Inventer le monde d’après

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Le monde d'après

Déconfinement. La crise sanitaire a eu au moins un mérite: nous faire prendre conscience de la fragilité de notre système économique basé sur la consommation à outrance, l’accumulation et l’enrichissement de quelques-uns, au détriment de la nature et de l’intérêt général. On a compris que consommer n’était pas une fin en soi. Sobriété et bien vivre sont compatibles.

Le monde d'après
Inventer de nouvelles solidarité commence par sauver la biodiversité

Le libéralisme économique atteint sa limite. Bouleversement des écosystèmes, déforestations massives, assèchement des zones humides, expansion urbaine… La crise du Covid-19 a pour origine la crise écologique. La mise en contact de populations avec des animaux sauvages jusqu’ici isolés a été le facteur déclenchant.

Elle met en valeur les limites du libéralisme économique et des traités de libre-échange, moteur des atteintes à l’environnement. L’expansion rapide à toute la planète du virus est liée à la délocalisation de nos activités et à l’accélération des échanges commerciaux internationaux qui en découlent. Notre incapacité à prendre en charge les malades, conséquence des réductions de moyens à l’hôpital public à fait le reste : manque de personnel et de matériel (pénurie de tests, de masques, de lits de réanimation…).

Inventer le monde d’après. Comme pour le climat, l’imminence de cette crise sanitaire était connue. Nous avons agi avec retard et n’avons donc pas pu l’éviter. Nous avons attendu d’y être confronté.

Aujourd’hui, les scientifiques du monde entier nous alertent sur les conséquences de notre mode de production et de consommation qui mettent gravement en danger les fondements du contrat social républicain et démocratique. Et pourtant, bien que nous sachions nous n’agissons pas.

Saisissons l’opportunité de l’ébranlement des certitudes que nous offre la pandémie du Covid-19. Nous prenons conscience que nous avons besoin d’une transformation « radicale et cohérente » sociale, écologique, fiscale, économique, démocratique. Il faut inventer le monde d’après.

Notre modèle n’est plus tenable. Les critères sociaux et écologiques doivent guider les décisions publiques. Il faudrait même les constitutionnaliser. Notamment : ne pas prélever dans la nature plus qu’elle ne peut reconstituer ni rejeter plus de déchets qu’elle ne peut en synthétiser.

Notre modèle n’est plus tenable. Le monde doit ralentir et change de cap. Le chemin de l’utralibéralisme n’a pas d’issue. Il nous faut collectivement redéfinir un nouveau modèle de société. Nous devons être « radicaux en humanité et en solidarité ». Imposer des limites aux revenus et à la cupidité.

Le temps de l’Etat régulateur est revenu. Il doit prendre des mesures radicales mais prévisibles (expliquées et comprises de tous les acteurs concernés), progressives (tout changement brutal génère frustrations et colères) et irréversibles (il faut « cranter » : une fois acquise une mesure n’est plus remise en cause).

Avec la crise sanitaire, nous avons fait l’expérience de l’essentiel, retrouvons-nous sur l’essentiel. Nous devons :

imaginer des échanges-justes comme le préconise les principes du commerce équitable, revaloriser les métiers vitaux, instaurer un revenu universel, la fiscalité carbone, une taxe sur les transactions financières, relocaliser nos industries… Des monnaies locales complémentaires doivent permettre de rendre rapidement concrètes, efficaces, visibles les solidarités sur les territoires.

En agissant ainsi nous rendrons désirable, possible, appropriable et immédiat un vrai changement d’orientation.

L’intérêt général doit primer sur la rentabilité économique. La politique doit cesser de reculer derrière un système de règles données comme intangibles, qui automatise la l’élaboration des politiques publiques. Nous nous sommes, depuis des décennies, laissés bernés par les discours sur l’économie et les limites budgétaires des 3% (tout en tolérant l’évasion fiscale et les paradis fiscaux) et à la faveur de la crise actuelle on nous explique maintenant que ces limites n’ont plus lieu d’être ! Au prétexte de relancer l’économie, sans changement, ni conditions, les gouvernements de l’Europe nous préparent un endettement massif. Et qui va payer ? Nous les citoyens, priés de renoncer à nos droits sociaux (congés payés, 35h, temps de travail quotidien…). Et les services publics qui seront moins dotés.

Pour une Europe écologiste des solidarités. Soit l’on continue avec l’économie de marché utracaptialisée qui est la loi du plus fort et nous allons vers la crise prochaine qui sera plus terrible encore.

Soit nous tirons les leçons de la période et nous entrons de plain pieds dans l’Europe des solidarités qui pose l’écologie et les équilibres biodiversitaires comme règles de bases intangibles des politiques publiques.

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