaborer des réponses concrètes à ces interrogations. A travers les projets que nous formulerons, et que nous mettrons en débat devant l’ensemble des Parisiennes et des Parisiens, nous pourrons redonner à chacun une place au cœur de notre agglomération et sereinement envisager notre futur, dans le cadre d’une ville en transition qui s’engage pour l’avenir de la planète, ici et maintenant.

 

Voici, les quelques mots que je voulais vous dire. Ils sont destinés à poser le débat. Le choix du projet doit primer sur celui des personnes. Mais le choix des personnes est aussi une dynamique, un symbole, de ce que l’on veut pour Paris.

 

Retrouver une autre façon de faire de la politique, redonner goût à l’action, transmettre l’envie de s’engager et le plaisir de militer pour l’avenir de la métropole… c’est la méthode que je souhaite proposer, avec vous, aux Parisiennes et Parisiens.

 

Je compte vous y associer, je compte sur vous.

 

Amitiés,

 

Jacques Boutault

 

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