L’Ecologie que nous voulons, inventons-la ensemble !

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C’est avec plaisir que je vous propose de prendre connaissance de l’intégral de la motion d’orientation proposée, en vue du Congrès, par des militantes et militants écologistes qui se retrouvent dans ENVIE. Une motion originale par la forme : elle a été élaborée de façon participative. Et originale sur le fond : nous faisons le pari qu’il est possible, à la fois, de poursuivre l’ouverture tout en renouant avec les pratiques démocratiques mises à mal dans la période récente au profit du copinage et de la cooptation. Envie de signer ?

Nous voulons ! inventer un monde du bien-vivre, du bonheur d’être et non d’avoir. Nous voulons dessiner les contours d’une société désirable et solidaire, de sobriété heureuse, fondée sur le principe de responsabilité vis-à-vis des générations futures. Nous défendons des utopies collectives et libertaires car nous sommes réalistes sur la stratégie et pragmatiques sur les moyens du changement. La convergence des crises énergétique, climatique, financière, sociale et démocratique est inédite. La prise de conscience de l’indispensable mutation économique est réelle, sans que soient engagées les réformes nécessaires.
Nous voulons ! une écologie de rupture et de transformation, ancrée dans les territoires, émancipatrice, créatrice de nouvelles valeurs, une écologie d’alternatives. Héritier-es des valeurs de gauche, nous ne voulons pas d’une écologie d’alternance soluble dans le social-libéralisme, réduite au marketing électoraliste. C’est à ces conditions que notre projet sera entendu et partagé.
Nous voulons ! lutter contre la prédation des ressources La croissance ne répond à aucune logique de progrès humain. Après l’échec des sommets sur le climat, Fukushima souligne la nature mortifère de nos choix énergétiques. L’épuisement des ressources, la perte de la biodiversité, les dégâts du nucléaire et des gaz à effet de serre, les pollutions de l’industrie et l’agriculture intensive montrent l’inanité du modèle productiviste.
La société de surconsommation est à bout de souffle. Destructrice au plan social et environnemental, elle repose sur la prédation des ressources naturelles, l’exploitation des humains, l’altération de leurs conditions de vie, de travail et de leurs libertés.
Dans le même temps, l’appropriation privée des biens communs mondiaux (ressources minières, énergétiques et agricoles, eau, air, biodiversité, services publics) prive l’humanité de ses leviers de changement.
Nous voulons ! un équilibre international prémunissant des régimes liberticides, garantissant la diversité et le respect des cultures, une égale qualité de vie, un accès universel à l’eau, à une saine alimentation, à l’éducation et aux savoirs, à la santé.
Nous voulons ! une Europe fédérale des régions qui traduise en politiques communes les préoccupations sociales et environnementales des citoyen-nes, qui protège des effets pervers de la mondialisation et du capitalisme. Nous voulons un modèle fiscal écologique et social européen.
Nous voulons ! en France, l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, de l’EPR, de l’exploitation des gaz de schiste, de l’autopont pour camions sur la Loire, la protection des nappes phréatiques d’Alsace menacées par les déchets de Stocamine…
Le démantèlement des conquêtes sociales, les coups portés à la protection sociale, plongent des pans entiers de la société dans la précarisation et l’abandon. Les populistes se nourrissent de la hausse du chômage, de la pauvreté, de la précarité et de la dégradation des conditions de travail. Partout en Europe l’angoisse du déclassement alimente peur de l’autre et séparatismes sociaux.
Et pourtant, les évolutions en Amérique latine, l’espoir né à Cochabamba, les politiques sociales conduites dans les démocraties nordiques, avec leurs limites, rappellent que le cours de l’histoire n’est jamais figé, que des progrès sont toujours possibles. Aujourd’hui, en Afrique du Nord et au Proche-Orient, des peuples se soulèvent contre des régimes autoritaires et corrompus, se réapproprient leur destin et aspirent à des institutions démocratiques.
En France, les mouvements sociaux des dernières années ont exprimé la volonté partagée de justice sociale ici et maintenant. La montée de l’abstention et les résultats du FN révèlent, au-delà du rejet de la politique de Sarkozy, le besoin d’un autre projet de société. En réponse, l’écologie politique est l’alternative au productivisme et à la « croissance verte ».
Nous soutenons les multiples expériences coopératives : économie sociale et solidaire, associations et collectifs citoyens, modes de vie alternatifs… Notre écologie est populaire, non productiviste, anticapitaliste, favorable à une décroissance sélective. Elle s’inscrit dans le soutien aux luttes d’émancipation du Nord comme du Sud. Elle rétablit l’intérêt général comme boussole, le progrès humain comme objectif.
L’écologie politique est de plus en plus audible dans la société. Le temps du changement de cap pour l’humanité, de la métamorphose politique, des solutions, a commencé : l’écologie est un projet de société cohérent, responsable, solidaire.
Nous voulons ! un mouvement démocratique, transparent et éthique
Nous voulons ! un mouvement moderne, divers, ouvert à la jeunesse, aux quartiers populaires, aux zones rurales, à tous les modes de militantisme.
Les écologistes doivent incarner une nouvelle façon de faire de la politique. Nos élu-es doivent assumer la charge de leur mandat, co-construire un projet démocratique citoyen.
Nous voulons ! appliquer les valeurs du féminisme, de la non-violence et de l’altermondialisme, en étant rigoureux du point de vue éthique.
Après l’espoir qu’a pu susciter la création d’EELV, nous refusons les jeux d’appareil, la tentation oligarchique, la cooptation et la starisation. L’opacité dans la prise de décision, les violations des décisions collectives et des règles internes ont été trop souvent de mise. Ainsi les militant-es ont eu le sentiment d’être dépossédés du choix de leurs candidat-es aux élections, ainsi le Bureau exécutif ne peut dire le droit et passer outre le Conseil statutaire.

À cet effet, nous rappelons notre attachement :
à la parité de résultat entre les femmes et les hommes
à un rôle accru, du fédéralisme, du régionalisme dans le fonctionnement et du principe de subsidiarité – à la séparation des pouvoirs en interne :
1) Exécutif et délibératif
2) Exécutif et judiciaire, indépendance absolue et respect des décisions du Conseil statutaire
au rôle du Conseil fédéral et de son bureau dans l’animation du parti
au non-cumul des mandats dans l’espace et dans le temps (non cumul des fonctions de parlementaire et d’un mandat national interne et d’un même niveau de décision interne et externe) et à la fin de la cooptation
à la prévention des conflits d’intérêts
à la juste représentation de la diversité sociale, culturelle, générationnelle de la société
à la représentation proportionnelle des sensibilités, au respect du vote des militants
à un cycle d’accueil et de formation s’appuyant sur nos savoir-faire.
« Sois le changement que tu veux voir dans le monde », disait Gandhi. Appliquons nous l’éthique que nous prônons pour la société.

Nous voulons ! construire un réseau coopératif, avenir du mouvement politique
L’originalité de notre mouvement repose nécessairement sur l’adhésion des citoyen-nes et leur participation concrète à l’élaboration du projet. Nous voulons ! une réelle prise en compte du réseau coopératif, différent du rôle propre du parti, impliquant les membres du réseau dans la réflexion et la stratégie. Nous récusons les propositions qui les ignorent comme celles qui les instrumentalisent.
Les commissions nationales et la Fondation s’appuieront sur le travail de l’Agora. Cette instance d’échange entre réseau et parti permettra de renforcer le rassemblement des écologistes non productivistes. Notre mouvement doit s’appuyer sur trois piliers : l’action du parti politique, la mise en mouvement des réseaux coopératifs, un pilier « partis associés » à créer qui permettra l’élargissement du rassemblement des écologistes et des régionalistes.

Nous voulons ! être en pointe de la défense des libertés numériques, pour la neutralité du Net, contre le flicage, pour profiter des opportunités offertes par les NTIC et , un partage accru du savoir et de la culture.

Nous voulons ! gagner les batailles démocratiques et électorales.
Après dix ans de « réformes » destructrices, nous ne nous satisferons pas d’une alternance gestionnaire sans perspectives et sans réponse réelle aux urgences. Bien que critique sur l’élection présidentielle, EELV doit présenter un-e candidat-e incarnant l’écologie politique. Il ou elle doit représenter le paradigme écologique, dans une société du droit, de la justice sociale et environnementale, en rupture avec le sarkozysme et le libéralisme économique.

Nous voulons ! une désignation démocratique aux règles claires et transparentes.
Pour les législatives, nous favoriserons le rassemblement des forces partageant les principales propositions des écologistes, sans tête à tête ni exclusive. La constitution d’un groupe parlementaire sans être une fin en soi est une exigence qui doit avoir une cohérence politique et éthique. C’est pourquoi l’accord de gouvernement que nous souhaitons doit reposer sur l’autonomie contractuelle et concilier des mesures d’urgence et des réformes structurelles pour transformer notre modèle de société :

– la sortie programmée du nucléaire civil et militaire à l’horizon 2030 (fermeture immédiate de Fessenheim et arrêt de l’EPR et d’ITER) ;

– un moratoire sur les LGV et projets d’autoroutes ;

– l’instauration d’une VIe République parlementaire avec scrutins proportionnels, un statut de l’élu-e et plus de transparence pour lutter contre les lobbys et l’oligarchie financière ;

– une nouvelle réforme territoriale régionaliste, abrogation des lois sécuritaires (dont LOPPSI2), et le renforcement des libertés individuelles ;

– l’accroissement des moyens de fonctionnement de l’Etat, la remise en cause de la RGPP ;

– l’égalité des droits sociaux et civiques pour tous ceux qui habitent en France, la régularisation des sans-papiers, la refonte du code des étrangers et une action de lutte contre les discriminations placée au cœur des politiques publiques ;

– l’accès pour toutes et tous aux droits fondamentaux : à la santé et à une vie saine, notamment pour les plus fragiles et précaires, jeunes et étrangers, au logement : construction d’un million de logements écologiques, décents et économes, plan de maîtrise des loyers et des charges, développement de l’habitat « libre », collectif et intergénérationnel…

– la réduction du temps de travail, 32 heures sans baisse des bas revenus, la démocratisation de l’entreprise, l’abrogation de la loi Woerth sur les retraites et un débat citoyen traitant aussi des différents temps de la vie, de l’ instauration d’un revenu universel et d’un revenu maximal, la fin des inégalités salariales entre femmes et hommes ;

– la création d’un service public gratuit et universel de l’éducation (dont petite enfance), une réforme de l’éducation et de la formation pour construire une citoyenneté active ;

– l’encadrement des stages : la jeunesse ne doit pas être la variable d’ajustement des entreprises ;

– la transformation écologique et décarbonation de la société et de l’économie, interdiction des OGM et soutien à l’agriculture biologique ;

– la création de pôles publics coopératifs financiers ; contrôle des flux financiers du secteur bancaire.

Nous voulons  ! Un accord électoral lié à un accord programmatique, sinon la possibilité d’une participation critique à une majorité parlementaire sans présence au gouvernement devrait être posée aux militant-es. Notre collaboration sera évaluée chaque année par une Conférence nationale avec les syndicats, les associations, les mouvements sociaux et notre mouvement.

Les choix que nous ferons, en réponse à la crise globale, devront concilier une forte exigence programmatique envers nos partenaires potentiels et le refus d’un fonctionnement interne oligarchique, coupé des militant-es. La période qui s’ouvre est déterminante.

Le renouveau de l’écologie né avec EELV doit rentrer dans sa deuxième phase ! Éthiques, autonomes, radicaux, féministes, altermondialistes, démocrates, pragmatiques, nous voulons au sein d’EELV, un pôle audacieux, pérenne et innovant, un nouveau souffle pour l’écologie politique !

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