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Savoir-vivre, ensemble

Quel plaisir, avec le retour du soleil, de cueillir, du bout de sa paille, quelques instants de calme à la terrasse d’un café ! Les terrasses, tout le monde les aime. Mais c’est comme l’alcool : en excès, bonjour les dégâts !  Lorsqu’elles s’étalent sur toute la largeur des trottoirs, plus personne ne passe. Et la nuit quand les dîneurs en surnombre festoient bruyamment, les voisins ne ferment plus l’œil. Comment réapprendre à vivre ensemble ? En multipliant les quartiers sans voitures – pour rendre moins rares les quartiers d’exception – et en posant une limite : l’espace public appartient à tous et il n’est pas possible de privatiser chaque mètre carré de trottoir.

C’est vrai, quoi de plus agréable, à l’arrivée des beaux jours, que d’aller cueillir, du bout de sa paille, quelques instants de calme et de rafraîchissement en terrasse ? Ce plaisir est accru quand il n’est pas troublé par le vacarme des moteurs et la pollution des pots d’échappements de la circulation automobile. On comprend que les consommateurs, restaurateurs et exploitants de débits de boisson préfèrent se retrouver à l’écart des grands axes. Et dans les quartiers piétons.

Dès lors, désertés par les commerces traditionnels, les quartiers piétons deviennent des lieux de rencontre et de détente qui s’animent beaucoup le week-end et en soirée. Ainsi va la rue Montorgueil qui, de rue de marché, devient peu à peu rue de loisirs. Ajoutons à cela une loi anti-tabac qui pousse les consommateurs à l’extérieur… et l’on découvre de nouvelles nuisances. Le jour où les rues piétonnes sont circulées (livraisons, riverains, taxis, engins de propreté…) les trottoirs sont impraticables. Les parents avec poussettes, les personnes à mobilité réduite (car handicapées ou âgées) doivent descendre sur la chaussée à leurs risques et périls. La nuit l’étalement des terrasses amplifie le bruit des dîneurs attablés ce qui rend la nuisance d’autant plus pénible que les habitants souhaitent dormir.

Comment mettre fin à ces nouvelles nuisances ? A long terme, en réalisant que, si les quartiers piétonniers attirent autant de monde, c’est qu’ils sont agréables à vivre : pour flâner et consommer, mais aussi pour y vivre au quotidien, faire ses courses chez les commerçants, promener ses enfants…

Quand Paris comptera dix, cent ou mille quartiers Montorgueil (ou de la Huchette), alors disparaîtra la monoactivité que connaissent ces derniers, et leurs inévitables nuisances.

En ce sens, les efforts actuels entrepris pour diminuer l’emprise de l’automobile sur Paris (tramway, aménagement de la Place de la République, berges de la Seine rendus aux piétons, quartiers Paris Respire…), appelés sans répit par les Verts au Conseil de Paris depuis 2001, vont dans la bonne direction. Mais la métamorphose est lente, bien trop lente. Entre voitures, piétons, commerces, lieux de loisirs, la Ville doit trouver un équilibre… écologique.

En attendant, pour que le quartier Montorgueil reste tel que nous l’aimons, vivant, authentique, peuplé de familles, accessible à tous les âges… les règlements conçus pour permettre une vie commune agréable et harmonieuse doivent être appliqués (respect de la surface dévolue aux terrasses, attention au bruit après 22h00…).

A défaut, il est nécessaire de poser une limite et donc d’appliquer des sanctions dissuasives aux contrevenants qui étalent leur terrasse sans limite afin que soit respectées les règles toutes simples du savoir-vivre ensemble. Dans un espace restreint, chacun devrait s’auto-limiter. Pour cesser de ne penser qu’à soi.

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