Un budget 2012 ambitieux malgré des dépenses de prestiges au détriment de l’emploi

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Les écologistes approuvent les orientations majeures et voteront le budget parisien. Ils regrettent cependant que des aménagements onéreux soient préférés à une politique dynamique du personnel aujourd’hui insuffisamment attentive aux conditions de travail et à l’amélioration du service rendu aux Parisiennes et Parisiens.

Nous n’ignorons rien de la grave crise financière que nous vivons et de ses conséquences dont la première pour notre ville est le désengagement de l’Etat de ses responsabilités sociales et éducatives à l’égard de notre collectivité.

Nous nous félicitons que, dans ce contexte, l’effort de la ville se poursuivre en matière sociale et de solidarité, ainsi qu’en matière de logement social., bien que le compte foncier pourrait être plus fortement abondé. Nous nous réjouissons par ailleurs que le plan climat soit correctement doté.

Il nous faut pourtant souligner ce qui nous apparaît comme le principal point faible de ce budget : la politique d’emploi et du personnel.

Car si l’Etat se désengage, et dans le cadre de ses responsabilités ne remplace plus un fonctionnaire sur deux, Paris ne donne pas toujours le bon exemple.

Notre collectivité poursuit une politique active d’investissements destinée à améliorer le cadre de vie des Parisiens et mieux répondre à leurs attentes. Mais le fonctionnement de ces nouveaux équipements ne peut être assuré à effectif constant. La limite du redéploiement semble atteinte.

La question du gel des effectifs qui a été décidé, sans concertation au sein de notre majorité, mérite à nouveau d’être posée. Ce parti pris interdit toute nouvelle création de postes, y compris dans les nouveaux équipements. Les effectifs de ses derniers sont constitués uniquement par redéploiement. C’est à dire par la suppression de postes équivalente dans d’autres services de la Ville ou du département.

Résultat, comme le mentionne le rapport social de la Ville, le nombre global d’agents n’a pas seulement stagné depuis 2008, il a régressé de 245 postes. Une telle politique ne nous semble pas à terme tenable ni pour les personnels, ni pour les ParisienNEs.

Il y a peut-être des services où la Ville de Paris peut encore améliorer son efficacité, mais l’amaigrissement actuel à marche forcée doit être revu.

Car ce dogme de la stabilisation des effectifs ne va pas sans poser de problème, tant en terme de conditions de travail que de qualité des services rendus aux Parisiennes et Parisiens.

C’est pourquoi nous réitérons notre suggérons d’exclure du périmètre des redéploiements les besoins en emplois générés par l’ouverture de tout nouvel équipement.

La stabilité des effectifs doit s’entendre à périmètre égal. Ouvrir de nouveaux équipements et offrir de nouveaux services nécessitent le recrutement d’un personnel spécialisé et diplômé, pas de personnes qui se voient, parfois contre leur gré, changées d’affectation.

Nous avons bien noté dans le budget 2012, les 194 emplois nouveaux dans le domaine de la Petite enfance et quelque 32 emplois dans les bibliothèques et médiathèque, 26 dans les équipements sportifs et 25 dans les Espaces verts. Mais il ne s’agit pas ici de créations mais de simples redéploiements. C’est insuffisant au regard du milliard et demi que nous investissons annuellement dans de nouveaux équipements et en aménagements.

Nous enregistrons aussi avec satisfaction la titularisation de 60 animateurs, même si nous regrettons que les animateurs des conseils des jeunes se voient imposer un périmètre de travail comprenant de plus en plus d’arrondissements. Nous sommes également satisfaits de la réforme de la catégorie B (qui va permettre la promotion pour 4 000 agents) et l’accès de plus de 800 agents de la catégorie C vers la catégorie B

Il n’en reste pas moins que d’une façon générale, le personnel travaille dans des conditions de plus en plus difficiles. La tension est palpable dans certains services : la propreté, les espaces verts, en mairie d’arrondissement où, par exemple, nous sommes contraint dans le 2e arrondissement de travailler avec près de 20% de personnel vacataire en emploi aidé afin de pouvoir maintenir une bonne qualité d’accueil et de prestations. En mairie, seul le recours aux emplois aidés pour la gestion du site internet, l’accueil des demandeurs de logement ou la permanence du secrétariat permet d’assurer cette continuité du service public municipal.

Rien d’étonnant dans ce contexte à ce que le taux global d’absence des agents parisiens soit élevé et atteigne près de 12%. Cet indicateur montre bien qu’un certain ras-le-bol gagne progressivement le personnel.

Cette dégradation des conditions de travail se traduit aussi par la persistance d’un nombre toujours trop élevé d’accidents du travail.

Un malaise du personnel que souligne aussi l’augmentation du taux de départ de volontaire à la retraite, en hausse de 13% par rapport à l’année précédente et que confirment par ailleurs les 14% de demande de mise en disponibilité, pointant ainsi la volonté de changer de vie exprimée par un grand nombre d’agents.

Nous sommes conscients que ce budget n’est pas facile. Et, nous l’avons dit, le désengagement continue de l’Etat ainsi que la mise en place de la péréquation rend l’exercice particulièrement compliqué. Néanmoins, nous souhaitons que Paris face aussi preuve de responsabilité en maintenant les effectifs d’ASEM dans les écoles maternelle, ainsi que le nombre de personnels médicaux et sociaux de la Dases dans les lycées municipaux. Ces élèves, souvent les plus défavorisés, n’ont pas à subir les conséquences du désengagement de l’Etat en ce domaine.

De la même manière, il est primordial que notre collectivité soit en mesure de faire respecter ses propres règlements notamment ses nouveaux textes portant sur le règlement local de publicité  et le règlement des terrasses et étalages, dont la bonne application est très attendue par les Parisiens. L’effectif affecté aux missions de contrôle sur le terrain de la bonne application de nos textes est bien trop restreint pour une ville comme Paris. De même, si  beaucoup d’efforts sont fait pour améliorer la propreté des rues, à défaut agents verbalisateurs permettant de rappeler que ne pas salir c’est mieux, nous  risquons vite une régression en ce domaine.

Financer cette politique raisonnable de l’emploi n’est pas impossible.

En matière de priorités budgétaires et d’investissement, vous le savez et nous le répétons souvent, certaines dépenses nous paraissent inopportunes : la démolition-reconstruction du stade Jean Bouin, les 150 millions d’investissement destinés à aider le projet gouvernemental de la salle Philharmonique. Le chantier des Halles, dont le volet réaménagement du pôle transport est indispensable, mais dont le projet de Canopée nous semble un luxe inutile. Sans parler de Roland Garros (un cadeau de 20 millions à la FFT) et Autolib’ (alors que développer l’autopartage n’aurait rien couté en infrastructures). Citons encore l’aménagement prestigieux et donc onéreux des berges de Seine, même si bien entendu nous soutenons sans réserve le principe de sa réappropriation par les Parisiens, les écologistes ayant été à l’origine de cette idée.

Vous l’avez compris, Monsieur le Maire, si les écologistes approuvent votre politique dans ses orientations majeures et voteront le budget, ils regrettent que les aménagements de prestiges soient préférés à une politique des dynamique des ressources humaines aujourd’hui insuffisamment attentive aux conditions de travail et à l’amélioration du service rendu aux Parisiennes et Parisiens.

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