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La loi sur la transition énergétique est une coquille vide

imagesMise au pilon de la taxe poids lourds, absence de fermeture de réacteurs nucléaires et un financement qui reste à trouver… la loi déçoit les écologistes.

Isolés parmi ceux qui n’en voulaient pas vraiment et ceux qui n’en voulaient pas du tout, les députés écologistes ont fait bloc. Ils se sont battus, amendements après amendements, jusqu’au bout de la nuit de vendredi. Mais force est de constater qu’ils n’ont pas vaincu. Le samedi 11 octobre, à la tribune du conseil fédéral d’EELV, ils arboraient des sourires un peu forcés et peinaient à convaincre. Avec l’abandon de la taxe poids lourds, la non fermeture de Fessenheim et un financement hypothétique, la loi sur « la transition énergétique et pour la croissance verte » est bien une coquille vide.

C’est « un point de départ », « une première étape » une victoire « culturelle » ont tenté de convaincre Barbara Pompilli, François de Rugy, Cécile Duflot et Denis Baupin, venus faire le service après vente de la loi devant des conseillers fédéraux un peu sidérés. Pris au piège de leur posture de soutien au gouvernement, ils ne pouvaient faire autrement. Cette loi avaient-ils proclamé, serait la mère des batailles, un « marqueur » de la mandature. Elle montrerait qu’on a bien fait de sortir du gouvernement mais de rester dans la majorité.

La ministre de l’écologie avait, la veille, douché leur enthousiasme. En appelant les parlementaires à approuver sa loi, Ségolène Royal avait martelé : la puissance nucléaire française actuelle est « un socle ». Elle ne diminuera pas. Pour atteindre 50% de la production électrique, promesse électorale, il faudra compter sur la hausse de la consommation à laquelle les énergies renouvelables devront répondre. Un véritable tour de passe-passe. Pas de sortie de l’atome donc. A chaque chapitre de la loi, il s’agit bien d’assurer la « sureté du nucléaire », jamais d’en finir. Fessenheim ne sera pas démantelé. Et l’EPR de Flamanville sera construit.

Et faut-il vraiment se réjouir des autres chapitre de la loi, notamment les aides au développement de la voiture électrique fortement promues ? L’Etat financera les points de recharge. L’argent public ne serait-il pas mieux investi pour promouvoir les déplacements doux et les infrastructures de transports collectifs ?

Autre axe de la loi : l’isolation thermique des bâtiments. Une bonne idée, certes pour diminuer les factures énergétiques et relancer l’emploi, mais dont le financement, à trouver, est renvoyé à la publication des décrets d’applications.

Au moment où le budget du ministère de l’écologie accuse encore une baisse de 488 millions d’euros, la grande loi du quinquennat « de transition énergétique » laisse un goût de frustration. Cette loi en trompe l’œil porte une transition à tous petits pas, sans moyens ni ambition. Encore une occasion ratée.