Expulsions sans relogement : j'interpelle le Préfet de police

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Dans un contexte de crise où les politiques gouvernementales du logement sont indigentes (j’en veux pour exemple la privatisation du Livret A au profit des banques), et alors que, pour sa part, la Ville de Paris consacre un effort supplémentaire de 130 millions d’euros à la production de logements sociaux, le groupe Les Verts souhaite savoir si le Préfet de police a reçu des consignes particulières du gouvernement afin de cacher les mal-logés en les expulsant systématiquement plutôt que d’avoir à faire face à ses obligations, en particulier en mettant en œuvre la loi sur le Droit au logement opposable ?

Question d’actualité du groupe Les Verts au Conseil de Paris.
Le 3 juillet, quinze familles sans abri ont passé la nuit dans des sacs de couchage sur le trottoir, rue de la Banque, dans le 2e arrondissement. Ces familles, dont au moins l’un des parents travaille, venaient d’être expulsées de leur logement, ou évincées d’hôtels qui les hébergeaient, de foyers d’accueil ou de chambres de tiers qui les accueillaient.

 

En attente de solutions d’hébergement durables, décentes et adaptées à la vie de famille ces personnes se sont retrouvées à la rue car les centres d’hébergement d’urgence de nuit sont saturés. Le 115 ne répond plus. Les services sociaux ne sont plus en mesure de donner suite aux demandes qui leur parviennent.

 

Pourtant, dès le lendemain, les familles de la rue de la Banque ont été chassées du bout de trottoir qu’elles occupaient et une partie de leur matériel a été confisqué par la police. Faute de mieux, certaines se sont réinstallées.

 

A la mi-mai, ce sont une quarantaine d’étudiants et de familles, impasse Saint Claude dans le 3e arrondissement qui avaient été brutalement expulsés de l’immeuble où ils avaient trouvé refuge. Cet immeuble était laissé vacant depuis de nombreuses années par un propriétaire spéculateur. Cette expulsion, au petit matin, a eu lieu alors même que le Conseil de Paris venait de voter un vœu demandant la protection des occupants et la préemption de l’immeuble.

 

Vendredi dernier, plus d’une centaines de SDF qui avaient trouvés refuge sous le pont d’Austerlitz ont vu leur campement violemment évacué par les forces de police, sans bien entendu qu’aucune proposition de relogement ne leur ait été proposée, ni que l’on sache ce que sont devenues ces personnes puisque aucun suivi social n’a semble-t-il été assuré.

 

Depuis quelques semaines et particulièrement depuis la fin de l’année scolaire, et alors même que les foyers et centres d’hébergement sont saturés, les expulsions à Paris et en banlieue se multiplient.

 

Cour des Noues, dans le 20e arrondissement, nous sommes inquiets quant au sort des douze familles dont 26 enfants, prêtes à payer un loyer décent, qui vivent dans un immeuble appartenant à une succession qui détient plusieurs autres immeubles à Paris et dont le propriétaire a demandé l’expulsion.

 

Aussi, le groupe Les Verts demande au Préfet de Police,

– De surseoir à toute expulsion qui n’a pas donné lieu au préalable à une solution d’hébergement décente et durable notamment pour les familles de la cour des Noues.

– La mise en oeuvre par l’Etat de la loi de réquisition,

– L’arrêt des expulsions sans relogement,

– Le respect de l’obligation d’accueil des personnes et familles à la rue,

– Enfin, dans un contexte de crise où les politiques gouvernementales du logement sont indigentes (comme par exemple la privatisation du Livret A au profit des banques), et alors que, pour sa part, la Ville de Paris consacre un effort supplémentaire de 130 millions d’euros à la production de logements sociaux, le groupe Les Verts souhaite savoir si le Préfet de police a reçu des consignes particulières du gouvernement afin de cacher les mal-logés en les expulsant systématiquement plutôt que d’avoir à faire face à ses obligations, en particulier en mettant en œuvre la loi sur le Droit au logement opposable ?

Réponse du Préfet de police (l’air profondément agacé) : « Je ne fais qu’appliquer des décisions de justice. Il y a des problèmes sanitaires et de sécurité dans certains lieux, c’est la raison pour laquelle je les fais évaquer. L’Etat essaie de concilier le droit de propriété et le droit au logement opposable. Le nombre d’expulsions à Paris a baissé de 15% entre 2006 et 2007 ».

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