Fermeture des voies sur berges aux voitures : l’occasion ratée de parler d’amour…

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Je me suis félicité, en Conseil de Paris, du feu vert donné à la fermeture des voies sur berges. Se réapproprier la Seine : une mesure que les écologistes réclament depuis de longues années. Nous avons été entendus et notre ténacité a payé. Nous nous en réjouissons, même si nous aurions préféré un traitement de la rive droite équivalent à celui de la rive gauche et donc la piétonisation de la voie George Pompidou. Celle-ci va rester circulée : la pollution va perdurer et il faudra être attentif aux questions de sécurité. Plusieurs questions restent donc en suspend.

– L’emmarchement. A quoi cet équipement est-il destiné ? S’agit-il d’un lieu pour accueillir les spectateurs lors de représentations données sur la Seine ? Ou bien s’agit-il d’un vaste escalier donnant accès au fleuve ? Dans le premier cas le dépôt d’un permis de construire parait nécessaire. Dans l’autre on peut s’interroger sur l’absence d’aménagement pour en permettre l’accès aux personnes handicapées. Les deux usages ne sont pas identiques.

– L’archipel, aussi, nous questionne. Celui-ci est présenté comme un espace ouvert sur le fleuve et sur la nature. Sa superficie exacte reste floue. Les conditions d’accès  à cet archipel ne sont pas précisées, or celui-ci ne pourra pas être sur-fréquenté, s’agissant d’un lieu – le seul du projet – présenté comme devant rester calme et naturel.

Nous regrettons que les rives du fleuves subissent un traitement minéral, voire demeurer de simples trottoirs.  Or, ce dont les Parisiens ont besoin ce n’est pas d’un nouvel équipement prestigieux, mais d’espaces laissés libres, de lieux de gratuité, de jardins partagés, etc. Des jardins partagés pourraient facilement être aménagés le long du fleuve où ils auraient toute leur place.

D’une façon générale l’aménagement paysager du projet reste très minéral et dépourvu de création végétale. Alors qu’ à Lyon et Bordeaux les aménagements des bords des fleuves ont été l’occasion de créer de vastes espaces laissés libres sur lesquels la végétation a repris ses droits, offrant des lieux de promenades et une perspective nouvelle sur le Rhône ou la Garonne, il est dommage qu’à Paris cette option n’est pas prévalue.

Il est d’ailleurs symptomatique de constater que 2 millions d’euros sont consacrés à la végétalisation des deux rives alors que le seul emmarchement atteint, lui la somme 2,5 millions et l’archipel 8,6 millions d’euros.

– Par ailleurs le coût de fonctionnement annuel du site est prévu pour un montant de 5 millions d’euros. Artévia la société retenue veut faire des berges de Seine,  « le terreau de l’invention et de l’innovation urbaine. Dans un esprit mettant en participation la société parisienne avec des animations ouvertes au plus grand nombre, accompagnant le développement d’activités économiques ». Bigre !

Il est donc prévu de faire des berges de Seine un lieu très fréquenté bien loin d’un espace naturel calme et préservé. On ne sait rien des activités économiques dont il s’agit, ni de la compatibilité entre ces animations culturelles et les quelques espaces de détente. Cette question est d’autant plus importante que nous nous situons dans une zone UV du PLU donc non constructible.

Les écologistes pensent que la note aurait été moins salée si nous nous étions contenté d’un projet moins prestigieux et plus adapté aux besoins des Parisiens en recherche de lieu de calme et d’apaisement au cœur de la ville que de nouvelles animations.

Nous aurions pu reconquérir les berges dans un premier temps puis prendre plus de temps pour débattre de l’identité que l’on souhaite donner à ce lieu et mieux penser les aménagements à réaliser qui en découlent. Les Parisiens n’ont pas besoin de nouvelles animations mais avant tout d’espace libre, de nature, de lieux de gratuité et de tranquillité pour des ballades en amoureux.

Compte-tenu du contexte budgétaire contraint, il aurait été bien de, très modestement, répondre à ce simple besoin d’amour !

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