Journée internationale contre toutes les homophobies (hommage)

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Actes homophobes+: la France régresse La 19e journée mondiale de lutte contre la LGBTphobie s’inscrit dans le contexte particulier de la pandémie Covid-19. Voici 30 ans que l’Organisation Mondiale de la Santé a cessé de considérer l’homosexualité comme une maladie mentale. Pourtant, les raisons de lutter contre les violences à l’égard des personnes LGBT demeurent et se sont accrues en raison du confinement sanitaire.

Certes, des progrès ont été enregistrés cette année. L’Irlande du Nord reconnaît désormais le mariage entre personnes du même sexe. Mais en un an, la moitié des pays d’Europe n’ont apporté aucun changement positif à leur législation. Certains enregistrent même des régressions importantes, parmi lesquels la Hongrie, qui entame désormais des procédures transphobes pour faire figurer le sexe de naissance sur les documents officiels.

Un chemin semé d’embuches Quant à la France, elle régresse dans le classement initié par l’association ILGA-Europe, de la 9e à la 13e place. Le plan d’action LGBT initié par François Hollande en 2016 n’a pas été repris par Emmanuel Macron. Conséquence : les actes de LGBTphobies sont en hausse. Le législateur n’a pas souhaité intégrer dans le projet de révision de la loi bioéthique l’interdiction des mutilations génitales pour les personnes intersexes, ni l’accès à la PMA pour les personnes transgenres. Quant au second parent, en cas de PMA ou de GPA, la reconnaissance de son enfant est encore un long chemin semé d’embuches.

Un parcours de soins complexifié Le Covid-19 et les situations de confinement ont agi comme un miroir grossissant des violences subies par les personnes LGBT+. En France, elles sont plus vulnérables aux abus policiers, aux arrestations et aux détentions arbitraires. Jeunes ou âgées, les personnes LGBT+ contraintes à un confinement en famille ont subi parfois des sévices de la part de leurs proches : violences physiques et psychologiques, insultes, privations de nourriture ou d’eau chaude… les témoignages sont nombreux.

La réaffectation des ressources de santé pendant la pandémie a rendu l’accès aux rétroviraux plus difficile pour les personnes atteintes du VIH. Les démarches de transition pour les personnes trans, les thérapies hormonales et les soins d’affirmation de genre plus inaccessibles ont été considérablement complexifiées. Un coup d’arrêt a été porté aux projets de PMA de femmes lesbiennes et célibataires.

Fonds d’aide sociale pour les personnes trans Le Covid-19 a aussi été l’occasion d’une persécution institutionnalisée de certains Etats, sous couvert de santé publique, visant à priver les personnes transgenres et non-binaires de reconnaissance juridique, tandis que les discours de haine, y compris émanant dirigeant.e.s politiques et religieux de premier plan se sont multipliés.

Heureusement les associations se sont mobilisées : on se réjouit du (re)lancement de l’application Flag! par l’association de policiers et gendarmes LGBT. La mise ne place d’une application pour signaler les actes de violence et la création d’un fonds d’aide sociale pour les personnes trans, sont aussi des avancées qu’ils convient de saluer.

Indifférence à l’égard de l’orientation sexuelle d’autrui Mais le travail des associations ne saurait suffire. Les institutions doivent agir plus et mieux, notamment en formant des magistrats au recueil de plaintes et les enseignants à repérer les risques de harcèlement LGBTphobes.

L’opinion publique doit faire preuve d’une plus grande bienveillance à l’égard de personnes LGBT+ et d’indifférence à l’égard de leur orientation sexuelle.

Si le travail initié par le gouvernement pour protéger les personnes LGBT face au confinement, en proposant des nuitées dans des chambres d’hôtel et en soutenant financièrement l’application Flag! est aussi à saluer, nous avons besoin d’une politique plus volontariste de lutte contre les violences LGBTphobes.

Rester vigilant.e.s Les policiers doivent être formés au dépôt de plainte et sévèrement sanctionnés pour tout acte LGBTphobe. Il faut un réexamen du projet de loi sur la bioéthique intervienne dans les meilleurs délais, pour ne pas laisser au milieu du gué les femmes lesbiennes et célibataires projetant une PMA, qui patientent depuis des années et ne peuvent plus, faute d’ouverture des frontières, se rendre à l’étranger.

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Ces mots de Simone de Beauvoir pourraient s’adresser aux personnes LGBT. Plus que jamais nous devons rester vigilant.e.s.

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