"L'écologie, c'est de la parlotte chez les autres"

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Le Journal du Dimanche
Jacques Boutault, maire écologiste du 2e arrondissement – le seul à Paris -, revient pour le Journal du Dimanche sur ses attaques contre le maire socialiste Bertrand Delanoë accusé, entre autres, de piller les Verts et leur programme. Sans eux, « il n’y aura plus de politique écologique » dans la capitale, assure-t-il. Il se déclare aussi candidat à sa réélection. Extraits.

Jacques Boutault et Yves Contassot, deux verts décidés à défendre leur bilan écologiste. (Maxppp)
 

Il y a quinze jours, vous vous êtes mis en colère contre Bertrand Delanoë en l’accusant de souffrir du « syndrome de Stockholm ». Que vouliez-vous dire ?
Tout simplement qu’il est assez scandaleux qu’après avoir dit et répété pendant toute la mandature qu’il était l’otage de Verts pratiquant la « surenchère », il cherche aujourd’hui à s’accaparer leur bilan. Sans reconnaître que sans nous, il n’y aurait pas eu Vélib’, Paris Plage, les Nuit Blanche, la résorption accélérée de l’habitat insalubre ou le schéma directeur handicapés. J’ai vécu sa déclaration de candidature comme une injustice profonde. En disant qu’il est un bon gestionnaire, lui, il sous-entendait que nous ne l’avons pas été. Ce qui est outrageant vu notre bilan.

Quelles sont vos relations depuis ?
Il ne s’est pas excusé mais on s’est fait passer des messages. Le dénigrement des Verts a cessé, en tout cas officiellement et pour le moment. Bertrand et son équipe se sont calmés sur la forme. On verra demain et mardi ce qu’il en sera sur le fond à propos du Plan climat, encore un projet porté par les Verts d’ailleurs. Je ne suis pas du genre à faire du boudin dans mon coin en cassant du sucre sur le dos des gens. J’ai poussé un coup de gueule et ça a assaini une situation déplaisante. Je constate aussi que les demandes des Verts les plus symboliques ont été écoutées cette semaine sur le Plan climat et le projet de règlement de la publicité, adopté jeudi. Comme par exemple la disparition programmée dans tout Paris des panneaux de 4 mètres sur 3, les plus grands.

Un sondage récent (2), donnait 5 % aux Verts au premier tour. Soit juste à peine de quoi fusionner pour le second. Vous êtes inquiet ?
La campagne n’a pas encore commencé. Ça ne sera pas facile. La « peoplisation » de la politique est telle aujourd’hui que les petits partis ont du mal à exister. Nous serons en face de grosses machines de com’. Mais nous avons six mois pour expliquer aux Parisiens qu’il n’y aura plus de politique écologique à Paris si nous ne sommes plus là. Et que voter Vert au premier tour, c’est la certitude de faire gagner la gauche au second tour tout en étant sûr qu’elle mènera une politique écologique. L’écologie, c’est du concret avec nous mais de la parlote chez les autres.

Denis Baupin représente-t-il les meilleures chances pour votre parti ?
Oui. Son bilan est excellent en matière de transports.

Quelles sont, selon vous, les trois ou quatre mesures prioritaires que les Verts devraient mettre dans leur programme ?
La poursuite des efforts en matière de crèches et de logement social. La prolongation du tramway jusqu’à la porte d’Asnières et non jusqu’à la porte de la Chapelle comme le veut Delanoë. La mise à 30 km/h du centre de Paris, des cantines 100% bio et des aides aux particuliers pour qu’ils isolent leur logement.

En cas d’alliance PS-MoDem au second tour, que doivent faire les Verts ?
Je n’y crois pas. D’abord parce que les membres du MoDem parisien ont toujours voté avec l’UMP sur les petits et les grands projets de la Ville, à part les deux transfuges Verts qui nous ont abandonnés.

Votre collègue écologiste Anne Le Strat est aujourd’hui courtisée par les socialistes parce que les Verts l’ont oubliée pour les municipales. Votre réaction ?
Les socialistes veulent jouer à leur tour « l’ouverture »? Bonne pioche. J’estime qu’il faut absolument trouver une solution pour qu’elle reste avec nous. Son bilan à l’échelle de Paris, notamment sur le thème de l’eau, est excellent.

Vous êtes le seul maire d’arrondissement écologiste de la capitale. Souhaitez-vous le rester ? Pensez-vous le rester ?
Deux fois oui. Les habitants du 2e me disent être très satisfaits de mon bilan. Nous avons amélioré la vie quotidienne en élargissant la zone piétonne Montorgueil et en instaurant le bio dans les cantines. Nous avons aidé les familles en créant plus de cent places de crèche et halte-garderie et en multipliant par trois le nombre de logements sociaux. Et nous avons réhabilité l’esprit public en écoutant les gens et en mettant fin au régime du piston. Oui, j’y crois.

(1) Publiée il y a quinze jours dans Le Monde.
(2) Sondage Ifop pour Paris Match du 8 septembre 2007.
 

0 réponse

  1. pourquoi soutenir le tramway alors qu’il fonctionne à l’électrique donc soit au nucléaire soit au thermique à flamme créant de l’effet de serre ?

  2. Parce qu’au nombre de voyageurs transportés, il produit 20 fois moins de gaz à effet de serre que le bus et 100 fois moins que la voiture. De plus, il n’y a pas de fatalité nucléaire pour l’électricité qui peut être produite par beaucoup d’autres moyens.

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