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Consommateurs pas cobayes : pour l’avenir de nos enfants

CaptureCela fait des années que les écologistes alertent sur les dangers des pesticides et des OGM dans notre alimentation. Nous devons affronter les lobbys de l’agroalimentaire et de l’agrobusiness, l’industrie de la chimie et sa toute-puissance économique, mais aussi les réticences de certains syndicats agricoles, et d’une partie des ménages contrainte à la baisse de son budget alimentaire.

Bruxelles doit agir pour protéger les générations futures

Certaines batailles, notamment en termes de transparence ou de traçabilité, ont été remportées. Localement souvent. Au niveau européen parfois. Et je veux saluer le travail de ces parlementaires qui subissent le fonctionnement de cette Europe prisonnière des lobbys.

Sur ce sujet, l’imminence d’un accord entre l’Union Européenne et les Etats-Unis sur un Grand Marché Transatlantique (aussi appelé TAFTA ou TTIP), qui abaisserait toutes les normes sociales, environnementales et économiques au niveau mondial, constitue un danger considérable pour la société et les générations futures. L’adoption de ce traité permettrait l’arrivée en Europe de lait et de viande produits à l’aide d’hormones ou encore de semences OGM, déjà commercialisées aux États-Unis. Le principe de la reconnaissance mutuelle contenu dans ce texte, selon lequel un produit autorisé sur le marché américain doit automatiquement être autorisé en Europe, pourrait donc en réalité avoir un impact désastreux sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. L’instauration d’une justice au service du privé rendrait par ailleurs ces lobbys hyperpuissants face aux Etats, toujours plus isolés, recroquevillés sur eux-mêmes, et qui ne cherchent même plus à se fédérer.

Consommateurs de tous les pays, unissons-nous

La société civile a un rôle à jouer dans cette lutte qui se déroule à Bruxelles. En interpellant les députés européens, en lançant des pétitions, en allant manifester devant le Parlement, en demandant la transparence dans la traçabilité et l’étiquetage des produits, la société civile aspire à pouvoir choisir son mode de consommation en toute connaissance de cause. Elle s’organise pour créer des alternatives à l’agriculture intensive avec, localement, le développement de microluttes. Des consommateurs citoyens se rendent dans leur coopérative de magasins d’alimentation biologique, leur Amap, leur groupement d’achats, leur épicerie solidaire, leur jardin partagé. D’autres fréquentent les magasins de grande distribution mais y achètent de plus en plus de produits issus de l’agriculture biologique. D’après une étude de l’Agence Bio (janvier 2015), les Français sont plus nombreux à consommer des produits bio et de plus en plus souvent. En 2014, près de 9 Français sur 10 en ont consommé au moins occasionnellement et 6 sur 10 régulièrement. Ces petits gestes se traduisent concrètement par de grandes avancées : la surface dédiée à la bio en France a notamment progressé de 5,4% entre 2013 et 2014. Des emplois locaux sont créés, des agriculteurs ne sont plus exposés aux intrants chimiques, la terre est moins polluée, la biodiversité réapparaît, etc.

Les responsables politiques doivent agir, eux aussi

Alors que le glyphosate, que l’on trouve dans le célèbre désherbant Roundup, vient d’être classé « cancérigène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll montre une nouvelle fois son inertie face aux lobbys de l’agriculture intensive en refusant de l’interdire et en expliquant qu’il n’existe « pas d’alternative ». Décrédibilisant la parole politique, M. Le Foll véhicule l’idée qu’un ministre ne peut rien faire pour améliorer la qualité environnementale et sanitaire des produits existant sur le marché.

S’il n’existe pas d’alternative, comment ai-je pu instaurer 86% d’aliments issus de l’agriculture biologique ou labellisée dans les restaurants scolaires du 2e arrondissement de Paris, sans en augmenter le prix ? Comment ai-je pu bannir les OGM ? L’huile de palme ? Instaurer un repas végétarien par semaine ? Comment ai-je pu contribuer à constituer des filières agricoles saines, durables et vertueuses ?

Aujourd’hui, les responsables politiques ne peuvent se permettre de « demander » aux jardineries de ne plus vendre de poison, ils doivent l’interdire ! Agir concrètement, pour les citoyens, c’est leur montrer qu’ensemble, les choses peuvent changer, et pour le meilleur.

 

 

Pour soutenir les pétitions du mouvement Consommateurs pas cobayes, rendez-vous ici : http://bioconsomacteursprovence.com/consommateurspascobayes/.

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