Quand Larry Clark s’invite au déjeuner des maires d’arrondissement

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L’accord UMP-Delanoë n’en finit pas de faire des dégâts co-latéraux. Et si la cuisine est toujours savoureuse, l’ambiance des déjeuners mensuels des maires d’arrondissement de gauche était, jeudi dernier, carrément rance. Thème de la rencontre : la sécurité des Parisiens. Avant que Georges Sarre, invité pour l’occasion, ne nous lise ses 15 interminables feuillets, le maire de Paris avait tenu à faire deux mises au point, sur un ton encore plus courroucé que d’habitude. La première concernait les propos d’un maire d’arrondissement resté anonyme, parus dans la presse disant que ces déjeuners étaient parfaitement inutiles. L’autre concernait des allégations « mensongères » l’accusant d’avoir censuré l’exposition Larry Clark. Pour prouver sa bonne foi, le maire nous fait alors distribuer dans des pochettes jaunes les photos les plus crues montrées à l’expo, « celles que même la presse n’a pas osé montrer ». Mais pas de quoi vraiment couper l’appétit ! Un ado en érection, deux autres qui baisent, un autre qui se shoote. Quoi de plus banal pour un artiste dont l’objet est de rendre compte des adolescents marginaux ?

Lorsque le maire m’accorde enfin la parole, je lui précise que les Verts ne l’accusent pas d’être un censeur mais qu’ils pensent qu’un simple avertissement à l’entrée de l’expo aurait suffi. J’en profite aussi pour le détromper sur l’autre point : si je pensais que ces déjeuners ne servaient à rien, je n’aurais pas besoin, pour le dire, de me retrancher derrière l’anonymat. D’autant que je ne pense pas qu’ils ne servent à rien, ces déjeuners, car depuis le début de la mandature, je n’ai jamais eu la chance d’être reçu en tête à tête. « Je te recevrai quand tu me respecteras », me lance Bertrand. Je m’étonne. « Oui, quand tu écris  ‘Delanoë : le déshonneur de la politique’ ». Je corrige : non c’est l’idée que je me fais de la politique qui est déshonorée (par l’accord avec l’UMP), pas ta personne Bertrand. Mais le maire ne veut rien entendre. Et déjà, il se tourne vers Dominique Bertinotti, la maire du 4e arrondissement, proche de Ségolène Royal qui avait, elle aussi contesté l’interdiction aux mineurs de l’expo Larry Clark. Dans l’œil du maire, un soupçon.

2 réponses

  1. Normal qu’il ne faille pas montrer des jeunes qui se shootent et qui baisent.
    C’est réservé aux « artistes » et aux copains des amis de qui vous savez

  2. Merci de prendre position contre cette interdiction aux mineurs, d’un autre âge. Je me souviens d’une expo sur les avant-gardes à Beaubourg autrement plus trash, où l’avertissement permettait à tous de se faire une idée et de prendre ses responsabilités par rapport aux enfants. Je ne comprends pas le Maire de Paris…

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