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Tous ensemble pour un Paris écologiste et solidaire !

Contribution – Quel bilan, quel programme, quelle stratégie pour les municipales de 2014 ? Alors que les écologistes lyonnais viennent de décider de s’autonomiser par rapport au parti socialiste, quelle stratégie les parisiens vont-ils adopter ?

Les Parisiens n’ont pas besoin de tours ni de stades de rugby ou de musées supplémentaires, ils veulent, vivre dans une ville où la pollution ne met pas leur santé en danger. Ils veulent une démocratie participative libre, des investissements dans les logements plutôt que les bureaux, plus de places en crèches et des transports en communs fiables, fréquents, réguliers. Ils veulent une ville sans exclusion et qui s’adapte aux enjeux du dérèglement climatique. Pour défendre notre projet, l’autonomie est désormais une nécessité.

Alors que nous sommes désormais, partout en France, en responsabilité avec le parti socialiste, dans les exécutifs locaux comme au gouvernement, et qu’à Paris les élections municipales se préparent, plusieurs questions se posent : est-ce bien de cette gauche là que nous voulons ? Comment concilier notre participation au pouvoir et notre contestation des aspects injustes et productivistes de la politique socialiste ?

En responsabilité depuis 12 ans à Paris, les écologistes ont contribué à transformer (certes insuffisamment), la capitale et mis en œuvre de nombreuses innovations politiques. Le 2e arrondissement a même souvent été considéré comme une vitrine de ce que peut être une politique écologiste adaptée à un centre urbain dense. Dans les arrondissements et au Conseil de Paris, par leur participation aux exécutifs, leurs propositions, leurs actions, leurs mobilisations, les élu-e-s et militant-e-s écologistes ont pesé de tout leur (trop maigre) poids sur les décisions politiques. Parfois avec succès. Parfois sans être entendus. Souvent ils ont vu leurs idées récupérées, dépecées, vidées de leur substance puis mises en œuvre sous l’estampille socialiste. En effet, si la majorité des innovations urbaines de notre ville ont été inspirées par les écologistes, leur réalisation s’est souvent avérée décevante, déclinant sur ton mineur notre ambition d’une ville en transition.

 

Nos idées reprises puis édulcorées

De tout cela, il conviendra de tirer un bilan plus précis. Mais d’ores et déjà, force est de reconnaître que celui-ci est mitigé. Certes, nous pouvons être fiers de certaines réalisations : bio dans les cantines (hélas certains arrondissement de droite mais aussi de gauche y sont réticents), diminution de la place de la voiture (certes insuffisante) couloirs de bus, promotion du vélo, aménagements de voiries, diminution de la pub, plan climat, création d’espaces verts, panneaux photovoltaïques, places en crèche, accessibilité handicapé, innovations culturelles… Peu écoutés mais influents tout de même, les écologistes ont la plupart du temps été les initiateurs de nombreuses innovations.

Ajoutons à cela que avons participé et accompagné beaucoup d’avancées compatibles avec le projet écologiste : hébergement d’urgence, lutte contre l’insalubrité, mise sous conditions des aides sociales, politique senior du maintien à domicile, mineurs étrangers isolés (qui relève de la responsabilité de l’Etat), encouragement à l’ESS, préfiguration de salles se consommation à moindre risque, créations de logements sociaux (malgré le manque de PLUS et une trop grande opacité dans les attributions dans certains arrondissements y compris de gauche), etc.

En revanche, force est de constater que d’autres actions ont été imposées contre notre gré par la majorité socialiste, comme la destruction-reconstruction du stade Jean Bouin, les modifications à répétition du PLU pour plus de bureaux, des tours et moins d’espace verts (Batignolles, porte de la Chapelle, Massena, Charenton…) la construction du musée LVMH dans le bois de Boulogne, le saccage programmé des serres d’Auteuil pour agrandir Roland Garros, le financement de la salle philharmonique à la place de l’Etat, la Canopée des Halles (pour y accueillir encore plus de commerces) et le projet de tour Triangle (contradictoire avec le plan climat, enlaidissant le paysage, accroissant les déplacements domicile-travail de banlieue à Paris)…

Sur tous ces sujets – en particulier les sujets d’urbanisme -, nous avons été ignorés, comme d’ailleurs les citoyens et les associations de riverains qui ont été bâillonnés. La démocratie participative est devenu un simple alibi démocratique. Les conseils de quartiers, sous contrôles, n’ont pu jouer leur rôle de contre pouvoir.

 

Un nouveau défi

Dans ce contexte, la période politique qui s’ouvre, nous pose un nouveau défi. Notre travail, consiste à expliquer quels sont les succès, les insuffisances, les échecs. Nous devrons ensuite indiquer le chemin que nous voulons dessiner pour l’avenir de la Capitale.

La route à suivre ne doit pas être celle du repli sur soit et de la fermeture. Nous devons être en capacité de rassembler tous les écologistes, les associations et les Parisiennes et Parisiens qui veulent un vrai changement et qui pensent que la transition écologique est le moteur de ce changement.

Pour cela, il est impératif que Paris change d’échelle, pense global et agisse prioritairement avec les communes voisines pour entamer la transition écolo de la métropole. A ce sujet, les contradictions du pouvoir socialiste dans le dossier Paris métropole sont flagrantes. Les grands principes sont affichés : la solidarité avec les communes voisines. Mais dans le même temps il refuse la péréquation financière et raisonne encore à l’intérieur du périphérique en y logeant au chausse pieds tous les grands projets (Roland Garros, Musée MVLH, …).

Après plus de dix ans de travail en commun, force est de constater que l’écologie n’est pas soluble dans la social-démocratie. Nous sommes alliés, certains de nos projets (pas tous) sont compatibles mais nous restons indépendants, fidèles à nos valeurs, tout autant déterminés à convaincre de la pertinence des idées de l’écologie comme alternative politique. Il est donc nécessaire d’opérer, un changement de cap pour dessiner le Paris que nous voulons demain et entamer l’indispensable transition écologique de notre ville et de la métropole.

 

Pour une rupture démocratique

Poursuivre, tout en entamant la transition écologique, implique une rupture. Pour autant, il est trop tard pour entamer une rupture de crise. Nous avons voté tous les budgets municipaux et il pourrait paraître tacticiens et calculateurs de sortir de la majorité municipale quelques mois avant l’élection.

Les Parisien-nne-s on parfaitement compris, après 2001 et 2008, que les écologistes se présentaient de façon autonome et cherchaient ensuite, à l’issue du premier tour,  dans le cadre d’une alliance programmatique, un accord avec les forces de gauche pour gouverner ensemble, malgré les divergences d’analyse. S’agissant d’une élection proportionnelle à deux tours, où battre la droite reste une priorité, cette attitude responsable et pragmatique est parfaitement bien comprise. Changer de tactique aujourd’hui susciterait de l’incompréhension et participerait à rendre invisible l’écologie politique.

Dès lors, nous préconisons une rupture démocratique. L’occasion d’un scrutin électoral nous est donné qui permet d’affirmer nos singularités, de défendre notre vision de l’avenir, nos valeurs propres, notre projet. Nous ne devons pas passer à côté. Au risque de ne pouvoir ni défendre nos convictions, ni revendiquer nos conquêtes et d’être pour longtemps encore submergés par la social-démocrate mole, accompagnant la crise plutôt que cherchant des solutions alternatives.

Alors, est-ce bien de cette gauche là que nous voulons ? De la gauche qui à Notre-Dame des Landes bétonne pour créer un aéroport. De la gauche qui à Paris bâti des tours et dilapide l’argent public dans des grands projets inutiles alors que les besoins sociaux et d’adaptation sont criants.

Les Parisiens n’ont pas besoin de tours ni de stades de rugby ou de musées supplémentaires, ils veulent, vivre dans une ville où la pollution ne met pas leur santé en danger. Ils veulent plus de démocratie (à savoir être entendus), des investissements dans les logements plutôt que les bureaux, les places en crèches et des transports en communs fiables, fréquents, réguliers. Ils veulent une ville sans exclusion et qui s’adapte aux enjeux du dérèglement climatique. Une ville plus saine, égalitaire, solidaire et tournée vers l’avenir.

C’est cette rupture démocratique que nous devons envisager. Pour cela nous devons, dès maintenant, au delà des courants nationaux, rassembler tous les écologistes – éluEs, militantEs, adhérentEs, coopérateurs-trices – qui veulent participer au changement autour d’une écologie radicale et responsable et les inviter à construire, ensemble, le projet pour 2014. Le projet d’une ville apte à relever les défis du 21e siècle.

 

 

 

 

 

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