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L’écologie solidaire pour une vie authentiquement humaine sur terre

Contribution aux débats JdE Marseille 2013. On oppose souvent écologie et justice sociale. Comme si, dans un monde où les inégalités sont considérables, il fallait d’abord résoudre la question de la pauvreté avant de se préoccuper de la question écologique. La défense de l’environnement, c’est à dire de la biodiversité et de la nature, passerait après la souffrance humaine. Il n’y aurait pas de lien entre l’une et l’autre. Or il ne s’agit pas de savoir si les problèmes sociaux sont plus importants que les problèmes écologiques mais de comprendre que la crise écologique inclut aujourd’hui la crise sociale et économique.

Ce constat implique une voie différente. Une voie permettant de résoudre la crise sociale (inégalités, chômage, etc) en répondant aux défis que pose la crise écologique (dérèglement climatique, raréfaction des ressources, atteintes à la biodiversité…). C’est cette voie que nous allons tenter d’explorer.

 

Sortir des schémas anciens

Les partisans des politiques traditionnelles de gauche et de droite veulent d’abord chercher à résoudre celle-ci (la crise économique et sociale), reportant celle-là (la crise écologique) à plus tard. La nature ? Une cerise sur le gâteau. Un luxe qu’on ne peut se permettre en temps de crises économiques.

Historiquement, pour le camp dit progressiste, il faut continuer à croitre pour mieux partager. C’est ce à quoi s’emploie avec application la social-démocratie : d’abord résoudre la crise économique (c’est à dire restructurer les entreprises en capitaux) puis redistribuer les fruits de la croissance et enfin, si tout va bien, gérer les questions liées au dérèglement climatique, à la raréfaction des ressources, à la pollution, à la perte de biodiversité.

L’inconvénient c’est que depuis la révolution industrielle – à l’exception des trente glorieuses (1945-1975) – la situation n’a jamais été suffisamment « assainie » aux yeux des détenteurs de capitaux et de leurs alliés pour justifier une redistribution équitable. Si les principes fondamentaux de l’écologie – comme le rapport de Rome sur les limites de la croissance – ont émergé en fin de cette période, les conditions économiques et politiques d’une mise en œuvre à l’échelle d’un pays occidental ou d’un continent n’ont jamais été trouvées.

Il n’y a pas de modèle écologiste au delà des communes, au pouvoir d’agir réelle mais faible.

Or, après avoir longtemps ignoré la question écologique, nous prenons aujourd’hui conscience que nous ne pourrons construire une société juste dans un environnement dégradé. Préserver et défendre la nature est une condition essentielle à la construction d’une société humaine équitable et vivant en paix. Cela implique une autre vision. Nous devons nous préparer à la décroissance seule capable de préserver la planète.


La nature de la crise

Quelle est la spécificité de la crise que nous traversons ? Pour de nombreux analystes comme Alain Lipietz, il s’agit d’une crise de notre modèle de développement libéral mondialisé (l’une des crises cycliques inhérente au capitalisme mais cette fois-ci généralisée à toute la planète). Crise à laquelle s’ajoute, de façon systémique, une crise d’accès aux ressources : matières premières, énergétiques et alimentaires.

Basées sur l’accumulation de richesses monétaires et conditionnées pour la consommation de biens matériels, nos sociétés marchandes libérales mondialisées ne développent pas d’autres finalité que la croissance de la consommation (la vente de biens matériels quelle que soient l’impact de leur fabrication sur l’environnement), ce qui entraine gaspillages, pollutions, mise en danger de la durabilité de l’écosystème…

Si nous sommes bien dans un contexte de pénurie et de raréfaction des ressources, consommer toujours plus de biens matériels, horizon indépassable des sociétés libérales-capitalistes ne peut générer que plus d’inégalités et causer plus de dégâts. La poursuite de ce modèle injuste pour les humains et les non-humains peut conduire au démantèlement de notre modèle social (en commençant par le code du travail), à l’effondrement des démocraties et à la ruine de la biosphère.

Nous refusons de voir ces évidences car nos mentalités sont encore imprégnées des mythes du progrès et du développement, tels qu’issus du 19e siècle. Nous continuons par intérêt, par paresse ou par conditionnement à soutenir le modèle de développement né de la révolution industrielle capitaliste, alors que ce modèle est désormais clairement obsolète. On sait depuis Polanyi que la machine de l’économie libérale capitaliste s’est emballée, plus personne n’est en mesure de la contrôler, pas même les Etats qui ont organisé leur propre impuissance en réduisant constamment leurs  moyens d’action depuis les 30 glorieuses par la baisse de la dépense publique (aujourd’hui de nombreuses firmes ont un chiffre d’affaires plus élevé que le PIB d’un grand nombre de pays). Depuis Ellul nous savons que la machine technologique et bureaucratique n’est plus au service de l’homme mais que l’homme y est asservi, par habitude et pour « gagner sa vie ». Et depuis Baudrillard nous savons que la société du spectacle assure via les grands médias la conformation des esprits aux désirs consuméristes de puissants intérêts marchands.

 

Comment entamer la transition écologique ?

Certes, ce modèle a fait preuve de son efficacité. Le fulgurant développement des sociétés occidentales (amélioration générale du niveau de vie, recul de l’âge de la mort…) est basé sur le recours à des ressources abondantes et gratuites issues de la période coloniale : pillage de la main d’œuvre et des matière premières du sud. Pourtant par mimétisme et domination culturelle, le monde entier a adopté ce modèle basé sur des ressources abondantes et bon marché. Les conséquences sur l’environnement planétaire, dans mon monde où l’occident s’accapare toujours l’essentiel les matières premières notamment énergétiques sont catastrophiques.

Chacun perçoit bien qu’on ne peut plus continuer ainsi, mais pourtant personne ne sait par quoi remplacer ce système. Nous avons peur du changement car les intérêts très puissants des grands groupes pétroliers, financiers, de la distribution… sont relayés par les leaders d’opinion, les lobbys et les grands médias et contribuent à véhiculer l’idée de la peur du changement auprès de populations qui y auraient pourtant tout intérêt.

Nous avons des circonstances atténuantes : nous venons de loin. Dans les textes religieux notamment la Génèse, il est dit : « Croissez et multipliez. Soumettez la nature et mettez les animaux à votre service ». Dans un monde où la nature est alors généreuse et omniprésente, elle est perçue comme hostile, infinie et les humains s’emploient à défricher et déjà à croitre. Ils se pensent hors d’une nature qu’ils cherchent à mettre à leur service.

Pendant la révolution industrielle, la nature est toujours à dominer. Abondantes, les matières premières qu’elle recèle, comme l’eau ou le charbon sont considérées comme gratuites. Elles appartiennent à ceux qui sont en capacité de mobiliser des moyens – des capitaux – pour se les approprier. La  valeur d’un bien n’est évaluée que par la valeur travail et sa valeur d’échange : son prix sur le marché. Le minerai lui-même, en tant que tel, ne vaut rien. Il est abondant et disponible. Il appartient à celui qui est en capacité de l’extraire. Les conséquences des rejets dans la nature de éléments polluants liés à son extraction et sa combustion sont aussi ignorées.

Les conséquences sanitaires de l’exploitation à grande échelle de la biodiversité et du rejet massif de déchets industriels et des molécules artificielles chimiques dans la nature font l’objet des premières luttes syndicales de la première moitié du 19e siècle – les revendications pour l’hygiène – mais elles ne sont pas encore l’objet d’une prise de conscience globale. On meurt de silicone mais on ne parle pas de pollution de l’air, de l’eau ou des sols.

Darwin n’a pas encore achevé de convaincre et les êtres humains ne savent pas d’où ils viennent (si ce n’est de dieu) et ignorent qu’ils sont eux-mêmes « de la nature » comme le démontre Serge Moscovici dans « La société contre nature ». Une méprise ontologique qui les conduit à scier peu à peu la branche sur laquelle ils sont assis.

La récente découverte de l’écologie en occident, la nouveauté, c’est que nous savons aujourd’hui que la nature n’appartient pas à l’homme. Mais que c’est l’homme qui appartient à la nature. Il n’est rien sans elle. La biosphère est un système cohérent dont l’homme en tant qu’élément de biodiversité fait partie. Nous savons aussi, grâce à Edgar Morin et Albert Jacquart, que  « la terre est un monde fini ».

Après la révolution industrielle, alors que le système d’exploitation des ressources sur le mode libéral est généralisé dans le monde, les dangers que notre mode de développement, basé sur la croissance infinie des biens matériels, fait courir à la préservation d’une vie authentiquement humaine sur terre, pour reprendre l’expression de Hans Jonas, sont chaque jour plus évidents.

Le constat est connu et désormais partagé : alors même qu’on crève de faim au sud et d’obésité au nord, les terriens consomment – de façon très inégalitaire – plus de ressources que leur planète ne peut en fournir. On dit qu’il leur faudrait deux planètes. Cinq pour les seuls américains. L’écosystème n’est plus en capacité d’assimiler les polluants et de se régénérer. Nos rejets de CO2 explosent. Nous vivons à crédit et tandis que les ressources et matières premières s’épuisent, les inégalités vont croissantes. Il y a plus d’inégalités aujourd’hui sur la planète qu’au moyen-âge. Et la différence entre les riches et les pauvres ne cesse de s’accroitre.

 

Il n’y a pas de fatalité : l’histoire humaine n’est pas écrite

Le pire est peut-être à venir. L’accroissement de la température moyenne du globe, due à notre modèle de développement dépendant des énergies fossiles, épuise les écosystèmes, entraîne famines et épidémies, bouleverse le climat : phénomènes climatiques extrêmes à répétition (inondations, canicules, sècheresses…). Les catastrophes industrielles géantes (Tchernobyl, Katrina, Bophal, BP souillant le Golfe du Mexique, Fukushima…) causent des dégâts irrémédiables. Nous assistons sans réagir à la fonte des glaces de l’Antarctique et à la monté des eaux des zones côtières, jetant sur la route de l’immigration forcée les réfugiés climatiques  qui viennent s’ajouter aux réfugiés économiques et aux réfugiés des guerres entre Etats ou micro-Etats pour le contrôle de l’accès aux ressources – de plus en plus rares – notamment à l’eau.

Cette vision apocalyptique n’émane pas d’un cerveau gagné par une imagination paranoïaque. Les premiers signes sont déjà visibles. Pourtant, rien n’est inéluctable. Le destin des Hommes n’est pas écrit. Une prise de conscience peut s’opérer. A condition de proposer une autre vision. L’injonction de consommer pour créer de la croissance et de l’emploi ne suffit plus. Et surtout, elle ne garantit plus le bien-être.

Le rôle des écologistes n’est pas de s’en tenir à ce constat. Il est de proposer une vision pour que le pire ne se produise pas. Nous avons besoin d’un projet de société global qui bouleverse les représentations. Nous devons contribuer à susciter une véritable révolution culturelle et affirmer que l’être humain ne peut être alternativement un consommateur et un travailleur mais qu’il est d’abord un citoyen, conscient de ses actes et organisé collectivement en vue préserver ce qu’il y a d’indispensable à une vie authentiquement humaine sur terre : une biosphère en équilibre offrant à l’espèce humaine et aux non-humains un développement harmonieux et durable.

Ce projet, les objecteurs de croissance et des auteurs comme Tim Jackon, Partick Vivret, Serge Latouche, Paul Ariès, Yves Cochet, ou Janet Schor en dessinent les contours. C’est celui de la prospérité (ou sobriété) heureuse. Il consiste à faire prendre conscience que nous sommes au bord du gouffre écologique et à donner à comprendre que le bien-être ne passe pas par la possession de plus de biens matériels mais par le sens que l’on donne à ses actes dans un cadre collectif.

Ce n’est pas tant l’apologie de la décroissance qu’ils entreprennent que  d’imaginer la sortie d’un système qui ne mesure le bien être qu’à travers le PIB : tout ce qui est consommé dans l’économie marchande (en positif comme en négatif : les accidents de la route servent la croissance).

Sortir de la dictature du PIB suppose d’inventer un autre modèle. La mise en place d’autres indicateurs de bien être que celui de la croissance (qui n’est pas adapté à mesurer le bien être puisqu’il mesure tout) devient indispensable. L’indicateur de croissance du PIB est un indicateur « politique » : il induit que le marché est un régulateur naturel et que la croissance, telle que nous la connaissons est la seule issue. Il postule que les innovations technologiques à venir résoudront les problèmes que posent la raréfaction des ressources, les rejets de CO2 et la perte de biodiversité.

Les technologies vertes mêmes si elles relèvent trop souvent du green-washing ne doivent toutefois pas être combattues. Elles sont nécessaires mais pas suffisantes. Elle diminuent notre empreinte carbone, respectent mieux la biodiverisité, rejettent moins de déchets non recyclables dans la nature. Elles ne sont pas incompatibles avec la recherche d’une société plus sobre dans un contexte de transition vers un changement de paradigme. C’est en consommant et travaillant mieux et moins que nous parviendrons à donner une chance à la transition.

 

Antiproductivisme ou décroissance ?

On oppose souvent les productivistes aux anti-productivistes. Mais ce n’est pas la productivité qui est en cause. Les gains de productivité (amélioration technologique, énergie utilisée plus efficiente, savoir-faire affiné…) lorsqu’ils sont la conséquence d’une plus grande efficacité du travail peuvent être réaffectés, au choix, à la rente (rémunérer les actionnaires) ou au salarié (qui produit une plus value identique en moins de temps). On est là dans le débat classique droite/gauche. Chacun s’accorde plus ou moins pour réaffecter une partie des gains de productivité à l’investissement et la recherche. Mais pour les libéraux il faut surtout rémunérer les actionnaires sous forme de dividendes. Alors que la gauche privilégie le pouvoir d’achat et plus rarement, en alliance avec les écologistes, le gain de temps libre pour le travailleur.

L’échec du modèle capitaliste mondialisé est clair. Malgré sa capacité à générer des besoins artificiels, il se montre incapable, d’assurer le plein emploi et la prospérité pour tous. Le marché libre ne peut être laissé pour seul décideur : l’équilibre naturel du marché autorégulateur ne convainc plus.

Dès lors ce n’est pas le productivisme (faire mieux avec moins) qui différencie l’écologie politique de la social-démocratie, du libéralisme ou du communisme mais bien le refus de la croissance telle qu’on la mesure aujourd’hui.  Dans un contexte de raréfaction à la fois des ressources et de l’emploi, favoriser l’embauche, par la réduction du temps de travail, cela signifie affecter les gains de productivité non pas aux dividendes mais au temps libre et laisser ainsi plus de place pour l’autoproduction et l’économie non marchande.

La définition de la décroissance qu’en donnent ses promoteurs n’est pas à prendre au pied la lettre. Elle n’est pas synonyme de récession. Il s’agit d’un mot « obus » destiné à changer notre regard sur la façon dont nous mesurons la richesse. Car il faut savoir ce qui décroit : notre empreinte écologique, la consommation de biens matériel et ce qui croit : l’emploi pour tous, le bien-être, l’économie non marchande (autoproduction, monnaies locales, échanges de services…).

Il faut subordonner la production économique au respect des finalités de reproduction de la biosphère. Et pour cela, via une fiscalité écologique, réinternaliser dans le prix des produits le coût des dégâts sur l’environnement de l’extraction et la production des matières premières ainsi que le recyclage des déchets de tous les biens manufacturés. La préservation de la biodiversité devrait être un impératif opposable à toute entreprise humaine.

Aujourd’hui nous savons que le lien entre revenu et bien-être n’est pas aussi évident que le pensent les économiques traditionnels. Baisser la consommation (entretenue artificiellement à un niveau élevé via l’obsolescence programmée) permet de faire des économies, de réduire notre empreinte écologique et donc préserve le climat et la biodiversité. La vraie richesse c’est le temps pour soi et pour les autres, la vie en harmonie avec la nature. Comment y parvient-on ?

 

Le changement commence par soi-même

Le changement des mentalités ou révolution culturelle commence par soi.  C’est à dire par adopter peu à peu des comportements conformes à l’idée que l’on se fait d’un vie en société basée sur l’économie des besoins : manger bio et local et moins de viande, ne pas se déplacer en voiture, choisir une électricité d’origine renouvelable, privilégier une banque éthique, acheter en ressourceries, faire réparer plutôt que jeter, faire ses courses à l’Amap ou à la biocoop, s’investir dans un jardin partagé, une association de quartier, etc.  Avec ce type de comportement vous ne changerez pas le monde mais si tout le monde fait le choix de l’adopter – et il y en aura de plus en plus lorsque nous aurons compris que l’on vit mieux ainsi – le monde changera de lui-même. Mais cela ne sera pas suffisant à atteindre les objectifs du millénaire : plus personne ne doit mourir de faim, ni d’être en 2030, au rendez vous du facteur 4 (division par 4 de nos consommations d’énergie et de notre production de gaz à effet de serre) !

Pourtant, nous sommes aptes à changer. On ne nait pas écologiste on le devient. Et parfois très lentement. Avoir des idées sur ce qu’il conviendrait de faire est une chose, les mettre en application (par son mode de vie) dans un contexte d’économie libérale capitaliste en est une autre. Par exemple, j’ai du atteindre l’âge de 40 ans pour commencer à penser le lien entre manger moins de viande et la diminution de mon empreinte écologique. Aujourd’hui dix ans plus tard, je n’en mange plus du tout. Et je me porte mieux ! A 30 ans je possédais encore une voiture ou une moto. Aujourd’hui je privilégie les transports en commun ou le vélo.

Mais il ne suffit pas de modifier nos comportements pour que le monde change. Il faut donner un cadre permettant aux gens de participer à leur propre changement sans crainte de perdre de façon irrémédiable ce qu’ils ont acquis. Ce qui signifie qu’il faut les sécuriser dans leur parcours de conversion vers la décroissance. Le revenus universel minimum et le revenu maximum doivent y contribuer. 

Y parvenir suppose de rapprocher les luttes de ceux qui se battent pour des conditions de vie et de travail meilleures – les syndicalistes, les ONG internationales – et ceux qui luttent contre les dérèglements de la nature et les atteintes à la biodiversité : les écologistes naturalistes. Ceux qui sont inquiets pour leur fin de mois et ceux qui s’inquiètent de la faim dans le monde mènent, sans le savoir, la même bagarre : celle de la solidarité écologique.

Le point de convergence des ces luttes politiques et syndicales est fondamentale. Il s’inscrit nécessairement dans un contexte démocratique, d’où l’importance donnée aux mouvements internationaux d’émancipation. Ici en occident, il commence par une durée de travail moins longue tout au long de la vie et donc pour la défense d’un système de retraite par répartition et le maintien du départ après 40 années de travail. Il doit se poursuivre par une  lutte pour redéfinir l’emploi à plein temps par une durée de travail moins longue : 32 heures par semaine.

Non seulement les dommages écologiques sont d’abord subis pas la partie la plus pauvre de la population mais les inégalités sociales sont, souvent, à l’origine des crises environnementales (déforestation, normes environnementales faibles dans l’industrie, malbouffe…). Gandhi disait : « la pauvreté et le besoin sont les plus gros pollueurs ». Le désir d’imitation des modes de consommation des leaders d’opinion et des riches par les couches moyennes et pauvres conduit à une reproduction massive des comportements prédateurs qui dégradent l’environnement, en faisant peser une empreinte écologique trop lourde sur la planète. Or, il y a une sobriété heureuse. A nous de démontrer que les valeurs de l’écologie sont aussi celles des luttes pour l’égalité sociale : reconquête du temps libre, couverture des besoins sociaux fondamentaux, économie de la demande et non de l’offre, non marchandisation du vivant, préservation des écosystèmes, respect de la biodiversité… Et bien sûr, préservation des biens communs essentiels que sont l’accès à l’éducation, la culture et la santé.

C’est d’abord cette bataille culturelle que nous devons gagner. L’idée de la Coopérative devait y contribuer. La Fondation pour l’écologie sera là aussi pour nous aider à penser l’écologie dans la société du 21e siècle. Nous devons la mettre en débat sous forme d’une Agora, au sein des écologistes et dans la société toute entière. Les circonstances nous y aident. Dans le clair obscur qui prévaut : à  nous d’incarner ce chemin.

 


 

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