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Chômage : le grand retour en arrière

Plafonnement des indemnités de licenciement, rupture conventionnelle collective (qui permet de contourner les plans sociaux) et comme si ça ne suffisait pas : obligation d’emploi et culpabilisation des chômeurs. Au moment où s’ouvrent les négociations sur la réforme de l’assurance chômage la voie tracée inquiète.

« Il faut une pénalisation plus importante ». Le député LREM de la circonscription où je suis maire est récemment monté en première ligne dans les médias pour défendre l’idée que durcir le contrôle des chômeurs allait les aider à retrouver un emploi.

Après la mise en scène des ordonnances anti code du Travail, signées en direct à la télévision – dont nous voyons déjà les premiers effets, avec la multiplication des ruptures conventionnelles collectives et les licenciements abusifs facilités par le plafonnement des indemnités aux Prud’hommes, une sonde a été lancée avant le prochain grand chantier de la réforme du chômage : le contrôle et la pénalisation des chômeurs, obligés d’accepter une offre d’emploi sous peine de voir diminuer ou perdre leurs allocations.

La République marche sur les pauvres

Derrière ces réformes auxquelles s’ajoutent l’indemnisation des indépendants et des démissionnaires se cache l’idée de faire émerger des sociétés d’assurances chômage privées.

Les allocations d’assurance chômage sont un salaire différé et un droit acquis constitué par les cotisations. La dégressivité des allocations sensée « stimuler » le retour à l’emploi a été en place jusqu’en 2001. Inefficiente, la mesure n’a fait que durcir la vie des salariés privés d’emploi.

Dans la cosmologie individualiste des premiers de cordée, le chômage c’est le problème des chômeurs. Et les chômeurs des fainéants. La pauvreté et la misère sont des questions qui se posent individuellement. Le marché, le marché du travail, et ses petites mains invisibles harmonisent tout.

La solution d’En Marche au problème du chômage consiste à en faire porter l’entière responsabilité aux chômeurs. C’est vrai après tout, les chômeurs n’ont qu’à trouver du travail ! C’est leur droit, c’est leur devoir ! Voilà le mensonge en marche.

Ce n’est pas la République qui est en marche mais ce gouvernement qui marche sur la République, sur les salariés avec sa politique, libératoire pour les riches mais acérée pour les pauvres.

La prochaine étape : la privatisation

La prochaine étape de la casse sociale est déjà annoncée : en finir avec le paritarisme et pervertir l’outil de la nationalisation pour sous traiter le risque du chômage aux assurances privées. Comme les mutuelles. L’Etat conservant les principaux risques et indemnisant très mal. Et les riches qui  cotiseront dans le privé bénéficieront d’allocations complémentaires. C’est la liberté diront certains. Renforcement accru des inégalités diront les autres. Or chacun sait qu’il n’y pas de réelle liberté sans égalité.

Les mythes et les fantasmes libéraux ne doivent pas nous faire oublier que la République est le bien commun qui nous permet collectivement de vivre dans la dignité, sans considération de rang ou de fortune. Nier la dimension collective de la question du chômage, nier la dimension sociale de la question du travail, tout réduire à un marché forcément inéquitable, avec des riches qui décident des règles et des pauvres qui les subissent, c’est détruire la raison d’être de la politique, le vivre ensemble.

Non, Monsieur le député En Marche, les chômeurs ne manquent pas de contrôle, mais votre politique manque de solidarité et même d’humanité ! Des liens parfois invisibles nous unissent. Ils nous rendent solidaires les un.e.s des autres et notre mission aujourd’hui consiste à retrouver le sens du collectif. Car c’est ainsi que marche la vraie République.

 

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