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Suggestions pour un budget parisien écologique et solidaire

C’est dans un contexte de crise que le Conseil de Paris débat pendant trois jours – les 15, 16 et 17 décembre – de son de budget municipal et départemental pour l’année 2009. Les élus Verts voteront ce budget. Mais ils auraient souhaité être mieux entendus. En particulier sur les questions d’environnement et de solidarité. Or, alors même que la crise climatique vient s’ajouter à la crise économique, et que le Gouvernement se défausse de ses responsabilités, les Parisiens ont besoin de la présence plus importante de la puissance publique locale.

C’est un budget de rigueur que vous nous présentez Monsieur le maire. Nous le voterons, certes. Mais nous aimerions être mieux entendus sur certains points et notamment sur ceux qui concernent l’environnement et la solidarité. Pour financer ces deux volets de la politique municipale, essentiels aux yeux des écologistes, nous vous présenterons quelques suggestions d’amélioration de la partie Recettes.

Car, si la crise financière (dont les conséquences sur la vie quotidienne de nos concitoyens commencent à peine à se faire sentir), oblige à cette rigueur, nous ne souhaiterions pas que celle-ci confine à l’austérité. Non seulement parce que les Parisiennes et les Parisiens vont avoir, plus encore, besoin de la présence de la puissance publique municipale et départementale, alors même que l’Etat se désengage. Mais aussi parce que nous devons mener à bien le programme pour lequel les électeurs nous ont accordé leur confiance au mois de mars 2008.

Plusieurs urgences à nos yeux nécessitent un effort supplémentaire. La première concerne les conditions d’accueil et de prise en charge des mineurs isolés étrangers à Paris. Certes, cette responsabilité relève clairement de l’Etat. Mais face aux carences du Gouvernement, le département de Paris ne peut et ne doit pas fermer les yeux. Par exemple, près d’une centaine de mineurs dorment chaque nuit square Villemin dans le 10e arrondissement. Il est de notre devoir d’augmenter le nombre de places d’hébergement des établissements de l’aide sociale à l’enfance, ainsi que le nombre d’agents chargés d’intervenir dans ces établissements et de venir en aide à ces enfants de nos rues.

Le deuxième point concerne l’effort que doit fournir la ville pour promouvoir une alimentation de qualité dans les restaurants scolaires dont elle a la charge. Le bio n’est ni un luxe, ni une mode. Comme le démontre brillamment l’excellent film « Nos enfants nous accuseront », les produits alimentaires de la restauration collective, issue de l’agriculture intensive, transformée par l’agro-industrie, contiennent trop de molécules chimiques, responsables de l’augmentation des taux de cancers. Et trop de sel,
de sucres et de graisses, responsables de la croissance de l’obésité chez l’enfant. Le Grenelle de l’environnement prévoit 20% de plats issus de l’agriculture biologique dans la restauration scolaire d’ici 2012. Plus ambitieuse, notre collectivité s’est engagée à en fournir 30% à la même date. Mais les caisses des écoles parisiennes parviennent péniblement à servir 8% de plats bio en moyenne. L’effort à fournir doit être plus important si l’on veut atteindre l’objectif affiché.

Le troisième élément sur lequel nous voudrions insister, concerne le recyclage des déchets. A l’heure où l’attention portée à la préservation de l’environnement est grande, la gestion et la prévention des déchets sur le territoire parisien sont une question primordiale. La Ville, dans le cadre du Plan climat, s’est engagée à diminuer de 10% en 7 ans, le volume de déchets produits dans Paris. Pour ce faire, créer un réseau de déchetterie accueillant un pôle réemploi dans tous les arrondissements est indispensable. C’est le rôle des ressourceries qui ont pour objectifs la récupération, la valorisation et la revente des déchets et assurent également une mission d’éducation à l’environnement. A ce titre, les ressourceries sont des actrices de l’économie sociale et solidaire. Pour atteindre l’objectif que s’est fixé la Ville un effort budgétaire plus soutenu doit être réalisé en ce domaine.

Enfin, et pour ne pas être trop long, je me contenterai de regretter certains arbitrages budgétaires en matière d’aménagements de voirie. D’une part, en ce qui concerne la politique cyclable et d’amélioration des circulations douces, bien trop timorées. Et d’autre part, en ce qui concerne la disparition, pure et simple de la ligne « environnement » de la DVD (Direction de la voirie et des déplacements) dans le budget d’investissements localisés des mairies d’arrondissement.

Bien entendu, Monsieur le maire, il ne s’agit pas pour nous de vous proposer une politique environnementale et sociale dispendieuse, uniquement orientée vers l’atteinte d’objectifs qui ne tiendraient pas compte du contexte de crise. En particulier, nous sommes conscients que la baisse des transactions immobilières, consécutives à la crise, entraîne un manque à gagner, en ce qui concerne la perception des droits de mutations de plusieurs centaines de millions d’euros pour la Ville.

Aussi, outre renoncer à certains projets ou équipements de prestiges, comme l’a suggéré Sylvain Garel, nous vous invitons à étudier quelques pistes destinées à accroître les recettes de notre collectivité.

En premier lieu, nous vous suggérons de poursuivre sur votre lancée. Vous avez au budget 2009 institué une taxe foncière départementale, auparavant inexistante. Cette charge pèse uniquement que les Parisiens propriétaires de leur logement. Or par souci d’équité, et pour plus de solidarité, il serait souhaitable que les entreprises soient également mises à contribution et participent mieux à l’effort engagé. Aussi, alors qu’à l’heure actuelle la taxe professionnelle perçue à Paris est très inférieure à celle de Lyon, Marseille et Bordeaux, il semble juste que soit instituée une taxe professionnelle versée au budget départemental. Une taxe d’un montant modéré contribuerait à abonder de plusieurs millions d’euros le budget du département. Nous vous suggérons également, de manière à faire face au besoin en personnel de la Ville, une forme de redéploiement d’une administration à l’autre. Puisque la Préfecture de police ne semble pas en mesure de pourvoir les postes d’ASP que pourtant la Ville lui paie, nous souhaitons que notre collectivité cesse ce financement inutile et récupère les sommes versées non utilisées.

Enfin, Monsieur le Maire, deux autres pistes, peut-être un peu plus lointaines mais tout autant lucratives. La première consisterait à inciter l’Etat à mieux taxer le logement vacant afin d’inciter la mise en location et générer des recettes supplémentaires, dont une partie pourrait être affectée au budget de notre collectivité. La seconde consisterait à reprendre, de façon très volontariste, l’action pour la dépénalisation des contraventions au stationnement afin que la Ville puisse avoir la maîtrise du montant et du recouvrement de ces amendes.

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Nous espérons, Monsieur le maire, avec ces quelques propositions d’amélioration du budget, tant en ce qui concerne les dépenses que les recettes, avoir fait oeuvre utile pour la collectivité parisiennes.

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Pas de commentaire

  1. J’ai suivi les débats sur le budget du conseil de Paris dans la tribune. Et je dois dire que heureusement que les verts sont intervenus Sylvain Garrel et vous pour que le maire de Paris fasse un budget un peu plus écolo. Sinon on voit bien que les mauvais reflexes sont là et que tout ce qui concerne l’environnement est considéré comme secondaire.
    Vous avez aussi raison sur le enfants des rues qui errent dans le 10e arrondissement, il n’est pas normal que l’Etat ne se mobilise pas. C’est aux élus de la ville de faire qq chose et je vous remercie de le faire. Mais je n’ai pas bien compris si votre amendement avait été voté. je crois que l’adjoint était contre consacrer plus d’argents à l’aide sociale à l’enfance. C’est plus que dommage. Dans le contexte actuel c’est irresponsable.

  2. M. Boutaut ferait bien de s’occuper de ceux qui dealent dans les rues de son quartier avant de s’occuper de l’arrondissement des autres !

  3. Monsieur Boutault s’occupe très bien des problèmes du quartier. Depuis qu’il est élu le quartier a beaucoup changé, les choses se sont améliorées. Mais vous vous êtes obsédé par votre petit coin de rue Saint Denis avec ses quelques dealers. Sortez un peu de chez vous et cessez de vous regarder le nombril. Vous verrez qu’il se passe d’autres choses, bien plus graves…