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Pour un référendum militant sur l’appartenance d’EELV à la majorité parlementaire

lmp_bras_1309141Europe Ecologie Les Verts – La motion participative

Ile-Saint-Denis (93), le 29 novembre 2014

Déclaration

 Réuni-e-s en Assemblée générale à L’Ile-Saint-Denis (93), le 29 novembre 2014, les adhérent-e-s EELV se reconnaissant dans la sensibilité La Motion Participative (LMP) ont procédé à une analyse du contexte politique.

A l’échelle européenne et internationale, la montée des crispations identitaires, des nationalismes et des conflits armés suscite des inquiétudes graves.

Dans notre pays, nous observons une croissance des inégalités notamment environnementales, la progression continue du chômage, le déclassement social accéléré, l’émergence de tensions sociales… Face à cette situation, le gouvernement s’enferme dans une logique de gestion libérale et productiviste (la même que celle de ses prédécesseurs et qui a échoué). Il renforce ainsi le sentiment d’impuissance du politique et contribue à la désespérance démocratique qui forge la peur de l’avenir et nourrit les populismes et l’extrême droite.

Après avoir renoncé une nouvelle fois à la contribution poids-lourds, reporté le financement de la loi de transition énergétique au prochain quinquennat, baissé le budget de l’écologie l’année de la COP21 et avoir tenté de passer en force sur le projet inutile du barrage de Sivens, le Président de la République se condamne lui-même à l’impuissance et à l’échec.

L’écologie politique devrait pouvoir incarner une alternative crédible. Or, sans vision stratégique, renonçant à porter un projet d’autonomie qui permette de redonner espoir, d’écarter les menaces de régression en proposant des réformes nécessaires au dépassement d’un système à bout de souffle, EELV s’enferme dans l’impasse d’une alliance avec le parti de la stagnation et du renoncement.

Dans ce contexte délétère, Jean-Vincent Placé menace EELV de scission si la ligne critique à l’égard du gouvernement se renforçait et si les rapprochements se concrétisaient avec les forces portant une alternative écologique au libéralisme, pourtant de plus en plus nombreuses et diverses dans leurs engagements, qu’il soit politique, syndical, associatif ou citoyen.

De son coté, obnubilée par sa candidature en 2017 et sans autre vision stratégique, Cécile Duflot cherche à séduire les socialistes frondeurs et interdit de fait tout débat avec d’autres partenaires potentiels, en s’érigeant en meilleure opposante d’Hollande, quelques mois seulement après en avoir été sa meilleure élève.

Dans le système sclérosé de la 5e République, ce jeu de rôle des responsables écologistes rend le discours du mouvement complètement inaudible. Nous sommes passés « de faire de la politique autrement » à « être dans la posture autrement » et avons perdu toute crédibilité en n’incarnant plus le changement et l’espoir.

Il est urgent de sortir de cette impasse. Le compromis du congrès de Caen est caduque.

Bien que le Conseil Fédéral se soit prononcé contre l’appartenance des écologistes à la majorité, des parlementaires EELV continuent à voter le budget sans tenir compte de la volonté de son instance démocratique interne.

Ce décalage entre les positions de certains parlementaires avec les orientations du Conseil Fédéral décrédibilise considérablement les écologistes. On ne sait plus si EELV, qui a quitté le gouvernement, est encore ou pas dans la majorité présidentielle et parlementaire, ni s’il souhaite y retourner à la première occasion !

On comprend dans ces conditions pourquoi EELV ne parvient plus à incarner l’espoir de transition qui l’avait porté en 2009. Il y a donc urgence à clarifier notre ligne politique, à sortir de l’ambiguïté.

Pour toutes ces raisons, nous devons saisir le mouvement. Les adhérent-e-s doivent être consulté-e-s afin de clarifier l’orientation politique d’EELV. Nous souhaitons qu’un référendum militant, comme le prévoit nos statuts, soit organisé dans les meilleurs délais sur notre appartenance à la majorité et explicitement inclure le lien entre parti et élu-e-s.

Aujourd’hui, la vraie menace n’est pas de consulter les écologistes, c’est le chantage à la scission, la prise en otage de la parole du mouvement et le retour du culte de la personnalité dans le cadre d’une vassalisation de l’écologie aux orientations du social libéralisme fut-il frondeur.

Dans le contexte actuel, il est de la responsabilité des écologistes de mener la bagarre culturelle en prenant appui sur les nouvelles pratiques sociales, construire un imaginaire collectif fondé sur les valeurs de l’écologie, mener un travail théorique qui porte en germe le dépassement productiviste et capitaliste et rassemble toutes les victimes de ce système prédateur des ressources humaines et naturelles, une écologie autonome qui dessine une société post-croissance… voilà l’orientation que nous devons conduire pour refonder l’espoir et retrouver la société.

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