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Espace public : plus de démocratie, plus de mixité, moins de privé !

A l’occasion du Conseil de Paris de mars 2017, j’ai pris position sur le plan de propreté du Conseil de Paris et sur  plusieurs dossiers touchant la privatisation de l’espace public.

La candidature parisienne à l’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 me laisse sceptique à plusieurs titres.

Sydney, seule ville à avoir chiffré les conséquences des JOP sur son économie, a dressé un bilan négatif, tous secteurs confondus. La plupart des villes ont dépassé largement les budgets initialement prévus pour accueillir ces jeux, pour des équipements qui ont été parfois laissés à l’abandon, et parfois au prix du déplacement de certaines populations, de la destruction de certains quartiers, comme à Pékin.

Il me semble opportun que Paris nous communique régulièrement les coûts de cette candidature, un estimé des dépenses, y compris de sécurité, que Paris devrait couvrir pour accueillir un tel événement sportif. Comme un tel événement génère des conséquences environnementales, un bilan carbone me semble enfin nécessaire.

Cette candidature parisienne n’a pas été concertée avec les Parisiennes et Parisiens, pourtant les premières personnes touchées si le Comité International Olympique venait à sélectionner notre capitale. Une ville comme Budapest a récemment retiré sa candidature. Avant elle, Rome, Boston et Hambourg avaient l’avaient abandonnée sous la pression populaire.

Enfin, de tels événements sportifs sont souvent l’occasion d’une profusion de publicités, pour des sponsors qui ne paient aucun impôt sur notre territoire, autant dire qu’ils appellent une pollution visuelle sans contrepartie financière. Au cas où Paris accueillerait les JOP, le règlement local de publicité devra être respecté. Cet événement sportif ne doit pas fournir une occasion de marchandiser encore davantage l’espace public !

Évolution de l’espace public du centre de Paris : attention !
Le centre de Paris était déjà touché par une accumulation de projets : rénovation de la Samaritaine, de Poste du Louvre, de la Bourse du Commerce… Voici que l’Ile de la Cité fait l’objet d’un projet de refonte à son tour. Le centre de Paris devient peu à peu un îlot commercial et touristique déconnecté du reste des arrondissements et de métropole du Grand Paris, et au détriment de sa population historique, qui déserte peu à peu les logements pour s’installer dans des espaces moins chers ou louer à prix d’or leur appartement du centre de Paris, générant des nuisances sonores et délitant la vie de quartier peu à peu.

J’en appelle à la consultation des habitantes et des habitants, notamment sur le projet de transformation de l’Hôtel Dieu. Les Parisiennes et Parisiens sont attachés à la présence d’un hôpital de proximité assurant un service d’urgence. Toutes les parties prenantes doivent pouvoir s’exprimer !

Les Parisien-ne-s aiment leur poste !

La Poste de la rue d’Aboukir est sujette à un projet de restructuration, comme d’autres bureaux parisiens. Je souhaite que la présence postale soit calculée non seulement au prorata des habitant-e-s, mais aussi avec tous les autres usagers, notamment les touristes et les salarié-e-s travaillant à Paris.

Les conseils d’arrondissement et les parties prenantes doivent être correctement informé-e-s, car il s’agit là d’un service de proximité… dont certaines activités pourraient être déléguées à des enseignes privées, qui n’assument aucune mission de service public. Je serai très vigilant à cet égard.

Paris et Lafarge : un mariage toxique
Lafarge, partenaire de la ville de Paris, assure notamment des prestations pour Paris Plages et bénéficie d’une visibilité publicitaire en conséquence. L’industriel a fait le (bad) buzz récemment en annonçant qu’il ne serait pas gêné de construire le mur « anti-mexicains » de Donald Trump. Et voici que nous apprenons qu’il a financé les groupes armés en Syrie entre 2012 et 2014. Nous ne pouvons pas conserver un partenariat avec une entreprise qui alimente la guerre !

Il faut respecter le règlement local de publicité !

L’usager de l’espace public, pourtant constitué en lieu neutre, est contraint d’ingurgiter des dizaines de messages commerciaux à chacun de ses déplacements. Les panneaux prévus par le contrat entre la ville et JC Decaux défigurent la ville et sont extrêmement énergivores. En effet, la publicité lumineuse par écran numérique consomme 40 % d’énergie en plus que les panneaux rétroéclairés. Chacun de ces panneaux, qui représentent 15% du parc prévu par le marché entre JC Decaux et Paris, consomme l’électricité nécessaire à la préparation du repas d’une famille de quatre personnes pendant six mois. Quel gaspillage ! Je m’étonne par ailleurs du refus explicite de JC Decaux de recourir aux énergies renouvelables, et de l’entretien de ces mobiliers urbains par des véhicules diesel.

Polluants pour la vue et pour l’environnement, ces panneaux sont irrespectueux du règlement local de publicité, qui interdit la publicité lumineuse, notamment sur écran.

Pour toutes ces raisons, le groupe écologiste de Paris rejette ce contrat entre Paris et JC Decaux portant sur le mobilier urbain, comme l’avait fait le conseil du 2e arrondissement.

 

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