Le vélo à Paris va doucement mais sûrement

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Mon intervention au Conseil de Paris sur le programme vélo 2012.  Le vélo est le moyen de déplacement le moins polluant, le plus efficace et le plus rapide à Paris. Et en plus, c’est bon pour la santé ! Encore faut-il que les usagers de la bicyclette puissent pédaler sereinement. C’est à dire : sans entrer en conflit avec les deux roues motorisés et les voitures. Et sans pollution de l’air. Car l’air qu’il respire est seul carburant du cycliste en action.

Nous nous félicitons donc de ce programme annuel qui décline concrètement le plan vélo que notre assemblée a adopté en 2010. Mais…

Permettez-moi d’exprimer un regret : le manque d’enthousiasme de la Ville à expérimenter le tourne-à-droite, malgré les demandes répétées des élus EELV. C’est désormais trop tard. En période électorale, le gouvernement, lui n’a pas hésité. L’autorisation au cycliste de tourner à droite au feu rouge sans marquer l’arrêt fait désormais partie du code de la route. Le décret l’autorisant est paru vendredi dernier. Le tourne-à-droite n’a donc plus besoin d’être expérimenté comme la présente délibération le propose. Il faut juste le mettre en œuvre rapidement.

Bien sûr, nous ne nous leurrons pas. Le tourne-à-droite est l’arbre qui masque la foret de lacunes du plan national vélo présenté fin janvier par le ministre chargé des transports. Une indemnité kilométrique pour les déplacements domicile-travail, de la même manière que les automobilistes peuvent se faire rembourser leur consommation de carburant, va être mise en place… bientôt. Quand précisément ? Nul ne sait car cette mesure, bien qu’annoncée à grand renfort de communication est seulement « à l’étude ».

Le ministre chargé des transports a aussi annoncé, mais sans donner de calendrier : « un crédit d’impôt pour l’achat d’un vélo à assistance électrique ». Paris propose déjà cette mesure, pouvant allant jusqu’à 500 euros, aux particuliers acquéreurs d’un tel vélo. A ce sujet, notre ville conserverait sa posture à l’avant-garde si elle proposait d’étendre cette aide à l’achat d’un vélo ordinaire, à propulsion musculaire.  Car c’est le seul qui est vraiment vertueux car non polluant, ne consommant pas d’électricité et ne possédant aucune batterie à recycler.

En outre, rien ou très de peu de mesures dans le Plan national vélo sont proposées pour favoriser l’intermodalité et en particulier pour permettre aux usagers de la bicyclette de faire grimper leur engin dans les trains ou les transports en communs.

Mais revenons à la délibération qui nous occupe. Le groupe écologiste  se félicite de ce programme annuel. Celui-ci comporte trois volets d’aménagement important pour notre ville: les Berges de Seine, les liaisons inter-quartiers et la poursuite du réseau structurant.

1 –  L’aménagement des Berges de Seine sera mis en œuvre malgré le veto du premier ministre – qui n’a sans doute rien de plus urgent à faire. Mais il semble, si j’ai bien suivi le débat d’hier, que les installations prévues rive gauche ne seront réalisées que dans un délai d’un an. Or, de nombreux aménagements cyclables  sont concernés. Ceux-ci ne pourront donc pas être exécutés dans l’année comme nous propose la présente délibération.

Je vous suggère donc de réorienter les sommes allouées à des interventions sur voirie considérées comme urgentes par les associations cyclistes mais qui ne sont pas contenues dans ce programme.

Par exemple, je ne vois pas que figure la création d’une piste cyclable sur les Champs Elysées. Or notre assemblée avait pourtant adopté un vœu demandant la mise en œuvre d’un tel aménagement. Fort symbolique et pas très onéreux celui-ci pourrait être réalisé rapidement.

 

2 –  Les liaisons inter-quartiers. Elles sont, d’après la délibération issues des demandes des arrondissements. Je me réjouis de celle qui est prévue dans le 2e, mais outre que ce n’était sans doute pas la plus urgente à réaliser, je vous assure que contrairement à ce que dit la délibération, je n’ai pas été consulté sur ce point.

Mon collège Christophe Najdovski l’a rappelé : la commission municipale des déplacements ne se réunie plus depuis le début de cette mandature. En l’espèce, celle-ci aurait pu valablement se tenir afin de mieux associer les élus aux évolutions de leurs quartiers et recueillir plus finement leurs souhaits et avis.

On pourrait mieux faire en matière de liaison inter quartiers  par exemple en retravaillant le lien entre le 3e arrondissement et le 10e arrondissement très problématique lorsque le cycliste qui se trouve sur le réseau vert, rue Saint Appoline, veut poursuivre sa route et traverser le bd Saint Martin pour rejoindre la rue René Boulanger. Aucune mesure correctrice n’est prévue permettant au cycliste de, simplement, respecter le code de la route sur cette portion du réseau vert, ce qui est aujourd’hui impossible sans risquer de renverser un piéton ou de passer sous une voiture.

De même, et là il s’agit de résoudre un problème qui pourrait avoir un jour avoir des conséquences graves. Le quai Henry IV ouvert aux vélos débouche sans coup férir sur la voie Georges Pompidou en direction de Bercy. Le cycliste inattentif ou téméraire se retrouve alors embarqué sur une autoroute urbaine. Sa seule issue consiste alors à descendre de son engin, à se réfugier sur un trottoir et à faire demi tour pour franchir le carrefour du pont Morland et continuer plus sereinement quai de la Rapée.

Enfin, il est dommage que l’aménagement de la rue Amelot pourtant très attendu par les cyclistes et qui figurait en bonne place dans le plan vélo, ne fasse pas partie du programme qui nous est présenté.

3 –  La poursuite du réseau structurant enfin. Telle que proposée dans le schéma d’orientation l’élaboration de ce réseau est effectivement une mesure utile pour assurer une meilleure visibilité aux itinéraires cyclables entre Paris et ses liens avec les communes voisines.

Mais encore un regret : le projet oublie deux des axes structurants parmi les plus importants à Paris : le réseau vert, toujours, qui devait relier La Porte de la Villette à la Seine. Or les derniers tronçons notamment, celui qui devait traverser la rue de Rivoli pour rejoindre la Seine, et celui atteint le parc de La Villette ne sont  toujours pas réalisés.

L’aménagement de la porte de Bagnolet est aussi urgent. Le lieu est particulièrement dangereux car là encore le cycliste qui vient de Bagnolet et veut entrer dans Paris se trouve soudain embarqué à son corps défendant sur l’échangeur, au milieu du flux des véhicules à moteur qui en ce lieu roulent à grande vitesse.

Enfin dernière remarque : prévus par le plan vélo, de nombreux sas vélos sont aménagés aux carrefours, permettant aux cyclistes d’attendre au feu devant les voitures. C’est une très bonne chose. Le problème c’est que ces sas ne sont jamais respectés par les motos et très rarement par les voitures. Celles-ci s’y arrêtent, les rendant inutilisables aux cyclistes. Cette infraction est ignorée par la police. Il conviendrait, monsieur le Préfet de Police de rappeler la règle puis de verbaliser.

De même je note un accroissement du nombre des véhicules non autorisés dans les couloirs bus vélos – surtout les motos et scooters. Aussi je vous invite monsieur le préfet à ne pas relâcher votre effort et à donner des consignes en ce domaine aux policiers.

Si le groupe des élus européens écologistes verts du conseil de Paris approuve cette délibération qui marque tout de même un progrès, ils auraient appréciés – en tant qu’élus, comme en tant qu’usagers quotidien du vélo à Paris –  être mieux associés à la programmation annuelle que vous nous proposez.

En matière de circulation douce, notre exigence n’a d’égale que notre ambition de bien faire pour le vélo.

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