Les migrants premiers réfugiés climatiques

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Syrians fleeing the war pass through broken border fences and trenches to enter Turkish territory illegally, near the Turkish border crossing at Akcakale in Sanliurfa province on June 14, 2015. Turkey said it was taking measures to limit the flow of Syrian refugees onto its territory after an influx of thousands more over the last days due to fighting between Kurds and jihadists. Under an "open-door" policy, Turkey has taken in 1.8 million Syrian refugees since the conflict in Syria erupted in 2011. AFP PHOTO / BULENT KILIC

La COP21 fait l’impasse sur la manifestation la plus visible et humainement insupportable du réchauffement climatique : l’afflux des réfugiés en Europe. Les gouvernements européens préfèrent considérer ces migrants comme de « simples » réfugiés économiques ou politiques.

Le changement climatique est responsable de l’exode massif des migrants vers l’Europe. La plupart de ceux qui échouent sur nos côtes viennent de régions où les changements environnementaux ont été des éléments déterminant de leur départ.
Soit directement par les sécheresses, les inondations, la monté de eaux côtières, soit indirectement. La compétition pour l’accès aux ressources – terres cultivables et eaux – explique en grande partie les « Printemps arabes » de 2010 et l’émergence de conflits dans la zone sub-saharienne.  Ce n’est pas un hasard si l’Etat islamique prospère dans les régions où le Tigre et l’Euphrate à sec, n’assurent plus l’irrigation des cultures. L’extractivisme et les dégradations environnementales qu’il génère bouleverse les équilibres locaux. Soulignons au passage que les gaz à effet de serre sont produits au nord mais font leurs premières et principales victimes au sud.

La répression et le chaos qui ont suivi la révolte d’une jeunesse arabe et sub-saharienne chassée de ses terres (et confinée dans des centres urbains où elle vit privée d’avenir), est à l’origine de la monté des fondamentalismes, du chaos en Syrie et Irak, des conflits armés en Erythrée, Lybie, Yémen…

Responsabilité des pays du nord

Face à l’incapacité de la communauté internationale de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés, nous allons assister à l’accélération de la dégradation des écosystèmes de ces régions et donc des conflits et des départs de populations. Dans son rapport « Changement climatiques 2014 : conséquences adaptation et vulnérabilité » les experts du GIEC observaient : « Les changements climatiques vont contribuer à exacerber les risques de conflits violents, notamment les guerres civiles et intergroupes ». Nous y sommes.

Ces questions devraient donc être au cœur des discussions de la COP21. Elles sont pourtant sciemment ignorées par des pouvoirs en place, incapables de proposer un autre modèle de développement que l’extractivisme et la monoculture d’exportation. Avec les conséquences que l’on sait sur les écosystèmes naturels et sociaux qui entraînent l’instabilité de gouvernements et l’émergence de groupes qui mettent en péril la paix dans le monde.

Trouver des solutions et pointer sans relâche la responsabilité des pays nord et promouvoir l’accueil et la bienveillance à l’égard des populations migrantes doivent être au cœur des problématiques mises en avant par les écologistes durant la COP21.

 

 

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