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Non à l’agression publicitaire !

La majorité écologiste de notre conseil d’arrondissement a voté contre la signature entre Paris et JC Decaux d’une concession de services relative à l’exploitation de mobiliers urbains d’information supportant de la publicité. Le 2e sera le seul de cet avis et je me félicite de cette position de village d’Astérix.

L’écologiste que je suis considère que la meilleure publicité est celle qui n’existe pas. Mais en attendant que Paris devienne une ville à majorité écologiste et se dote des moyens d’imiter Grenoble, qui a proscrit la publicité de son espace public, encore nous faut-il composer.

Mais pas au détriment de l’application du règlement local de publicité (RLP) ! En effet, le RLP interdit la publicité lumineuse et la publicité défilante, clignotante, animée ou à luminosité variable, or 15 % des nouveaux mobiliers prévus par la concession de services seront numériques et connectés et les futurs mobiliers déroulants prévoient un processus de défilement.

D’autant que ces panneaux sont polluants à tous les titres.

Paris valorise le fait que la surface publicitaire sera réduite de 40%, mais le nombre de messages est appelé à augmenter. Ce sera une pollution visuelle supplémentaire pour les passant-e-s.

Ils sont 12 fois plus énergivores que les panneaux électriques et leur alimentation ne sera pas vertueuse. JC Decaux prend le prétexte de limites technologiques et environnementales pour refuser de recourir aux énergies renouvelables. Pire encore, l’entretien quotidien de ces mobiliers sera assuré par des véhicules en partie Diesel. A une heure où Paris a subi plusieurs pics de pollution en peu de temps, je ne peux que récuser cette irresponsabilité environnementale.

Certes, l’information municipale mérite d’être communiquée. Je crains qu’elle ne soit noyée par les publicités commerciales qui seront projetées sur les mêmes écrans.

Certes, l’information doit être accessible à toutes et à tous. L’utilisation du boîtier Beacon pour transmettre l’actualité municipale aux personnes malvoyantes peut s’avérer une intention louable. Mais elle peut aussi être prétexte à récolter des données, et je m’en inquiète.

Je ne suis pas défavorable à la modernité, loin s’en faut. En charge du numérique et je me félicite que le Sentier devienne un quartier de pointe en termes d’innovations et de civic tech.

Si j’apprécie l’apport des nouvelles technologies, par exemple, en termes de démocratie et de participation citoyenne, pour autant, je milite pour un espace public pacifié, où les passant-e-s peuvent rêver, se cultiver, sans être sollicité-e-s par des messages publicitaires incessants.

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