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Une police municipale pourquoi faire ?

Par calcul politique la maire de Paris décide de s’appuyer sur les élu-e-s de droite et de LREM du Conseil de Paris pour former une police municipale qui ne répond en rien aux problématiques sécuritaires que vivent les Parisien-ne-s.

Avant de prendre une décision importante, il est de bonne politique de consulter les citoyen-ne-s pour leur demander leur avis. C’est la méthode employée par la maire de Paris lorsqu’elle décide, en 2017, de mener un audit sécurité auprès d’un panel représentatif de Parisien-ne-es.

La suite est plus étrange. Au cours de la présentation des résultats de cet audit, fin janvier 2019, les élu-e-s apprennent, avant toute discussion, que la maire de Paris a pris sa décision : une police municipale sera créée à Paris.

 

La malpropreté premier facteur « d’insécurité » !

On peut se poser légitiment la question. Pourquoi tant de précipitation ? A quoi sert la majorité de la maire de Paris si elle s’appuie sur la droite de son hémicycle pour faire passer ses décisions ?

La réponse tient en deux temps. Etrangement, l’audit sécurité ne préconise pas de créer une police municipale. Il indique même au contraire dans sa conclusion que « la répartition actuelles des compétences entre la Préfecture de police, concentrée sur la délinquance, et la Ville de Paris, concentrée sur la tranquillité publique est la bonne ligne de partage ».

Une conclusion logique quand les principales attentes des Parisiennes et Parisiens en matière de sécurité, d’après le même rapport d’audit, sont dans l’ordre  décroissant : 1) la sécurité dans les transports en commun, 2) les nuisances sonores et 3) une ville propre. Ne viennent qu’ensuite : le deal de rue, les bandes de jeunes et les agressions. Les demandes sécuritaires des Parisiennes et Parisiens se focalisent avant tout sur les incivilités.

Par ailleurs, les questions relatives à la sécurité dans les transports relèvent de la compétence exclusive de la RATP ou de la SNCF, pas de celles de la future police municipale. En matière de nuisances sonores, la ville ne dispose pas de la compétence légale pour réprimer les troubles nocturnes causés par les particuliers. Les tapages provoqués, par exemple, par les locataires Airbnb bruyants (une plaie dans nos arrondissements centraux), passent à travers les mailles du filet de la police municipale. Comment expliquer aux Parisiennes et Parisiens qui réclament plus de tranquillité à leur domicile que la police municipale sera en incapacité d’intervenir ?

Enfin troisième point générant un fort sentiment d’insécurité : la malpropreté. Une rue salle ou mal entretenue créée une ambiance propice aux agissements délictueux. Pour y remédier c’est donc d’un balai dont il faut équiper les agents municipaux, pas d’un pistolet ! Ce sont des agents de propreté qu’il faut recruter, pas des policiers municipaux !

 

Des policiers armés de tonfa et gaz lacrymogène… pour l’instant

Concernant l’armement, l’audit n’aborde étrangement pas la question. Il ne mentionne pas un autre document, le rapport Hulin sur l’armement de la police municipale commandé par la maire elle-même et qu’elle n’a pas souhaité rendre public. Ce document dont nous avons eu connaissance conclut dans le sens de l’inutilité des armes et insiste sur le coût et les complications de toutes sortes pour mettre en place l’armement des agents municipaux parisiens.

Dans l’immédiat les agents municipaux seront donc équipés de matraques « Tonfa » arme non létale mais dangereuse et de gaz lacrymogènes. Mais jusqu’à quand la maire de Paris ne va-t-elle pas encore changer d’avis ?

Alors pourquoi un tel revirement ? Sans aucun doute par calcul électoral. L’air du temps est à plus de répression et la droite LR et LREM monte au créneau tous les jours en agitant le chiffon rouge de l’insécurité. Or pour l’emporter lors des municipales de 2020, le PS réduit à un groupuscule, pense avoir besoin des voix de la droite et de LREM.

Les écologistes ne sont donc plus utiles à la maire qui se targue d’être la première écologiste, tout en bitumant les derniers sols en pleine terre de Paris et refusant de se prononcer sur le projet écocidaire d’Europacity. Mais à jouer sur les deux tableaux, à gérer ses partenaires de la majorité comme de simples supplétifs, il y a risque fort que la maire de Paris perde ses alliés, sans pour autant gagner les renforts droitiers attendus.

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