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EELV Paris : un Forum de rentrée très prometteur

Les coopérateurs-trices le matin, les adhérentEs l’après midi. Le samedi 15 septembre a été une journée de réflexion bien chargée pour les militants écologistes parisiens. Le bureau exécutif invitait les adhérentEs et coopérateurs-trices à faire le point sur la situation et à tracer des perspectives. Celles et ceux qui, malgré le beau temps, se sont tassés dans la salle des expositions de la mairie du 2e n’ont pas regretté cette petite offense faite au soleil. La richesse des débats a compensé la frustration.

Le matin, avec Fabienne Giboudeaux (adjointe au maire de Paris chargée des espaces verts), les participantEs, les coopératrices et coopérateurs, ont réfléchi à la façon de « mettre du vert dans la ville » (tel était le thème du débat). En présence d’associations comme Domotek, l’association végétarienne de France, Dédale ou la cellule guerrilla gardening les idées ont fusé. Une fête de l’écologie est en gestation.

L’après midi, il faisait toujours soleil. Et la salle était encore plus pleine ! Il a fallu rajouter des chaises et se serrer un peu pour accueillir tout le monde. A l’invitation du secrétaire du BE, Hervé Morel, le co-président du groupe des écologistes au Conseil de Paris a lancé le débat, en mettant d’emblée les pieds dans le plat. La situation politique dans la majorité municipale parisienne et le contexte national justifient-ils ou non des listes communes avec le PS au premier tour des élections municipales de 2014 ?

Le choix de la stratégie municipale doit être analysé avec soin. C’est ce à quoi se sont efforcés les intervenantEs, dans une ambiance studieuse et conviviale. Alors que le PS vient de mettre sur orbite la candidature d’Anne Hidalgo et que celle-ci a proposé des primaires à gauche, comment se positionne-t-on ? « Parler de primaires sans savoir où l’on va c’est mettre la charrue avant les bœufs », a-t-il été répondu. « L’actuelle première adjointe veut promouvoir sa personne sans qu’on sache ce qu’elle défend pour Paris. Des projets pharaoniques comme la tour triangle Porte de Versailles ? Le saccage des serres d’Auteuil au profit du sport business ? L’instrumentalisation de la concertation, comme cela se pratique aux Halles et ailleurs ?».

Dans la salle, les écologistes des arrondissements parisiens où le PS est passé au premier tour en 2008 (et qui donc n’ont pas d’élu-e-s) – dans les 3e, 11e et 19e arrondissements – ont expliqué que des listes autonomes les avaient pénalisé sévèrement, pour tout aussitôt analyser : « La situation en 2014 va être radicalement différente. Anne Hidalgo n’est pas Delanoë. Le contexte national a changé, les socialistes auront subi l’usure de 2 ans de pouvoir. Difficile de croire que le PS aura la majorité tout seul. Surtout si le FdG se présente (il était en liste commune avec le PS en 2008) ».

D’autres intervenantEs ont plus prosaïquement rappelé leur attachement viscéral à l’autonomie de l’écologie politique : « Des listes communes ? C’est s’enfoncer, ne plus exister ». En outre, les Parisiens ont bien compris le principe des élections municipales. Le premier tour fonctionnant comme une véritable primaire puisque le (ou la) candidatE de gauche le/la mieux placé-e est rallié-e par les autres candidatEs de gauche au 2e tour. Ce sera le cas du (ou de la) candidat-e écolo s’il/elle est devancé-e par le PS. Et inversement !

Mais cette alliance du second tour implique d’ores et déjà de réfléchir à ce que nous ferons lorsque nous serons élus. Alors, comment on construit notre projet ? Selon quel calendrier ? Quelles seront nos priorités ? Là encore les idées ont fusé de toute part.

Difficile de tout résumer. Construire notre projet doit être pour nous l’occasion de créer du débat, de donner envie, de projeter une vision de la ville écologique. Pour cela, nous devons nous appuyer sur les mouvements associatifs et citoyens. Ceux qui travaillent sur les jardins partagés, les Amap, les monnaies locales, l’habitat coopératif et toutes les initiatives citoyennes qui s’inscrivent dans le mouvement des villes en transition.

Mais cela ne suffira pas, bien entendu. Car nous devons aussi nous adresser à la société, aux Parisiennes et Parisiens, pris dans leur quotidien. Nous devons leur parler et parler aussi aux familles monoparentales nombreuses dans les arrondissements de l’est parisien pour leur dire que l’écologie apporte des réponses à leur galère quotidienne. A tous, il faut expliquer comment il est possible de vivre mieux ici et maintenant. Vivre mieux avec des transports en communs plus accessibles, fréquents et réguliers. Vivre mieux dans une ville moins polluée (interdite au diesel ?), avec des logements plus abordables, dans un environnement solidaire et un espace public qui conserve des espaces de gratuité. Cette ambition nous oblige à penser l’avenir de Paris, et la solidarité parisienne, au delà du périphérique. Nous devons donc nous engager dans le débat sur la réforme territoriale, pour notamment, bâtir l’indispensable intercommunalité des 20 arrondissements parisiens avec les communes limitrophes.

Un peu de méthode ? Des conventions se sont déjà tenues à l’initiative du BE parisien sur la santé, le périphérique. D’autres suivront. Sont d’ores et déjà envisagées des conventions sur l’économie et le logement. De nouvelles sont à prévoir. Elles viendront nourrir un programme qui devra être travaillé pour en faire ressortir les trois ou quatre faits saillants sur lesquels nous ferons campagne.

Au printemps 2013 les écologistes parisiens sont amenés à revoir la composition de leurs instances. L’assemblée générale sera aussi un temps d’élaboration collective. Nous déciderons alors, ou à l’automne au plus tard, de notre stratégie, de notre programme et du choix de nos candiat-e-s à Paris et dans les arrondissements.

D’ici cette échéance, dans les groupes locaux et au Conseil parisien, nous devons poursuivre le travail pour faire gagner l’écologie à Paris.

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