Main basse sur la démocratie

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Par petites touches, de la réforme de la Constitution jusqu’au changement du mode de scrutin électoral, en passant par le redécoupage des circonscriptions, la tentative de prise de contrôle des médias publics et la mise sous tutelle de la justice, le Président de la République s’attaque aux fondements même de notre démocratie.

Petit à petit, méthodiquement, accompagné de discours flatteurs et de promesses jamais tenues (sauf lorsqu’elles concernent ses amis les riches), il construit un système où toute idée non conforme à la pensée dominante devient inaudible et inopérante. Tout comportement autonome ou différent de la norme est considéré comme déviant et est violemment réprimé. Nous semblons assister, impuissants, à notre mise sous contrôle. Peu à peu l’étau se referme. Nous seront bientôt sans possibilité d’expression ni de recours démocratiques. Jusqu’où allons nous laisser-faire  ?

Avec la réforme de la Constitution, le Président de la République avait déjà considérablement réduit les droits de l’opposition à l’Assemblée. Il a ensuite mis les chaînes publiques sous tutelle en nommant lui-même les présidents de l’audiovisuel public. En supprimant le juge d’instruction, il cherche maintenant à contrôler la justice. Son projet qui met gravement en péril la justice, constitue une dérive dangereuse pour les libertés.

Mais il va plus loin. Avec le nouveau découpage électoral, la première circonscription de Paris est démantelée – le 2e arrondissement est rattaché, sans aucune logique, aux 1er , 8e et 9e arrondissements, seul moyen semble-t-il, de la reprendre à la gauche et aux Verts. D’une façon générale, ce nouveau découpage est à ce point favorable à la droite, qu’il lui suffira désormais de 48,6% des suffrages aux législatives pour devenir majoritaire, en députés, à l’Assemblée Nationale.

Quant à la réforme des collectivités territoriales, elle a aussi vraiment de quoi inquiéter. Après avoir mis en place une commission dirigée par Edouard Balladur dont les conclusions n’étaient pas toujours dénuées d’intérêt, le Président a décidé de faire tout autre chose. Balladur proposait de simplifier le « mille feuille électoral » et en particulier de dépasser l’échelon départemental devenu moins pertinent à l’heure de l’Europe. En contre partie, il s’agissait de clarifier les compétences réciproques des communes et des régions. Les conclusions de ce rapport ont vite été oubliées. Qu’en reste-t-il ? Une simple réforme du mode de scrutin, inique et impensable. Pour la première fois en France, des élections à un seul tour vont être organisées, après bien sur que l’on ait pris la précaution de redessiner des cantons électifs pour ces nouveaux Conseillers territoriaux. En particulier, c’est la représentation politique des femmes qui est gravement menacée. Finie la parité mais aussi pluralité et la proportionnelle. Bonjour la bipolarisation de la vie politique et l’assèchement grave du débat et de la représentation démocratique.

Avec le projet du grand Paris, l’inquiétude monte encore d’un cran. La méthode est la même. Le Président fait d’abord semblant de consulter dix architectes de renom. Puis, après de belles déclarations et des félicitations à tour de bras, il jette les copies au panier et choisit d’imposer le projet, autoritaire et archaïque, de son ministre Christian Blanc.

Élaboré sans aucune concertation, ce projet prévoit la construction d’une boucle de métros souterrains qui, pour 35 milliards d’euros, desservira des zones lointaines et peu habitées de l’Ile de France (mais considérées comme économiquement stratégiques). Pour financer ce projet, une loi devrait être présentée à l’Assemblée qui enlève aux élus locaux tout pouvoir de décision. Dans un périmètre de 1,5 km autour des gares desservies par cette grande boucle, l’Etat pourra exproprier pour vendre des terrains auprès de promoteurs immobiliers, sans que les habitants et élus locaux n’aient leur mot à dire.

Cette recentralisation des pouvoirs entre quelques mains est contestée, y compris par des élus de droite attachés à la décentralisation et au respect de la démocratie.  Oui, l’instant est grave. Car c’est à une véritable spoliation démocratique de velours à laquelle nous assistons. Une première dans l’Histoire contemporaine de notre pays.

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