#Retraites : face à l’obstination…

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Tout le monde a envie de sauver sa retraite. Tout le monde ne fait pas grève mais tout le monde aimerait bien. Malgré les désagréments du mouvement une grande majorité souhaite le retrait de la réforme.  

Faire gréve ? Pour des multiples raisons, le passage à l’acte est difficile. Dans une société individualisée se mettre en grève peut avoir des conséquences sur la vie professionnelle, en plus d’être un manque à gagner, pour une victoire hypothétique.

Pour marquer l’opinion et faire comprendre au gouvernement ce que les circonstances ne lui permettent pas de comprendre, il faut décréter une journée de grève générale massive. Et si ça ne suffit pas, recommencer. 

Souvent la résignation l’emporte

Aujourd’hui, dans le privé la mobilisation se limite aux militants. Les causes sont multiples. On les connaît. Boucler les fins de mois est déjà difficile. Aux prélèvements, sur des salaires déjà peu élevés, s’ajoute la crainte de se faire mal-voir, d’être par la suite entravé dans sa carrière, d’être le premier à perdre son poste en cas de réorganisation du travail…. Les contrats précaires sont légions et un intérimaire ne peut faire grève. Les représentations syndicales dans les petites structures sont peu existantes. Faire grève c’est aussi risqué de se faire mal voir par sa hiérarchie et ses collègues. Le management s’est individualisé et on fait parfois corps avec son entreprise. S’il y a beaucoup de colère, la résignation l’emporte.

Les Gilets jaunes sont majoritairement constitués de salariés du privé, sous-traitants de grandes marques, d’auto-entrepreneurs précarisés, de contrats précaires. Ils et elles ont porté leur colère en dehors de l’entreprise, Non pas en occupant leur atelier mais des ronds-points. Et en dehors du temps de travail, le samedi. Non pas pendant le travail mais le WE. Pour ne pas perdre de salaire. Pour ne pas être stigmatisés dans leur univers professionnel.

Une mobilisation sociale inédite depuis l’après-guerre

Deux mois de conflits, des manifs, des gestes spectaculaires et désespérés comme des avocats jetant leur robe à terre ou brulant des codes civils, des artistes de l’Opéra interprétant des cœurs et des danses pour protester, des vœux d’élu-es interrompus par des chants anti-macron, des ministres et le président de la République lui-même poursuivis dans la rue par des manifestants hostiles, des forces de l’ordre qui pratiquent une violence le plus souvent gratuite…. C’est du jamais vus depuis l’après guerre. Mais rien y fait.

Essayons donc le jour de grève général. Ce jour-là restons chez nous, n’allons pas au travail, massivement. Les forces politiques, syndicales, associatives, les collectifs, doivent lancer un appel au-delà de leur rangs, à tous les salariés du public et du privé, du tertiaire, à ceux des transports, de l’industrie, aux salariés du commerce, de l’éducation nationale, aux auto-entrepreneurs, aux professions libérales (avocats), aux étudiant-e-s, lycéens,  à ceux et celles qui bossent dans les médias. Toutes et tous cessons le travail , en même temps, massivement, une seule journée d’abord pour commencer. 

Macron ne bouge pas, continue de mépriser

Avec un score électoral de 24% au premier tour soit 76% d’opposition et alors même qu’il s’était engagé à préserver la retraite par répartition, le président Macron n’a aucune légitimité pour passer en force. Ce pouvoir est discrédité. L’épisode du refus de voter, à la demande de l’exécutif, les 12 jours de deuils pour enfants décédés montre bien que les députés LREM sont de simple Playmobile. La démocratie est en panne.

De leur côté, les intellectuels, les politiques, semblent aphones. On assiste à une forme de stupéfaction face l’autoritarisme des néolibéraux à imposer, y compris par le mensonge, y compris par la force policière, la mise à bas de notre protection sociale. Macron ne bouge pas, continue de nous mépriser. « Le chaos ou moi », semble-t-il dire. C’est grave. Bientôt les travailleurs seront accusés de faire le jeu de l’extrême droite.

Inventer de nouvelles formes d’action

Cette situation inédite nous met au défi de réinventer de nouvelles formes d’action. La société du spectacle étant désormais avérée, tout mouvement social doit se montrer spectaculaire pour franchir le mur du son médiatique. Nous récusons la violence comme étant l’un de ces moyens. Je ne discute pas se point. Ce n’est simplement pas une option.

Il ne faut pas non plus réinventer l’eau tiède mais trouver des formes d’action sociales spectaculaires efficaces est nécessaire. La grève générale fait partie de l’histoire du mouvement ouvrier. Elle a été souvent dure mais efficace car elle touche là où ça fait le plus mal aux riches et aux libéraux : au portefeuille. Elle bloque l’économie donc la création de richesses nécessaire au maintien du système capitaliste fondé sur l’accumulation. Mais étant donné qu’il n’y a plus de mouvement ouvrier, il n’y a plus de grève générale pouvant bloquer le flux d’approvisionnement, de fabrication, de diffusion, de retraitement.

Dans une situation où l’individualisme est à son apogée, les mouvements partis, associations, ONG favorables au retrait du projet de loi sur les retraites doivent se parler sur la base des principes de fonctionnement de l’Archipel (il n’y a pas de forme bureaucratique mais des partis, mouvements, associations, collectifs qui se mettent d’accord sur un point précis, sans exclusive du reste).

 

Le jour de grève général est arrivé !

Il s’agirait de s’entendre sur un jour de grève général. Une grève où personne ne sort de chez soit, même pas de manifs, on garde les enfants à la maison, ne fait pas les courses, n’écoute ni télé, ni radio de 8h à 20h. On confine. Seuls les secours fonctionnent. Choisissons plutôt un mercredi pour faciliter la garde des enfants à la maison. Et éviter l’effet WE prolongé en début ou fin de semaine.

Cette action collective d’un genre, où comme d’habitude, le nouveau ne fait que réinventer l’ancien, mais en l’inscrivant dans un autre contexte,  le  JGG, Jour de Grève Générale, devrait sonner comme un coup de semonce. Car si le pouvoir ne comprend pas le message, cette forme d’action une fois qu’elle a fonctionné peut  être réitérée avec une fréquence qui peut s’accroître en fonction de l’obstination du pouvoir.

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