L'école mise en difficulté par le ministre

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email

Le 20 novembre 200 000 enseignants, professeurs, collégiens et lycéens ont manifesté pour protester contre les mesures du gouvernement qui dévalorisent leur profession, remettent en cause la qualité de l’enseignement et interrogent sur la volonté de pérenniser une école de la République égalitaire, gratuite et accessible à tous. La suppression des Rased (Réseaux d’aides spécialisés aux élèves en difficulté) est l’un des exemples frappant de cette volonté de démanteler les acquis de l’éducation nationale et de remettre en cause l’aide aux élèves qui en ont plus besoin, au profit d’une école de la concurrence généralisée.

Le 20 novembre dernier a connu une mobilisation intense de professeurs, élèves, parents d’élèves et simples citoyens alarmés du sort réservé à l’école. La seule réponse qu’a apportée le ministre de l’éducation se résume à un écran de fumée : le service minimum d’accueil. Sans rien résoudre des difficultés de l’école, cette mesure a occupé l’espace médiatique en même temps qu’elle posait des problèmes insolubles aux communes.

A ce titre, nous nous réjouissons du ralliement du Maire de Paris à la proposition que je formulais au nom des élus les Verts lors de la communication sur la rentrée scolaire. Nous invitions à mettre en œuvre les principes de la désobéissance civique face à cette loi qui s’apparente à une mesure destinée à briser les mouvements de grève.

Cependant je souhaite recentrer le débat sur le vrai sujet et de faire tout mon possible pour soutenir les enseignants afin que le projet de démantèlement du service public de l’école ne s’applique pas.

Les mesures annoncées seront lourdes de conséquences.: suppressions des postes d’enseignants dans le secondaire et le primaire, réforme des programmes du lycée et de la voie professionnelle, fin de la scolarisation des 2-3 ans, réduction du temps d’enseignement de deux heures dans le 1er degré, suppression des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (RASED), restrictions budgétaires, diminution programmée du nombre de places aux concours de recrutement…

La semaine dernière 200 000 enseignants, professeurs, collégiens et lycéens ont manifesté pour protester contre ces mesures qui dévalorisent la profession, remettent en cause la qualité de l’enseignement et interrogent même sur la volonté de pérenniser une école de la république égalitaire, gratuite et accessible à tous.

Depuis le début de l’année scolaire, beaucoup d’élèves souffrent des nouvelles conditions de travail qui leur sont imposées. La suppression des classes le samedi matin et l’ajout des deux heures d’aides spécialisées dispensées le midi, ou le soir après la classe, surchargent les emplois du temps. Les élèves sont de plus en plus fatigués, leur concentration en pâtie et ainsi que leurs résultats. Et comme toujours, ce sont ceux qui rencontrent les plus grandes difficultés qui sont les plus lésés.

A cela vient maintenant s’ajouter la remise en cause des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté. Cette mesure est un exemple frappant de la politique contradictoire du Ministre de l’Education Nationale. D’un côté il annonce que la lutte contre l’échec scolaire est l’une des priorités de sa politique éducative et de l’autre il décide de supprimer, dès 2009, 3 000 postes d’enseignants spécialisés, soit environ le tiers de l’effectif total des RASED.

La mise en place des deux heures d’aide personnalisée ne pourra en aucun cas se substituer au travail effectué dans les RASED et remplacer leur efficacité. En effet, ce soutien scolaire a été créé pour répondre aux besoins particuliers des élèves en difficulté. Avec la suppression de ces enseignants spécialement formés aux aides pédagogiques (maîtres E), rééducatives (maîtres G) et psychologiques ce sont quelque 150 000 élèves qui ne pourront plus bénéficier de ces mesures de soutien en 2009.

A Paris, 100 postes d’enseignants spécialisés seront supprimés. Et combien d’enfants laissés en difficulté ?

Il est aujourd’hui inadmissible que le Ministère prenne des décisions allant à l’encontre de l’intérêt général des Français. Un service public qui perd des emplois ne peut être qu’un service public qui se dégrade.

Twitter

Facebook

Liens amis