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De quoi les dispositifs anti-SDF sont-ils le nom?

En plein du triomphe du chacun pour soi (et du tout pour les riches), la découverte récente d’une « douche anti SDF » dans l’entrée d’un parking de la rue de Rivoli à Paris parvient encore à faire scandale. Tant mieux.

Un espace public hostile

De tels dispositifs inhumains sont légion à Paris. La plupart sont situés à la lisière de l’espace public, ici une devanture d’agence bancaire hérissée de pics, là le long d’un immeuble d’habitation qui voudrait faire croire qu’il s’est agrémenté d’un jardin zen quand les pierres qui ornent son entrée visent à rendre l’espace hostile aux personnes qui venaient y trouver refuge.

De quoi tout cela est-il le nom sinon d’un égoïsme injustifiable et de la carence des pouvoirs publics qui laissent tant de personnes à la rue ? N’est-ce pas au fond l’essence de la logique du privé, tellement privé qu’il est privé d’humanité ?

Alors qu’en démocratie chaque élu.e représente une parcelle de l’humanité, depuis plusieurs années nous vivons une dérive qui nous éloigne de plus en plus des fondements mêmes du vivre ensemble et des valeurs de la République . « Cancer de l’assistanat », « leçons de savoir-vivre pour les chômeurs », « arrêtés anti-mendicité », « mobiliers urbains anti SDF », cette liste honteuse procède de la même logique.

Appliquer les droits humains fondamentaux

Pourtant, l’ensemble des droits fondamentaux dont ceux au logement, à la santé et la dignité devrait s’appliquer et être appliqué à tout être humain. A l’extrême-droite qui se banalise, aux esprits qui se lepénisent, à la déshumanisation qui se répand, à la grande lessiveuse libérale et sa société fantasmée – au mérite côté pile, à la carte côté face, nous devons mettre un coup d’arrêt.

Nous ne choisirons pas entre l’hospitalité et la solidarité envers les un.e.s ou les autres. Nous soyons, nous faisons société. Les êtres humains ont une seule planète, nous avons une communauté de destins. Chaque « douche anti SDF », chaque tente de réfugié lacérée, chaque licenciement boursier, chaque directive libérale qui renforce la logique du chacun pour soi, chaque contrôle au faciès, chaque opération de spéculation immobilière, chaque benne de grande surface remplie de nourriture aspergée d’eau de Javel sont autant de violences et d’humiliations faites aux plus vulnérables qui nous détruisent collectivement.

Il faut s’indigner, mais alors nous n’aurons fait que la moitié du chemin. Etre contre les « dispositifs anti » ne suffit pas. La solidarité se construit. Paris doit montrer l’exemple et augmenter ses capacités d’accueil et d’hébergement d’urgence. Notre ville doit être capable d’offrir un refuge à celles et ceux qui en ont besoin, sans trier entre les humains, sans contrôler leur « origine », avec pour seul souci celui de la justice et avec pour seule boussole le lien, humain, que nous avons avec les autres humains.

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