Les jeunes ont raison de se révolter

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Les travailleurs flexibles sont indispensables à l’économie libérale. Ce gouvernement veut faire de la jeunesse une variable d’ajustement au service d’entrepreneurs qui, soucieux d’accroître encore leurs profits, sont à la recherche d’une main d’œuvre docile et bon marché.

Résorber le chômage des jeunes. C’est au nom de cet impératif que le gouvernement a inventé le Contrat première embauche (CPE). A qui voudrait-on faire croire que cette intention est sincère ?
D’abord, la précarisation de l’emploi n’a jamais incité un employeur à embaucher. Ensuite, les jeunes, nous dit-on, connaissent en France un taux de chômage de 22%. Ce chiffre est manipulatoire. Il indique le nombre de moins de 25 ans au chômage rapporté à l’ensemble de la population des 18-25 ans. Or, tous les 18-25 ne sont pas « actifs ». Plus de 60% d’entre eux poursuivent des études. Le taux de chômage des jeunes qui recherchent un emploi (les jeunes actifs) s’établit en réalité au même niveau que celui de l’ensemble de la population : 8% !
Le CPE a donc bien un autre objectif. Le licenciement sans motif renforce considérablement la précarité et la pauvreté. Il s’agit de faire le tri entre les bons et les mauvais sujets du patron. Ne sont conservés dans l’entreprise que les salariés les moins revendicatifs, tirant ainsi l’ensemble des salaires vers le bas.
Partout où les travailleurs perdent des droits (conquis lors des luttes sociales de l’après-guerre), on voit se développer ce phénomène contemporain, d’une affligeante modernité : les salariés pauvres. Des gens avec un emploi mais vivant sous le seuil de pauvreté.
La Grande-Bretagne d’aujourd’hui vit les conséquences des années Thatcher qui a mis en oeuvre, fin des années 80, la précarité de l’emploi. La pauvreté sévit partout dans ce pays en périphérie des grandes villes. Pourtant le chômage (merveille de la statistique) y est au plus bas. Il faut lire le très beau livre de Robert Mc Liam Wilson, Les Dépossédés pour avoir une idée de ce que signifie concrètement la dérégulation du travail et les baisses de charges et d’impôts pour les entreprises.
Les travailleurs, en particulier les jeunes, sont employés dans des conditions précaires et irrégulières, au grés des « carnets de commandes », à des conditions de salariales telles qu’ils ne parviennent pas, ou très difficilement, à nourrir leur famille, se loger dignement, prendre des vacances. Ils sont condamnés, à perpétuité, à vivre en reclus.
Il faudrait agir vite ? Encore un mensonge. Le chômage des jeunes va diminuer mécaniquement en raison des départs à la retraite qui, à partir de 2006, deviennent plus importants que les entrées sur le marché du travail. C’est une question démographique. Elle est favorable à la ressource travail qui va (relativement) se raréfier.
Mais ceux qui pourtant glorifient la main invisible du marché comme outil « naturel » de régulation, considèrent soudainement qu’il est y a urgence à légiférer pour résoudre le grave problème du sous-emploi de la jeunesse. Leurs intentions réelles, on l’a compris, ne sont pas celles annoncées. Il s’agit de déconstruire, vite, les droits sociaux avant que le rapport de force ne s’inverse.

3 réponses

  1. Tout à fait d’accord avec toi, sur le sujet, je manifeste et ne suis pas prête de laisser tomber. Ce Cpe est inadmissible, et il conduira de tout manière à un précarisation de tous les emplois et pas seulement de celui des jeunes.
    Merci pour le soutien aux jeunes manifestant(e)s

    Diane

  2. J’approuve de même. Je milite également contre le CPE et les blogs vierges de commentaires. C’est pourquoi en solidarité avec mon digne avenculaire j’exprime donc. Moi aussi je manifeste contre le CPE. Voici un merveilleux slogan que de très bons amis anarchistes d’extrème gauche (ce qui peut sembler antinomique, mais à partir d’un certain degré d’alcoolémie, ça ne l’est plus) m’ont appris : "Chirac à coups de matraque, Sarkozy à coups de fusil, Villepin à coups de burin". Trop chouette, non ?
    Merci pour ton soutient, mon cher Jacques.

    Elsa

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