Débat sur le vélo au Conseil de Paris : le bonheur est-il sur la selle ?

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Réjouissons-nous : plus personne ne conteste que le vélo est un mode de déplacement économique, pratique, particulièrement adapté au milieu urbain, et qui a en outre le mérite d’être bon pour la santé – celle des cyclistes, mais aussi celle de l’ensemble des citadins, puisqu’il ne produit aucune pollution locale ou délocalisée.

Mais derrière cet apparent consensus, le développement du vélo continue de susciter de nombreuses polémiques. Loin de concerner les seuls cyclistes, le vélo interroge l’ensemble de notre rapport à l’espace public, à la rue, et à leur partage – bref, notre rapport à la Ville.

Les cyclistes parisiens sont encore confrontés à des difficultés pour circuler et stationner. Leur sentiment d’insécurité est tenace, et se déplacer tous les jours à Paris en vélo ressemble parfois à un véritable parcours du combattant : véhicules garés en travers des pistes, deux roues motorisés circulant dans les couloirs de bus, code de la route inadapté au vélo, etc… Le tout parfois renforcé par de mauvaises campagnes de communication… Autant de freins au développement du vélo à Paris !

En effet, la transformation de Paris en véritable ville cyclable ne peut se concevoir que comme l’aboutissement d’une politique de déplacements cohérente, orientée vers le développement des transports en commun et de l’ensemble des circulations douces.

Paris est une ville dense, où l’espace public est relativement rare, et où la voiture est omniprésente. Aussi cette politique de promotion du vélo  passe-t-elle par une réduction de la de la vitesse et de la densité du trafic automobile.

C’est d’abord le cas sur les plus grands axes. La facilitation et la sécurisation des déplacements à vélos y supposent des aménagements spécifiques, tels que des couloirs de bus élargis, en site propre, ou des pistes cyclables.

La continuité de ces aménagements reste mal assurée, et je souhaite le renforcement de cette continuité. Toutefois, si Paris veut rattraper le retard qu’elle accuse, en matière de vélo, sur de grandes capitales européennes telles qu’Amsterdam, Copenhague, ou Berlin, ces aménagements sont largement insuffisants. Un essor plus massif du vélo nécessite l’adaptation progressif de l’ensemble de la voirie à ce mode de déplacement spécifique.

C’est là l’objectif que nous nous étions assigné et que nous avons commencé de remplir sous la précédente mandature, avec, notamment, la création de 36 quartiers verts. Réduction de la vitesse de la circulation, double-sens cyclables, modification du plan de circulation : ce sont là les conditions qui permettent aux cyclistes, qu’ils soient aguerris ou non, de se déplacer rapidement et en toute tranquillité.

Mieux, ces mesures de réduction de la vitesse et de la densité du trafic automobile sont loin de profiter aux seuls cyclistes. Elles bénéficient en tout premier lieu à la sécurité des piétons, qu’ils soient riverains ou visiteurs, elles renforcent l’attrait des quartiers concernés, elles améliorent le cadre de vie des habitants. Enfin elles permettent de réduire considérablement la pollution de l’air et le bruit, et toutes les nuisances qu’ils entraînent.

C’est dans cette même logique que s’inscrit la généralisation des double-sens cyclables dans les zones 30. Rappelons-le, cette mesure a été instaurée par le gouvernement après un long travail de persuasion du Club des Villes cyclables.

Mais soulignons-le, le décret gouvernemental ne s’applique qu’aux zones 30. Pourtant, le double-sens cyclable est souhaitable sur l’ensemble des voies où la vitesse de circulation effective est inférieure à 50 km/h, sous réserve de certaines conditions de sécurité. C’est pourquoi nous souhaitons que la Ville ne se contente pas de respecter le strict minimum légal, mais qu’elle poursuive une politique audacieuse et use de l’ensemble des moyens que la loi lui autorise pour favoriser une ville apaisée, où la circulation des piétons et des cyclistes ne soit plus entravée par celle de la voiture.

La Ville doit se doter d’objectifs clairs : celui d’une généralisation, à terme, des double-sens cyclables sur l’ensemble des voies, et celui d’une extension des zones 30 à l’ensemble de son territoire, hormis les plus grands axes. La réappropriation de leur espace public par les Parisiens passe par cet objectif.

Ce partage de l’espace public ne doit pas prévaloir pour la seule circulation, mais également pour le stationnement. Il n’en va pas différemment pour le vélo des autres modes de déplacement mécanisés : pour que plus de Parisiens utilisent quotidiennement leur vélo pour circuler, il est indispensable qu’ils puissent le stationner sans avoir à faire de longs détours. A ce titre, ils nous semble illogique que la Ville prévoie de réaliser sur la mandature 18 000 places de stationnement pour les deux-roues motorisés, et seulement 6 000 pour le vélo. Si nous souhaitons favoriser l’essor du vélo plus que celui des scooters, il nous faut mener notre politique de

Bien plus qu’un mode de déplacement, faciliter la pratique du vélo c’est promouvoir un nouvel art de vivre en ville !

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