Identité nationale et immigration : un amalgame dangereux et régressif

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email

Attention danger. L’invention d’un nouveau Ministère associant identité nationale et immigration ne risque-t-il pas de banaliser le racisme ? A l’heure où l’Europe tente de se construire, n’est-il pas absurde d’opposer les valeurs des identités espagnole, britannique, allemande, slovène…? Maintenant que l’on sait que la terre est un monde fini, que le destin des Humains est lié, quel que soit l’endroit où ils vivent, pourquoi opposer les nations ? Dans quel but ? Pour flatter les bas instincts ? Mettre en concurrence les populations unes avec les autres ? Comme la nuée porte l’orage, le nationalisme étroit porte la guerre.

C’est avoir bien peu confiance en soit, en son histoire, que de présenter l’immigration comme attentatoire à l’identité des Français. L’idée de ce Ministère « s’inscrit dans la trame d’un discours stigmatisant l’immigration et dans la tradition d’un nationalisme fondé sur la méfiance et l’hostilité aux étrangers, dans les moments de crise », ont expliqué les huit personnalités qui viennent de démissionner du projet de Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI).
L’identité de la France s’est construite, depuis l’origine, par l’apport successif de populations étrangères. Cela n’a fait que renforcer la spécificité culturelle de notre pays. Cette diversité des cultures – étrangères et régionales –constitue notre identité, c’est à dire la représentation commune que nous avons de nous même. C’est une richesse.
Lorsque l’État s’empare du thème de l’identité nationale, c’est partout une incitation directe au mieux à la xénophobie, au pire à des violences entre groupes d’origines différentes. », rappelle l’Association française des anthropologues.
Aussi, je vous invite, comme moi, à signer l’appel de Terra. En effet, questionne, le réseau Terra : « de quel système de pensée procède le positionnement, au plus haut niveau de la hiérarchie symbolique et administrative de l’Etat, de l’identité nationale face à l’immigration, mais aussi face à l’intégration qui concerne tous les étrangers et leurs différences et face au codéveloppement ainsi officiellement réduit à un dispositif antimigratoire ?
« La création de ce Ministère va enraciner plus encore dans notre culture politique l’opposition entre la question nationale et le fait migratoire. Il risque d’ouvrir une nouvelle page de notre histoire, celle d’un nationalisme d’Etat et d’une xénophobie de gouvernement tendant à stigmatiser l’étranger comme un problème, un risque, voire une menace pour l’intégrité ou l’identité nationale.
Si, au contraire, la finalité politique de ce gouvernement et, plus largement, des élites dirigeantes de ce pays, est de réduire ce risque, il leur incombe alors d’examiner l’hypothèse d’une problématique inversée : s’il y a un problème entre l’immigration et l’identité nationale, il provient de la place qu’occupe aujourd’hui, au terme d’une évolution de plusieurs décennies déjà, l’enjeu national dans les débats politiques. De même que l’antisémitisme ne résultait pas d’un « problème juif », la xénophobie qui s’exprime aujourd’hui ne résulte pas d’un « problème migratoire » mais d’une montée en puissance des idéologies xénophobes dans nos cultures politiques. »
Le réseau scientifique TERRA 
(Travaux Etudes et Recherches sur les Réfugiés et l’Asile) 
http://terra.rezo.net/article602.html

Twitter

Facebook

Liens amis