Malgré la débâcle, l’envie demeure de construire un monde meilleur

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StopEtatUrgenceComme le monde, EELV est en crise. Déclin électoral, perte d’adhérent-e-s, finances en berne et image dégradée dans l’opinion. Comment redresser la barre ?

D’abord en dressant un constat lucide et sans concession du notre environnement et de notre mouvement à l’intérieur. Car plus encore que notre parti, le monde est en ruine. La nature est en voie de destruction avancée, les humains sont désespérés, meurtris. Le vivre ensemble s’étiole, les identités se crispent. Le mal vivre ronge les banlieues et les zones rurales isolées. Le préjugé racial se banalise. Le bruit de bottes se fait entendre partout dans le monde et le bruit des bombes résonne à nos oreilles, au Proche-Orient tous les jours, et à Paris de temps en temps.

Il n’y a pas de fatalité, il y a « simplement » un  manque de confiance en l’avenir, une perte de sens, un chômage de masse, des inégalités sans cesse plus grandes, des discriminations fortes. Les réponses à cette désespérance les écologistes les formulent à longueur de programmes et de tribunes. Pourquoi ne sont-ils pas entendus ?

A force de mettre les salariés en concurrence les uns contre les autres, la société capitaliste marchande a finit par mettre les citoyens en guerre les uns contre les autres. A force de s’accaparer les richesses de la nature pour les transformer en marchandises, le productivisme a détruit la planète et désagrégé des sociétés séculaires. Les réfugiés de Syrie et d’ailleurs fuient tout autant la guerre que ce qui l’a déclenchée : la raréfaction des ressources, conséquence des politiques coloniales de l’occident.

Comment s’étonner de l’individualisme exacerbé quand tout, dans le modèle de réussite sociale qu’on nous propose, nous fait croire que l’on peut s’en sortir seul (à force de volonté), que seules comptent les stratégies individuelles et que les pauvres ne sont que des « assistés » ?

Quand croit le péril, croit aussi ce qui sauve

Ce n’est pas l’écologie qui a échoué. Ce qui est en panne, c’est l’utopie des êtres humains à se considérer égaux en dépit de leurs différences, à partager équitablement, à préserver la planète.

Pourtant je veux croire encore à la force du collectif, comme y croient celles et ceux qui, impactés dans leur chair par les dégâts de la prédation capitaliste, s’engagent, inventent, résistent et se battent. Celles et ceux qui s’organisent et croient à l’écologie du quotidien, dans les ZAD ou les Amap, dans l’économie circulaire ou dans les mouvements de justice climatique.

En tant que responsables politiques, nous n’avons le droit ni de décevoir ni de désespérer. Nous devons faire face à nos responsabilités. Nous sommes tenus à l’exemplarité. La reconstruction d’une utopie collective réaliste est exigeante, compliquée, semée d’embuche, contrée par des adversaires puissants, fortunés, bien nés. Notre force : résister et agir en équité sur le temps long.

Nous avons trop longtemps édulcoré notre discours

D’un appareil fermé sur lui même ne voulons plus. Nous avons besoin d’un outil collectif inscrit dans une démarche transformatrice plus large pas d’un parti qui ne se réveille que pour les élections.

Le parti dont nous rêvons est d’abord un Mouvement c’est à dire un outil collectif en action. Le message – qui doit être un message d’espoir, parce que la situation est catastrophique – doit s’inventer, dans l’action, avec d’autres, avec ces femmes et ces hommes qui ne renoncent pas, se dépassent et parfois même sacrifient, leur confort ou leur carrière pour un combat plus grand qu’elles et eux.

Pour cela nous devons commencer par nous rapproprier notre le parti. Le Congrès de juin 2016 offre l’opportunité de construire une majorité d’idées, basée sur l’indépendance de l’écologie politique, l’autonomie contractuelle, l’éthique de responsabilité, l’ouverture vers la société et la rupture avec l’appareil PS.

Dans le même temps, nous devons revendiquer, sans complexes, des responsabilités politiques. La conquête démocratique des institutions, sur la base du radicalisme écologiste est possible ! Mais elle doit être pensée comme la conséquence, pas la finalité. Si nous ne savons plus convaincre ni susciter la confiance, indispensable pour nous voir confier des responsabilités par les électrices et les électeurs, c’est que nos idées et nos comportements ne sont pas en cohérence, donc pas crédibles.

Construire l’unité, retrouver la radicalité, convaincre la société

Nous avons trop longtemps édulcoré notre discours pour ne pas déplaire au grand frère socialiste à qui nous devons notre pouvoir (en oubliant qu’il ne l’a pas sans nous !). Mais ce n’est pas en voilant la radicalité de la pensée écologiste dans l’espoir de la rendre plus acceptable que nous gagnerons les cœurs, les esprits et les élections ! Au contraire : assumons la radicalité du discours écologiste. Soyons le monde que nous voulons voir venir.

Il nous faut donc, dans la période, agir pour un congrès utile. Ce congrès doit rassembler sur une plateforme commune les écologistes qui veulent construire l’unité de tous les anti-productivistes et s’insérer dans des mouvements qui dépassent le parti. Pour cela nous devons nous appuyer sur un socle d’orientation avec des objectifs à long terme et après un bilan sans concession. Si nous pensons qu’il faut « jouer le jeu » de la primaire, ce n’est pas pour supporter un-e candidat-e, mais pour apporter du contenu au débat et tenter de mettre la société en mouvement.

« L’humanité se joue dans la jonction entre l’action et la pensée », Comme l’écrit Cynthia Fleury dans Les irremplaçables, il n’y a pas de démocratie sans engagement individuel dans un cadre commun. C’est ce commun de l’écologie qu’il nous faut, avec d’autres réinventer.

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