Accueil / Actualités / Pour une ville sans publicité

Pour une ville sans publicité

No pub Pour compenser l’éviction de JC Decaux du marché Vélib, la Ville de Paris s’apprête à l’autoriser à installer 300 écrans numériques géants sur les trottoirs parisiens. Seul problème : la publicité sur écran animé est interdite par le règlement local de publicité.

Paris vient de signer un nouveau contrat avec la société JC Decaux qui autorise l’installation de quelque 300 écrans numériques de 2 m2 sur les trottoirs parisiens. Or le Règlement local de publicité (RLP) interdit précisément les écrans lumineux et la publicité animée sur l’espace public.

Les élu-e-s écologistes parisiens ont saisi le préfet pour demander un contrôle de légalité. De leur côté les associations de défense du patrimoine ont indiqué qu’elles allaient saisir les tribunaux. Il y a peu de doute que la justice invalide le contrat.

Alors pourquoi l’adjoint au budget de la maire de Paris prend-il un tel risque ? La réponse tient en un chiffre : 30 millions. C’est le montant, en euros, des recettes attendues du nouveau marché. Une somme toutefois à relativiser au regard des 7 milliards de budget annuel de Paris.

Après avoir perdu le marché du vélo en libre service, la société Decaux pensait compenser cette perte en conservant la manne du marché publicitaire à Paris. Pour ce faire elle a mis les bouchées doubles et proposé une offre qui en met « plein la vue » : des écrans de 2 mètres carrés bourrés de technologies, omettant de voir que son offre était incompatible avec la règlementation très stricte (mais insuffisamment appliquée) à Paris.

Technologies intrusives  La publicité est partout. Sur internet, à la télévision, dans les journaux et magazines… Elle envahit l’espace public. Mais si on peut admettre ou s’accommoder (comme d’un mal nécessaire) de sa présence sur les sites que nous consultons, les chaînes de télé que nous regardons ou les journaux que nous achetons, car nous avons le choix, dans l’espace public elle n’est pas admissible car il est impossible d’y échapper.
La publicité joue un double rôle. Elle nous incite à consommer et à gaspiller en provoquant l’obsolescence marketing des objets et biens que nous possédons. Dans le même temps, elle formate les esprits et induit des comportements sociaux. Il n’est pas rare de voir la pub valoriser des attitudes machistes, dénigrer les femmes, instrumentaliser l’image des enfants, stigmatiser les homosexuels, quand elle ne les insulte pas, au prétexte de faire de l’humour. En outre, la publicité dégrade et enlaidit notre patrimoine architectural.
Le nouveau mobilier urbain à écran numérique va intégrer la technologie beacon capable d’envoyer des messages non sollicités sur le smartphone que nous avons dans la poche (et éventuellement d’en connaître le contenu). Des écrans qui en outre gaspillent une énergie que nous nous sommes engagés à économiser lors de la Cop21. En un an de fonctionnement, ils consomment l’équivalent d’une famille de quatre personnes durant six mois.

La pub relève d’une certaine conception du vivre ensemble en ville. Grenoble, par exemple, a récemment supprimé tout mobilier urbain porteur de pub. Et planté des arbres à la place ! 

La publicité dans nos rues est insupportable. Mais là où elle devient carrément inadmissible, c’est lorsque la Ville de Paris la favorise en ne respectant pas sa propre réglementation.

A voir

menus végé

Rentrée 2017 : un repas végétarien tous les jours pour tous les élèves qui le souhaitent

La rentrée des élèves du 2e arrondissement de Paris a été émaillée d’une innovation : ...