Il y a cent ans Alfred Dreyfus était réhabilité

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email

La pose d’une plaque commémorative, dans le 2e arrondissement, rappelant la parution dans je journal l’Aurore de l’article « J’accuse » d’Emile Zola a offert l’occasion de rappeler que le combat contre le poison de l’antisémitisme, et toute forme de racisme, est un combat qu’il ne faut jamais cesser de mener. Le 12 juillet 1906 Dreyfus était définitivement rétabli dans ses droits et sa dignité, après 17 ans de lutte.

Entre le 15 octobre 1894, date de son arrestation, et le 12 juillet 1906, il aura fallu 17 ans de lutte à des hommes courageux pour faire reconnaître l’innocence du Capitaine Dreyfus.

Et c’est à Emile Zola, écrivain déjà reconnu, que revint l’honneur de tirer la première salve de l’avenir de la vérité, à la Une du journal que dirigeait alors Georges Clémenceau.

Emile Zola a eut du courage. Mais il ne connaîtra pas la joie de voir le jugement d’Alfred Dreyfus cassé, puis Dreyfus réhabilité, Dreyfus réintégré dans l’armée, Dreyfus promu chef d’escadron, Dreyfus décoré de la Légion d’Honneur.
Emile Zola est mort dans la nuit du 28 au 29 septembre 1902, quatre ans avant que justice soit rendue à Alfred Dreyfus.

Sur cette plaque symbolique, leurs deux noms – Zola et Dreyfus – sont liés désormais par le courage, le désir de vérité, la justice, l’opiniâtreté, une certaine idée de la morale.

Zola, en 1898, s’inscrit dans l’histoire de ces intellectuels engagés dans la clairvoyance des faits, après Voltaire et Hugo, avant Barbusse, Gide ou Sartre.

Son « J’accuse » doit aussi sans doute beaucoup à un autre grand intellectuel et homme politique du 18e siècle, Condorcet, qui écrivait, définissant nos droits et devoirs modernes : « L’intérêt de puissance et de richesse d’une nation doit disparaître devant le droit d’un seul homme ».

Par son engagement Zola choisi de mettre à profit sa notoriété pour entrer dans le débat de la vie publique, pour entrer dans ce champ du politique que certains voudraient confisquer au peuple et qui  pourtant nous regarde tous, en tant que citoyens.

J’aimerais, puisque nous sommes dans l’historique quartier parisien de la presse, évoquer aussi le courage de la direction et des journalistes de L’Aurore » qui, à la suite du « J’accuse » de Zola, orchestreront sans discontinuer la plus longue campagne que la presse moderne ait connu jusqu’à aujourd’hui. De 1897 à 1901 paru au moins un article par jour, quand ce n’était pas deux, pour défendre Dreyfus !

Qui aurait aujourd’hui cette constance ? Qui aujourd’hui aurait le courage d’un Zola, puisque comme vous le savez, il fut condamné pour son article « J’accuse » à un an de prison et du s’exiler en Angleterre.

Saluons, aussi, la détermination d’Alfred Dreyfus, de sa femme Lucie – leur extraordinaire correspondance en témoigne – de sa famille, qui n’ont jamais douté de cette innocence, clamée par Zola il y a 108 ans.

Rendons hommage à la clairvoyance et la vigilance de Zola qui témoignait déjà un an avant son « J’accuse » dans sa « Lettre à la jeunesse » : « Des jeunes gens antisémites, ça existe donc cela ? Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ? Quelle tristesse, quelle inquiétude pour le 20e  siècle qui va s’ouvrir ! ».

Zola n’a pas vu le 20e  siècle et la bête immonde dans son grand œuvre abject. Mais il l’a pressenti.

Nous qui sommes du 21e siècle, nous l’avons vu ce poison morbide ou pour les plus jeunes nous le connaissons par des livres ou les récits des témoins.

Le droit d’Alfred Dreyfus défendu et crié à la Une de l’Aurore par Zola : à partir d’aujourd’hui, tous ceux qui passeront devant cette plaque commémorative sauront, s’ils ne le savaient pas. Et le sachant, ne l’oublierons pas. C’est aussi cela l’honneur de la mémoire.

Devant cet immeuble, cent ans, presque jour pour jour, après la réhabilitation d’Alfred Dreyfus le 12 juillet 1906, et devant cette plaque commémorative, en mémoire du célèbre article d’Emile Zola « J’accuse », publié le 13 janvier 1898 au matin dans le journal l’Aurore qui avait son siège au 142 rue Montmartre Paris 2e arrondissement.

Le Maire de Paris et moi-même, à l’initiative de maître Rappaport, avons souhaité la pause de cette plaque commémorative. Ce n’est que justice.

Twitter

Facebook

Liens amis